‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 67 sur 114 · II. XV · texte numérisé non relu

II. XV

f.^E( S'iy' ïjriaio, Xofov aÙToiî" ;:ïs Si ■/ji\i^t

(2) //. VI, 469 (Astyanax a peur d'Hector) :

Seiv!>y àj:' lExfoTclti]; xipuBo; veûnvïci voiras;.

/(. m, 337; XI, 42. Od. XXII, 124 et IL XXII, 314.

tpoFËË iiOHÉaiguR. 3S

trouvés clans les tombeaux en puits de Mycènes (fig, 139) (1). On le rencontre aussi souvent sur les vases archaïques à côté du casque mentionné plus haut (2). On peut donc admettre que ces deux sortes de casques étaient usités k l'époque homérique.

Si, dans le casque à deux cimiers d'Agamemnon (3), l'aigrette retombeénorme surle devant, c'estquesansdoutela crête ou support qui la portait était placée sur la coiffe entre les deux cimiers. Parfois (les monuments le prouvent) la crête est double et. par suite, le casque a deux aigrettes. Ces deux crêtes sont disposées de différentes manières. Sur Tamphore souvent citée de Chalcis (4), les têtes casquées de Glaukos (fig. 128) et de

Léodokos sont représentées de face; dans les deux casques, les supports plantés vers les tempes se penchent Tun vers l'autre, de sorte qu'ils font saillie sur la coiffe, tout comme les cornes d'un taureau. Au contraire, dans d'autres pein-

Fig. 139. — Cachet / v .

trouvé à Mycènes. tures sur vases (5), qui représentent des casques

de ce genre de profil, l'une de ces crêtes est sur le devant, l'autre sur le derrière de lacoiffe (fig. 140). Cette figu-

(1) Schliemann, Mykenae, p. 202, n^ 254 (notre fig. 139). Malheure upement la gravure ne rend pas bien la façon dont Taigrette est posée. Sur le cachet même, au contraire, on reconnaît bien une crête recourbée à sa partie supérieure et portant l'aigrette. Telle est la disposition qu*on remarque sur le vase d'Aristonophos (voy. p. 401, fig. 146, Mon. deW Inst. VIIII, pi. IV; et sur un grand nombre de casques assyriens. Cette crête e.st très visible sur le casque de l'autre cachet de Mycènes (Schliemann, p. 259, n* 335) où se voit un guerrier armé d'un bouclier carré.

(2) P. ex. dans la peinture d'un vase de Chalcis (dont le groupe central est reproduit à la fig. 128). —(3) //. XI, 41 :

xpatl 5*6n' àpL^tsaXov xuvé7]v Oéto TS7pa^aXy)pov "inroupiv* Beivov Bè Xosoc xaOti::gpOcv Ivcusv.

(4) Voy. le groupe central fig. 128, p. 363. De même le caFque d'un hoplite combattant contre Dionysos sur un vase à figures rouges : voy. Gerhard, Auserlesene Vasenb., I, pi. 51, 4, — et celui de Pallas sur les monnaies phéniciennes, dans de Luynes, Xumismatique des scUrapies^ pi. XVI, 49^1, p. 93.

(5) Gerhard, ibid. II, pi. 107. — Monum. deirinst. I, pi. 34, VI, VII, pi. 78 (d où notre fig. 140).

ration paraît s'expliquer par la difficulté qu'il y avait à bien reproduire de profil un pareil casque, car alors la crête la plus rapprochée du spectateur couvrait l'autre. De toute façon, la disposition qu'on remarque sur le vase de Chalcis semble la plus pratique, car les crêtes ainsi posées pouvaient parer les coups dirigés de côté sur le crâne. Il existe du reste quelques

Fig. 140. — Casque à deuv aigrettes.

casques de bronze antiques où les deux crêtes sont disposées de cette manière (1).

Les (paXapa ne sont mentionnés qu'une seule fois dans l'Épopée, notammentà l'endroit où Ajax, fils de Télamon, défend les vaisseaux des Achéens. Son casque résonne sous le choc des projectiles ennemis qui viennent frapper constamment les

(1) Sur un casque de bronze trouvé dans la Basilicate {Kemblej Horœferales, pi. XII, 4) les deux crêtes sont disposées comme dans la peinture sur vase de Chalcis. Tels encore trois casques provenant de Tltalie inférieure; mais ils sont munis de trois crêtes, dont une droite au milieu et une oblique de chaque côté de celle-ci, tournée en dehors. Ils avaient donc trois aigrettes. (Voy. Linden8chmit,i4//«rr/(. unserer heidn. Vorzeil, I, fasc. III, pi. II, 1,7,8. — Die Alterthûmerversammlung in Carlsruhe, pi. 15 et 16. — A. Ancona, Le armiy le fibule e qualche altro cimelio délia sua collezione, Milan 1886. n^ 3.)

çxXapx bien ouvragés(l). Comme ce mot indiquait plus tard les boucles métalliques qui ornaient les harnais de chevaux (2), Buttmann (3) s'efforce de rappliquer à un objet qui y ressemble le plus possible : il suppose que les çxXapa étaient les écailles métalliques garnissant la mentonnière du casque. Or le seul passage de rÉpopée (4), où il soit question de la mentonnière, ne dit mot d'une garniture à écailles; cette courroie y est accompagnée de l't^ithète Tzok&/,iaToçj qui veut dire munie d'ornements gravés ou ciselés (5). Lors même que cette objection ne serait pas concluante, l'interprétation de Buttmann repose, de toute façon, sur l'idée fausse qu'il se fait de la forme du casque de cette époque. Ce casque, en effet, nous l'avons vu plus haut, recouvrait les joues et ne laissait, par conséquent, entrevoir qu'un petit filet de la courroie enserrant le menton. Il était évidemment très difficile de frapper précisément sur cette courroie le guerrier ainsi casqué, dans quelque attitude qu'il se trouvât d'ailleurs. Cette difficulté était beaucoup plus grande pour Ajax qui

Page 1