XVIII, 613. XXI, 592. — (5) //. XXI
à[U!f\ H [jLiv xvY][i\ç vsoTS^XTOu xa97iTépoio OfjLCpdaXiov xovi6r^?E.
terriblement; or Tétain frappé ne produit, on le sait, qu'un son très sourd. On se heurte à des difficultés d'explication semblables presque partout où TÉpopée parle d'ouvrages en xxçcî- Tepo; (1). Quelques savants (2) prétendent que ce mot n'indiquait pas exclusivement l'étain, mais aussi le plomb : cette explication ne supprime point la difficulté, puisque ce dernier métal est encore plus tendre et, par conséquent, plus impropre que le premier à l'usage dont il s'agit (3). Peut-être les objets en xa(7i7iT8po(; mentionnés dans TÉpopée ne sont-ils en partie que des produits de l'imagination poétique. Nous sommes fondés à croire qu'à l'époque homérique l'étain pur n'arrivait de ses lieux d'origine très éloignés que très rarement et en petites quantités en Grèce et en Asie-iMineure (4). Il est donc possible que les poètes, ne songeant qu'à la rareté de ce métal, voulaient, en en parlant, ajouter à leur description le charme du merveilleux, sans se rendre bien compte des propriétés réelles de l'étain. Il resterait encore une seule interprétation plausible, dans l'hypothèse où les jambières en jca^rciTepoç auraient réelle-
(1) Voy. //. XI, 34, où vingt omphaloï en xaadiiEpoç sont attribués au bouclier d'Agamemnon. Voy. aussi //. XXIII, 503 (p. 163, note 4), où il est dit que le char de Diomède est muni de garnitures d'or et de xaaatTspoç. Il est évident que Tétain n^a pu être employé ni pour les omphaioX qui devaient augmenter la force de résistance du bouclier, ni comme garniture d'une caisse de voiture (v. p. 180-181). Remarquons aussi que, sur le bouclier d'Achille, la haie de la vigne est en xaaafTepoç, les taureaux de même métal mélangé d'or (//. XVIII, 565, 574); Tétain n'aurait fait aucun effet à côté de l'argent qui y est employé (vers 577). Enfin les monuments antiques ne nous offrent aucun spécimen (Tomphalot ni de garnitures d'étain ni d'aucune des pièces métalliques mentionnées par le poète qui a décrit le bouclier. Sur les couches de bronze, de xaaa(TEpoç et d'or dont se composait le bouclier d'Achille {IL XX 269-272) voy. ch. XXIII.
(2) Beckmann, Geschichte der Erfindungen IV, p. 346 et suiv. et Ridenauer, Handwerk und Handwerker in den homeriscfien Zei/en, p. 11*2-113, 206-207.
(3) Comp. Lenz, Minéralogie der Griechen und RômeTy p. 6, note
(4) Comp. Von Baer, BisloHsche. Fragen mit Hîdfe der Naturwissenschaften beantwortet, p. 329 et suiv.
ment servi comme pièces d'armure : ce serait d'admettre qu'elles étaient simplement étamées (1).
La cuirasse était assez longue pour couvrir la plus grande partie du bas-ventre et devait être très ample : l'Épopée dit, en effet, que lescoups dirigés vers le milieu du ventre fracassent la plaque de bronze qui protège cette partie du corps (2) ; d'autre
F \B- m. — Guerriers d'une peiplure de vase de Clialcis.
part, si une cuirasse est percée par un trait, le guerrier se retire en quelque sorte dans l'intérieur de la cuirasse et échappe ainsi à la blessure (3).
d) Tels ont dû être aussi d'autres objets en xawfTspoî mentionnés dans l'Épopée, tels que les omphaloî du bouclier d'Agaraemnon (//. XI, 34), la bordure de la cuirasse de bronze d'Asteropaios (//. XXIII, 561, 502), peutêtre aussi les zones de la cuirasse d'Agamemnon (//. XI, 2r>; comp. notre chap. XXX), les garnitures métalliques du char de Diomède {II. XXIII, 503. Voy. p. 163, note 4) . En fait de monuments à l'appui, nous ne pouvons guère citer que la garniture ta bronze d'une ceintura trouvée dans la nécropole d'AUifae (Samnium) et sur laquelle on peut constater des traces d'un ancien étamage (Ann. dell' Itut. 1864, p. 246). Il semble résulter d'un passage de l'Iliade (XVllI, 474) que les Grecs d'Homère savaient fondre le xMdrrpoî.
