XVI
7.0L1: 9d^Xap* EÙno{7)0** 6 B^dfptotepbv (lj{iov lxa(i.v£v, l|ji.nsdov aîiv ly^cov adxoç a?6Xov.
Au lieu de xàtTc «piXap' Aristarque lisait xa\ «p4Xap' (Schol. //. XVI, 105).
(2) Gomp. Stephani, G. r., 1865, 164-175.
(3) Lexilogus II, p. 243-246. Les principales interprétations des grammairiens anciens sont : Schol. IL XVI, 105 : çdtXapa tôt xaià to jjiaov tî^ç nspixs^- Xalaç {jiixpà dfaniSfoxia Siiva x6a{Jiou y^àpin iTziifOeviai. SchoL II. XVl 106; s. de ta xaià tàçTcapS'.sç STZtnfnTovia [iipi... (Sj(Bè6 OpaÇ, 6 IxatépuOev aÙT>]ç(8C. ttjc m^Xr^xo;) x6<j[jio(. Schol, II. V, 743 : oi Iv tarçTcapayvaOfat xpfxoi, hC J)v ai TïapocyvzÔfôcç xa- TûcXa[i6dlvovTai Tîjç RspixsçaXaiaç. . Etym» magn. s. v. çaXdt p. 787, 9 : tâtç npo[A£- TtDnfôaç, Touç doniBfoxouç, Tfjv x6a[ji7)aiv ttjv xaià xh (léTcinrov tGv Tjctwuv t| tà twv yviOwv axejcdlfffxata. Gomp. Etym. Gud. s. Y. (paXap(Ty]ç, p. 549, 40; Photius et Suidas, s. V. (pdiXapa. Eustath. sur 17/. V. 743 p. 601, 10 et suiv.; sur 17/. XII, 389, p. 910, 30-33; //. XVI, 106, p. 1048, 30-33.— Nous verrons plus loin que ce n'étaient point des garde-joues (p. 389). Ge ne pouvaient être non plus des anneaux maintenant le garde-joue, car dans le casque de cette époque la coiffe et le garde-joue étaient faits d'une seule et même pièce (voy. p. 378). Pour la signification des petits boucliers frontaux et des parures qui garnissaient les côtés du casque voy. plus loin p. 392.
(4) //. III, 371. Voy. p. 377, note 2. — (5) Voy. p. 266, note 2.
combattait contre les Troyens assaillants du haut de son navire; car la tète du héros était naturellement baissée et, par suite, la courroie en question ae trouvait presque entièrement dissimulée par le menton. Mais supposons que les Troyena eussent la singulière fantaisie de choisir pour point de mire un endroit si difficile à atteindre. Comment expliquer alors qu'ils aient toujours frappé juste à cette place et qu'aucun de leurs nombreux javelots n'ait jamais glissé et pénétré dans le cou du héros? Double prodige qui se produit sans l'intervention d'aucune divinité. Gœbel a signalé en partie les défauts de l'interprétation de Buttmann (1). Mais il se trompe, de son côt^, quand il confond le çaoi avec les <[.céyapx et quand il soutient que ces derniers n'étaient qu'une série de cimiers appliqués sur la coiffe du casque. Nous verrons plus loin (2) que l'adjectif
TETpaçâXvipoî est dérivé du SubS- Fig.,„.Ftoronà p,rf«n,.
tanlif çi>«pa et signifie garni de piii'nicien.
i/uatre çâXapa. Or, dans l'Iliade, un
seul et même casque est désigné deux fois comme étant àppiçiXoî, c'est-à-dire powjtiu d'une double crête et TtTpafpi^Tipo; (3). Il en résulte que les ifiî^ot et les (pa«a étaient des objets essentiellement distincts. On ne s'explique guère, en outre, comment un mot qui, dans la langue homérique, signiflait cimier d'un casque, ait pu dans la suite être appliqué k un objet aussi différent que la parure métallique d'un harnais. La même raison nous empêche d'adopter l'interprétation de Krohlich (4), d'après laquelle les çiXapa seraient un prolongement des çœ>oi, sorte de frange métallique recouvrant les
(1) 'p/tilologta. XVIH, p. 217-2]8. — (2) Voy. p. 394.
(3| V, 743; XI, 41 (voy. p. 383, note 1).
