XII
«iiiiï S'ijjifSa [lit BfioO'ïaxîTO nàvroo'
Comp. /;. XIII, 157, 802; XX, 1G2; XXI,581;XXII,313.
(1) /(. XI , 5«j :
sTij Si taipijv, Snifltï BiaiïOf piXtv ii^x-
(2) XV, M>648 (yoy.p.4û3 note 7).
Flg. *6'. — Lame dan poignard de Mycéucs-
au moment où le héros quittait le champ de bataille pour courir vers Troie (1).
D'ailleurs il est évident que le maniement du grand bouclier ovale, son poids fût-il allégé par le baudrier, n'était pas une besogne facile : il fallait même beaucoup de force et d'adresse pour diriger cette masse dans tous les sens, là d'où pleuvaient les coups et les traits ennemis (2). On n'a pas besoin d'invoquer le témoignage de l'Épopée (3) pour comprendre que la courroie, tendue par la pesanteur du bouclier, comprimait désagréablement les épaules des guerriers sous les rayons brûlants d'un soleil du midi; la sueur coulait à flots, sur la poitrine et dans le dos des héros, et il est tout naturel que ceux-ci aient senti de temps à autre le besoin de se débarrasser du bouclier pendant la lutte et de se reposer (4). C'est pour faire allusion aux efforts qu'il fallait déployer pour manier le bouclier que fut formée l'épithète TaXaupivo; (5) {portant le bouclier, qui résiste soiis le poids du bouclier) (6), p. ext. robuste)^ qui accompagne souvent Ares, le dieu de la guerre (7).
(1) //. VII, 117-118 (Voy. p. 404, note 1). Comp. les deux guerriers combattant sur un sardonyx trouvé dans un tombeau en puits de Mycénes (Schlîeman, Mykenae, p. 233, n* 213, notre fig. 145. — Les deux chasseurs de lions mentionnés plus haut (p. 419, fig. 151); les conducteurs de chars sur les vases du Dipylon, dans les Mon. delV Inst., VIII, pi. XXXIX, 1 (d'où notre fig. 41, p. 179), pi. XL. 4. — Ann, delCInst., 1872, Tav. d'agg. J,2 (d*où notre fig. 42, p. 181) ; les guerriers en marche sur un fragment de vase trouvé à Mycènes, analogue à ceux du Dipylon (Mykenae, p. 153, n^ 213). — Les guerriers assyriens avaient coutume, quand ils étaient en marche, de porter le grand bouclier ovale dans le dos (Layard, A secoml séries of the mon, of Nineveh, pi. 35) et le petit circulaire le long du coté (voy. Layard, A second séries, pi. 29, 35). Le tireur d'arc figuré sur le monument des Néréides de Xanthos laisse pendre son bouclier le long du côté gauche (Mon, delVInst,, X, pi. XIII, 4; Ann, 1875, p. 76).
(2) //. VII , 238 (voy. plus haut p. 418, note 6). — (3) Voy. p. 404, note 2.
(4) //. XIII, 709-711 (voy. p. 404, note 2). — (5) Ce mot est dérivé probablement de laXa-F-pivo-ç . Curtius, Grundzûge der gr. Etym,, 4* éd. p. 553. — Kuhn, Zeitschr, f. vergl, Sprachforsch,, XVII, 1868, p. 225-226. Sur lei opinions des savants anciens, voy. Lehrs, De Arist, stud. hœn,^ 2* éd. p. 308-310. — (6) Comp. Ilym. hom. VIII, 1 : ^Apeç... çÉpaari. — ■ il) IL V, 289; XX, 78; XXII, 207. — VII, 239 : laXaûpivov KoXejxKsiv.
Telles sont les données essentielles et très probables sur les boucliers des principaux héros. L'Épopée mentionne bien encore les 'kxf.G-rîia comme une espèce différente des àcri^e; (1). Mais leur épithète ordinaire ^TTepoevra prouve que, contrairement à VicTziç et au caîto;, ils étaient faciles à mouvoir. Les poètes ne mentionnent d'ailleurs le T.aiç'/^Uov que quand ils décrivent le choc des deux armées ennemies, et ne Tattribuent jamais à aucun guerrier qui n'est pas confondu dans les rangs et qui est une individualité. Nous pouvons donc en conclure que ces boucliers plus légers n'étaient pas Tarme des chefs, mais bien de la troupe. Le mot >.aic7ftov semble avoir quelque parenté avec likaoç, grossier (2). Si cettfe hypothèse est juste, il est permis d'admettre que les boucliers ainsi nommés n'étaient point plaqués de bronze, mais faits de peaux grossières. Hérodote l'affirme pour les >.at<r/iïa des Ciliciens qui escortaient Xerxès (3).
(1) n. V, 452; XII, 425 : Bijouv aXXijXwv difi?\ ar^Ùnni poefaç
0. Mûller (Dorxery II, p. 241, note 2) a, le premier, émis cette opinion, souvent reproduite après lui , que les Xai<n(Ta ?rrspcevta étaient des boucliers ronds munis en bas d'une sorte de tablier protecteur, semblables à ceux qu'on voit souvent sur les vases à figures rouges. Cette opinion a été victorieusement réfutée par Michaelis {Annal. delPInsL^ 1875, p. 76).
(2) Curtius , Grundzûge , 4« éd. p. 366 , n' 537. — Dœderlein , Homer. Glosêarium, p. 364-365.
(3) VII, 91 : XûtiffiîVà T« ety^ov ivt' di^irfôcov, (2>;io6oi7)( ns7:oiv)(iévK.