(2) //. XIll, 372, 398,500. XVII, 313, 519. Comp. V,6I5-GI6; XIII, 567, 568; XVI, 465; XVII, 519. — (3) /(. lil, 358, VII, 253 :
ivT(ïpï) Si nipal Xliiifr^v Sii[ir,9s -/fnîna îyyoi' S S' ixXIvOi] xai sIXeIsto x^pi [liXiivav.
Ces deux particularités, la longueur et Tampleur sont faciles à reconnaître sur les monuments archaïques. Les cuirasses qui y sont représentées descendent au moins jusqu'au haut des hanches et sont très distantes de la partie du corps qu'elles recouvrent (1).
Comment étaient disposées les plaques de bronze repoussées {yioLkx) (2) dont était formée la cuirasse homérique? Un passage de riliade est particulièrement instructif à cet égard (3). Polydore, fils de Priam, qui passe en courant devant Achille, est frappé par celui-ci dans le dos à Tendroit c où les boucles d'or de la ceinture rentraient l'une dans l'autre et où la cuirasse était double ». Cela prouve que les bords des deux plaques se rencontraient sur le côté du corps. II est donc probable que la cuirasse de ce temps-là consistait en deux plaques de bronze, dont l'une recouvrait la poitrine, l'autre le dos, et étaient maintenues sur les épaules comme sous les aisselles au moyen d'agrafes, de boucles et de nœuds. Cette disposition concorde d'ail-
(1) Comp. p. 319, fig. 110 et p. 363, fig. 128.
(2) //. V 99, 189, VII 314, XIII 507, 587, XV 530, XVII 314. Comp. Schol. //. V, 99. — Hesych. s. v. .fuaXov. — Lehrs, De Aristar, studiis hom. 2« éd. , p. 106-107. D'où le OtipTjÇ xpaTai^iaXoç (//. XIX 361), yàXxioç {II. XIII , 372, 398, XXIII, 561). Comp. //. IV, 448, VIII, 62 : yaXxsoOàpr.Ç. XIII, 265 : 0()[>p7]XE( Xa{X7:pbv yavétuvTEç. XIII, 341 : «yy») '/aXtalri.., Ob>pT.xuv te vcoa{JLi5xT«Dv. XVIII, 610 ; 0(L>p7]xa çaeivtSiEpov ;:upoç aùyîj^.
(3) IL XX, 413 : tbv ^iXe (ii^aov dcxovxi 7:odipxy)ç dto; 'A/^iXXebç,
vcôTa ::apat990VT0(, 80 1 C<*>^po( ^'/.^ec X^pOoeioi ouvE/ov xai ot3:X6oç ^vtbto Oci&pT)^' àvTtxpu de Siéo/^e 7mç>^ 6{i^aXbv ïyyioç OLi/^[Li^,
Le guerrier pouvait d'ailleurs être atteint à cet endroit lors même qu'il se présentait de face à son adversaire. Voy. //. IV, 132 :
crjTT] (Pallas) o'aut'iO'jVEV, 50i ÇwJiîjpoç àyr^zç ypiSasioi OTJVÊxcv xai otnX6o( ^vteto Oi()pr,Ç. iv o' l;c£9t l^cooT^pi àpYjp(Sxi r.txpbç ôfvrà;* oià ;jl1v Sp Çb)T:^po; iXTjXaro daiBxXioio xai hik O(opr,xcç itoXuBztSiXou ^pi{p£i9T0 jidpr^ç 0' f,v Iç^pEi £pu[xa */,pobç, ?xpoç ix6vt(ov, fj 01 ::X£rgTOv IpuTO" BiaTipb §è EioaTO xa\ x^ç.