(4| Voy. Virchow, Arehîvfûr Philologie, LXVIII, 1876, p. 392-393.
joues et formant en même temps couvre-nuque. Il faudrait alors supposer une coiffe garnie à son extrémité inférieure de cimiers horizontaux; or, Tartgrec archaïque ne nous offre aucun spécimen de casques de cette espèce.
Toutes les difficultés disparaîtront, au contraire, si nous considérons les çxXapa comme étant des bossettes de métal faites au repoussé sur la coiffe du casque ou fortement soudées à celleci. Un des plus anciens monuments où une de ces bossettes est parfaitement visible, c'est un flacon àparfums phénicien (fig. 111) portant le nom du Pharaon Uahabra (en grec Apriès, 599-569). Ce vase a la forme d'une tête casquée. Le casque ici est muni d'un couvre^joues et d'un couvre-nuque; à l'extrémité antérieure du cimier, on remarque une espèce de bouton (1). Parmi les casques de bronze conservés à ce jour nous signalerons d'abord celui du Samnium dont il a été question plus haut (p. 383, fig. 137); puis cinq heaumes d'attaque en forme de cloches , et dont deux se trouvent au Museo Preistorico de Rome (2), trois à Milan (3). Il faut y ajouter deux coiffes d'attaque qui ont la forme d'une calotte de jockey : l'une a été mise au jour en Étrurie (1), l'autre près S. Ginesio, dans le Picenum (5). Tous ces spécimens ont une bossette de chaque côté de la coiffe; celui de S. Ginesio a, en outre, trois bossettes sur chacun des couvre-joues mobiles (6). Un casque de bronze au musée de Naples (7) en a trois sur la face antérieure, non loin
(1) Heuzey, Gaz. arch. VI, pi. 28, 2 (p. 147 et suiv.) et du même : in figurines de terre cuite du Louvre^ pi. 7, 2. — Perrot et Chipiez, HifAoirt de rart, III, p. 676, n° 484 (d'où est extraite notre fig. 141).
(2) L'un n^ 22097 trouvé près Corropoli, l'autre no 28869 près Monte Giorgio (province d'Ascoli Piceno).
(3) A. Ancona, Le arrniy le fibule e qualche allro cimelio délia sua collezione, Milan, 1880, n° 4 (trouvé dans la Marche), n® 8 (acheté à Romei* no 9 (acheté à Florence). — (4) Mus, Gregor., I, pi. XXI, 1. — (5) .Vo(!;i> degli scavi comm. aW acc.dei Lincei, 1886, pi. I, 2, p. 44.
(6) Un casque de bronze trouvé récemment près Bologne offre une seule bossette sur chaque couvre-joue {Xot. d. se. 1881, p. 214); de môme un autre de la collection Ancona (Ancona, loc. cit., n^ 10).
(7) Cataloghi del Museo di Napoli, armi antiche, n® 10.
du bord inférieur. On en remarque également trois sur les casques de cinq guerriers, représentés sur le seau de bronze
Fig. IM. geao en bronze trouvé à la Certoia (d'après Jules HartbB. L'art ilrutijue, p. 88, flg. 8*).
bien connu provenant de la nécropole de Felsina (Bologne)
(fig. 142 et 143) (I).
U) Zannoni, Sugliicavidetla Certota di Bologna, pi. XXXIV, 7. —Bull, '^ipat.ital. VI, pi, VU, 8.
Comme les figures en relief sont vues de profil, il faut supposer trois bossettes correspondantes du côté opposé, c'est-à-dire six sur chacun de ces casques. Le casque en forme de pileus dont est coiffé le guerrier représenté sur un vase de l'Italie méridionale, est garni sur son bord inférieur d'une série de bossettes rondes très serrées (l). Une figure de Pallas en étain, trouvée à Gurina, en présente deux «ur la face antérieure du casque, dont la forme correspond à Texemplaire du Samnium (fig. 137) (2). La rosette dont est ornée de chaque côté une figure de bronze de la Laconie, souvent citée (3), semble n'être autre chose qu'une imitation artistique de ces bossettes en usage à l'époque homérique.
Comme les traits venaient très souvent frapper sur ces saillies du casque , nous croyons que les çaXapa d'Ajax étaient précisément des saillies semblables, destinées à consolider et à orner en même temps le casque. L'interprétation des grammairiens anciens , que nous avons rapportée plus haut (4), nous parait donc se rapprocher le plus de la vérité.
