XV
oTpeç Ot\{ Y^P [A6T6}:ioOev h àoicfôo; dcviu^t ic^Xto, T^v aâib( ^{eoxs noSvivexé' Epxoç àxdvTcov *
descendant jusqu'aux pieds. Hector rentrant du champ de bataille, dans la ville de Troie, porte sur le dos un bouclier, doublé de cuir sur la bordure, qui lui bat la nuque et les chevilles (1). Par conséquent, il y avait des boucliers qui avaient presque la longueur du corps. Il était, d'autre part, évidemment tout à fait inutile d'augmenter à proportion la largeur du bouclier; car, trop large, il eût été difficile à mouvoir. Ces boucliers, qui avaient la hauteur de la taille d'un homme, ne pouvaient donc pas avoir une forme circulaire, mais ovale. Ils étaient probablement analogues à celui qu'on remarque sur un des cachets dé Mycènes (fig. 139). Nous avons déjà vu plus haut (p. 402) que les boucliers ronds du vase d'Aristonophos, dont le diamètre a presque la longueur du corps (fig. 146), ne pouvaient servir d'argument sérieux à notre thèse. De plus , une arme défensive aussi colossale ne cadre guère avec le tableau que les poètes nous font d'un champ de bataille. Parfois, il est vrai, l'Épopée nous dit que les héros souffraient sous le poids de leur bouclier (2). Mais ce poids ne les empêche jamais de se mouvoir rapidement ni même de parcourir de grandes distances (3). C'est ainsi qu'Achille poursuit au loin à travers champs Apollon sous les traits d'Agénor, pendant que les Troyens en déroute se sauvent der-
(2) //. II , 388 : t8p<£>aEi |jLiv tsu reXaiicov à^\ TnijOea^tv
V, 795 : tBpb)( ydtp (iiv freipi &;cb ;cXaT60( TEXafMûvoç àoTifôos eùxOxXou* t(J> TE^psTo, xdi(ive Bà /jîps, Sv S^oy u)v TEXttfxcôva xEXaiVE^èç aTfji* iTcojjidpYvu.
XIII, 709 : dfXX' tIto tTEXa|«ovidéÔ7iw>XXof te xa\ âaOXol Xa&\ ?7:ov6' Sftaipoi, oT d adixo; èÇeôe/ovto, 6;c::6ts (iiv xd((iaT6c te xai ldpà>c fo^vax' txoito.
XVI, 160 : 6 S^dpiTTspbv cjfiov ?xa(ivev,
?[AffE8ov a^èv l^cuv odéxoc ai6Xov.
(3) //. VI, 514; XI, 465 et 8uiv.;.XIII, 754-755; XVII, 119, 189, 257.
rière les murailles (1). Achille et Hector s'enfuyant devant lui foat trois fois le tour des murailles (2). Ajaf, fila de Télamon, en défendant les navires, saute d'un pont à l'autre, comme un écuyer conduisant quatre chevaux et s'élançant de l'un sur l'autre (3). Très souvent les poètes font ressortir l'impétuosité des héros (4). Tous ces mouvements sont impossibles, ai l'on suppose le bras gauche armé d'un disque énorme dont la largeur équivaudrait à la longueur du corps. L'on arrive aux mêmes concluaiona si l'on considère les don-
Flg. 14T. — Bouclier «a bronze trouré dans les Abrunes.
nées de l'Épopée sur les blessures et les différentes manières dont les guerriers se couvrent avec leur bouclier. Il nous suffira de rappeler à cet égard les paasagea les plus caractéristiques. Pendant qu'Énée, debout devant le cadavre de Pandaros et se couvrant avec son bouclier, tient sa lance en arrêt, Diomède lui
0) //. XXI, 601-605. — (2) II. XXir, 144-166. — (3) II. XV, 67M86.
(4) lis l'expriment le plus souvent par le mot Inopoûw : II. IV, 472; V, 432; XI. 256; XV, 520, 525, 579; XVI, 320; XXI, 144, 392. Ou bien par le verbe itoau ; /(. XV, 694; Od. XXII, 90; on Jwxtoow : //. II], 369; V, 98, 2K, 3Î3, 584; X, 345; XII, 191 ; XIU, 513, 546. Comp. aussi : II. XllI, 158 : «oûç»
lance une grosse pierre qui le blesse à la cuisse (1). Si Énée avait eu un bouclier circulaire d'un diamètre équivalent à la hauteur du corps, la cuisse eût été naturellement préservée et une blessure à cet endroit eût été impossible. Du reste, dès que les guerriers se découvrent, ils sont blessés soit sous le bouclier, au ventre (2), soit au côté, à la poitrine (3) ou au flanc (4), soit enfin au-dessus du bouclier, à la poitrine ou aux épaules (5). Toutes ces données supposent soit un bouclier rond de dimensions ordinaires, soit un bouclier ovale dont la largeur ne suffisait pas pour couvrir le corps dans toutes ces éventualités. Au contraire, l'expression ÙTracTri^ia xpoTro^î^cov ou urcao^crôia ^rpoCiêàç (6), employée par les guerriers qui marchent à l'ennemi , prudemment cachés par leur bouclier, semble correspondre à un bouclier long et ovale (7). Il en est de même des passages où le ffsbco; est comparé à une tour (8) ; de même que la tour cache la garnison, de même le bouclier protège le guerrier depuis le menton jusqu'à la cheville. Quoi qu'on en puisse dire, à cette catégorie appartient certainement Yicnlç mir^^vtMç du Mycénien Périphétès qui tombe, en se retournant , parce qu'il s'est cogné contre le rebord du bouclier (9); il faut y joindre râ<nr(ç d'Hector dont il vient d'être parlé (p. 404) et qui de son bord supérieur bat contre la nuque , de son bord inférieur contre les chevilles du héros (10).