leurs avec rexpression>.iΣtv6cipwx (1), défaire la cuirasse (2). Sous Tarmure, on portait le chiton (3). Dans deux passages (4) il est dit que les guerriers portaient un ytTov crpeTTro^. Quelques commentateurs anciens et modernes (5) en ont conclu que c'était une cotte faite d'anneaux métalliques que des écrivains grecs plus récents appellent ôwpa^ àXu^niîwToç (lorica aniiulata). Mais cette hypothèse n'est-elle pas contestée par l'Épopée elle-même? Le trait de Pandaros vient frapper Diomède au yua>.ov de la cuirasse et pénètre au travers de celui-ci dans l'épaule droite (6). Quand ensuite Sthenelos retire la flèche de la blessure, le sang jaillit du crpsirro; /^itwv (7). La présence du y'ja>.ov ici prouve d'une manière indubitable que la cuirasse de Diomède se composait non pas d'anneaux, mais de plaques. Nous avons vu , dans le chapitre XII (8) , que le crpeiTTÔ; j^itoSv était plutôt un vêtement adhérant au corps, sous la cuirasse, et remai'quable surtout par la manière dont il était tissé; nous avons ajouté que l'adjectif <7Tpe::To; semble devoir être traduit par bien tissé. C'est à ce vêtement de dessous que songe Agamemnon quand il prie Zeus de lui permettre de déchirer sur la
(1) //. XVI, 804 où Apollon désarme Patrocle :
Xujs de ol Oa>p7]xa.
IV, 215 : Xuae Bi oi l^coor^pa novafoXov rfi^ u;:£vEpO£v )^co{j.dé TS xa\ {x{ipy)V.
Zâ){jLa^ dans ce passage, indique, comme nous le verrons tout à l'heure, la bordure inférieure de la cuirasse.
(2) Polygnote a représenté une cuirasse de ce genre sur la Lesché des Cnidîens à Delphes. Pausanias la désigne comme un spécimen très ancien (X, 26, 5) et la décrit de la manière suivante : lio 7jv y aXxà zoiïi'jiaia , to (xev
oripvto xa\ toÎç i[X3\ xrjv ")f«<JT8pa dip(x6^ov, xb oï w; vwtou axs::Tiv eTvai* -^{iOLka. Ixa- ^ouvto* TO (jL^v gjjLnpoaOsv Tb 8è 5;:ia6£v î:poaT)YOv, ersita nepévaiç ouv^^rav rpbç àX-
(3) //. II, 416; III, 359; V, 113; VII, 253 (voy. p. 363, note 3) ; XI, 100, 621 ; XVI, 841; XXI, 31.
(4) //. V, 113; XXI,31. — (5) Apollon, soph. Lex, hom,,p. 145, 21 (Bekker). — Baerwinkel, De heroum homericorum armatura (Arnstadt, 1839) , p. 24- 25. Friedreich, Die Realien in der Iliade und Odyssée^ p. 364.
poitrine le chiton d'Hector transpercé par la flèche (1). C'est à ce vêtement aussi que fait allusion Hector lorsqu'en raillant Patrocle blessé, il lui dit qu'Achille lui avait cependant ordonné de ne pas rejoindre les vaisseaux tant qu'il n'aurait pas déchiré sur la poitrine le chiton sanglant d'Hector (2).
Studniczka (3) a précisé le sens de ces deux passages beaucoup mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'à présent. Puisque les épithètes accompagnant le chiton supposent une blessure, le verbe ^ai;at ne saurait indiquer une perforation du chiton avec Tarme; il fait plutôt allusion à l'habitude qu'avaient les vainqueurs non seulement de dépouiller de son armure l'ennemi tombé, mais encore de lui ôter son chiton et de le déchirer, par un raffinement de cruauté (4). Iduménée transperce, il est vrai, le chiton d airain d' Alkathoos (5) et les guerriers sont souvent appelés yoikA.o/iT<ù^t; (6) ; mais il est évident que, dans ces deux endroits, le chiton d'airain n'est qu'une expression poétique remplaçant le mot cuirasse.
La ceinture nommée l^wGTTfp accompagne toujours la cuirasse (7). Elle servait à deux fins : d'abord elle augmentait la force de résistance de la cuirasse à l'endroit où celle-ci devait