Plus tard (nous l'avons dit), le mot <pxXapa indiquait une parure de harnais; adopté par les Romains {phalerœ), il signifiait les disques métalliques que les légionnaires portaient, en guise de décorations , attachés à des courroies , par- dessus la cuirasse (5). Ce sens correspond bien à celui de l'époque homérique, puisqu'il s'agit toujours d'une pièce ronde qui garnit
(1) Arch. Zeit., 1877, pi. 5, p. 21. — (2) Meyer, Gurim, pi. XI, 17, p. 50-
(3) MUth, des deutsch. arch. InstUules in Athen, III, 1878, pi. I, 2 (voy. notre fig. 110). — Un casque trouvé à Canosa présente une de ces bossettes au milieu de la face antérieure (M il lin, Description des tombes de Canosa, pi. II, 3, 4). Un autre trouvé àLocres montre une série de petites bosses ou perles qui ne sont ici qu'un simple ornement (Millin, loc. cît, p. 44. — Mus. Borh. Y, pi. XXIX, 2).
(4) Voy. p. 388, note 3.
(5) Comp. 0. Jahn, Die Lauersforter Phalerœ, p. 2 et suiv. — Stephani, C. r. 1865, p. 165, note 2. — Comp. les x«^xo(pdiXapa $d(>[jLaToe (dans Aristoph. Acham. 1072) qui étaient probablement de grosses tètes de clous en bronze dont on garnissait les poutres et les portes.
quelque chose. Enfin Eschyle (1} appelle (pa'Xapov l'extrémité supérieure et droite de la tiare du roi des Perses, c'est-à-
- ^au en Lronic de U Ccrto*a (lulte de» llguro).
dire un objet analogue, au moins quant à la forme, aux ifiXapx homériques.
(1) Part. 661 : ^sviXiIou TuEpo; ^dlXipav nifaûoxMV.
Le même substantif semble aussi contenu dans Tadjectif TeTpaçx^Tïoo; qui revient deux fois dans Tlliade (1) comme épithète d'un casque. Buttmann désespère, il est vrai (2), de pouvoir mettre d'accord cet adjectif avec les ça^xp* du casque d'Ajax, Il rappelle à ce propos Tépithète ^aX^iftwav donnée aux vagues (3), qui, selon lui, évoque tout naturellement une comparaison avec le casque et son aigrette blanche; il en conclut que «pzVipoç est le nom même ou bien une épithète de Taigrette. Il est inutile de revenir sur cette hypothèse qui a été réfutée par ce que nous avons dit plus haut des (paXapa. Si les (paXapa étaient, comme nous croyons Tavoir démontré, des bossettes métalliques servant à consolider et à orner la coiffe du casque, on s'explique parfaitement le sens de îcuveyi TCTpaçaXvipo;. C'était un casque garni de quatre de ces saillies, deux de chaque côté, ce qui n a rien de surprenant, puisque nous avons constaté Texistence de casques antiques ayant trois bossettes de chaque côté. Gœbel (4) a d'ailleurs fait observer qu'il n'y avait aucun motif de séparer étymologiquement l'épithète des flots <pa>.T,pid(ûv du substantif (pà>.apa. Quiconque a vu la Méditerranée pendant la tempête aura observé que les vagues, surtout près du rivage, montent les unes sur les autres en s'étageant et que, lorsqu'elles déferlent, elles forment quantité de hauteurs en forme de dômes (5). Nous serions donc tentés de traduire /.ù^loltol xuprà (paXr^piowvra par les crêtes recourbées de la surface mamelonnée des flots.
Deux mots encore pour répondre à une objection que pourraient faire certains archéologues contre cette façon de com-
(1) //. V, 743; XI, 41 (voy. p. 383, note 1). <I>dlXapae8t à TeTpawXr^po? ce que
T£Xfl.9rp est à TEX[I1iIptOV.
(2) Lexilogus II, p. 246-247. — (3) II. XIII, 798 :
xuixaia raXà^ovia ::oXu9Xo (06010 OaXa9ay,(,
xuptà çaXr^pi6tovta, Tcpb (lèv i' dfXX', aùiàtp In' âXXa.
(4) Philologus^ II, p. 216. — (5) Un phénomène semblable est décrit en ces termes, //. IV, 422-426 :
dfpL^l Ss t^dtxpxç
xupTov (xOu-a) Ibv xopu^odrai
prendre les ^pjcXapa. On ne remarque, nous dira-t-on, de ces bossettes sur aucun des anciens casques grecs, munis de solides couvre-joues et qui, par suite, se rapprochent le plus du type homérique. Mais, tout d'abord, aucun de ces casques ne remonte jusqu'à l'époque homérique. Pendant la période qui suivit l'Épopée, on s'efforça (comme nous le verrons dans le chapitre XXV), d'alléger les armures et de les mettre en plus complète harmonie avec les différentes parties du corps qu'ils devaient recouvrir. Par conséquent, les Grecs ont bien pu renoncer plus tard à ces bossettes qui alourdissaient le casque. En second lieu, la plupart des casques conservés à ce jour, du genre de ceux qui nous occupent, semblent avoir été plutôt des objets votifs ou funéraires que des armes de combat (1). L'industrie antique se bornait généralement à reproduire, dans ces sortes de travaux, les parties essentielles; c'est ainsi que, pour le casque, on se contentait de reproduire la coiffe et les parties abritant la figure et le cou. Parmi les nombreux casques de cette espèce qu'on a trouvés en Grèce, il n'en est pas un qui ait un cimier ((psb^oç) consolidant la coiffe ou qui offre la moindre trace du support de l'aigrette (2).
D'après l'Épopée, l'aigrette était faite habituellement de crins de cheval (3). Parfois on les teignait : c'est ainsi que l'aigrette du
(1) Le casquede bronze, trouvé à Ordona(en Apulie), pourvu d'un couvrefront et de couvre-joues, constitue une exception très rare à cet égard. Il appartient à cette espèce de casques où l'aigrette est soutenue par un support de bronze dont la base s'est encore conservée. Une fente longitudinale, réparée d'ailleurs anciennement, prouve qu'il avait servi à la guerre (voy. Angelucci, Uîi sepolcro di Ordona, dans le journal La Capitanata, 1874, n<» 126, fîg. 5).
(2) Les spécimens cités dans Lindenschmit (Die Allerthûmer unserer heidn, Vorzeii, vol. I, fasc. 3, pi. 11,7, 8) et par Âncona (Le anniy le fibule e qualche allro cimelio délia sua collezione, Milan 1886, n® 5), n'appartiennent pas à l'espèce dont il a été parlé plus haut. Ce sont des casques à abris avancés; mais ces abris ne sont point mobiles; ils ne font qu'une pièce avec la coiffe, ce qui indique bien qu'ils ne servaient point à la guerre, mais que c'étaient des ex-voto, des objets de deuil ou de parade.
(3) Aussi l'aigrette est-elle appelée îîi7:toyai'ir,ç {II, VI, 469) ou îsTceioç X690Ç
casque de Dolops est désignée comme étant teinte en rouge (1). Héphaistos garnit de chaque côté Taigrette d'Achille d'une couche épaisse de fils d'or (2).
La <7Te<pavYi (3) était-elle un casque avec couvre-nuque et couvre-joues, ou bien un casque correspondant au heaume d'attaque? Les données de l'Épopée ne sont pas suffisantes pour nous permettre de répondre à cette question (4). Si la première hypothèse était exacte, le mot aurait désigné primitivement les abris entourant la tête (5) et serait, dans la suite, appliquée au casque, comme partie pour le tout. En tout cas, l'Épopée témoigne que la çreçavTi était en airain et qu'elle couvrait le front (6).
Mentionnons, en terminant, trois sortes de casques qui sont citées dans la Doloneia (10' chant de l'Iliade). Lorsque Diomède et Ulysse sortent pour épier les projets des Troyens, le premier reçoit de Thrasymédès, Tun des chefs de la garde préposée aux vaisseaux, un casque sans cimier et sans aigrette que l'on appelait xaTaiTuÇ, ajoute le poète. Mérionès, un autre chef des sentinelles, prête à Ulysse un casque d'attaque en cuir consolidé à l'intérieur au moyen de courroies, garni de feutre à l'exté-
(//. XV, 537). Le casque est t::itou?iç (//. III, 317, VI, 495, XI, 42, XV, 481, XVI, 138, XIX, 382, Od. XXII 124), Î7:n6x&[i.oç (//. XII, 339; XIII, 132; XVI, 216, 338, 797), ou Inr.o^ioEia (IL III, 369, IV, 459, VI, 9, XIII, 614, 714, XV, 535, XVII, 295. Od. XXII, III, 145).
(1) IL XV, 538 : vécw (poCvixi çaeiviSç. — (2) //. XIX, 382-383; XXII, 315-316 (voy. p. 385, note 2).