‹ L'Épopée homérique expliquée par les monumentsChapitre 90 sur 114 · III, 295. XXIII · texte numérisé non relu

III, 295. XXIII

(3) Voy. Athen., XI, 482 E. — Etymolog, magnum au mot i.u^ixunsXXov , p. 90, 39 et suiv. et Apollon. Lexic. homer, (p. 25, 18 Bekker) et xiStîsXXcv,

(4) Schol. Od, III, 63; olrraç djx^ixunsXXov] xb d[[JL9aT&,o<oO£v xuTitétuvov. Schol. Od. XIII 57 : TO Tzt^i^t^éif xà TiavxaxoOsv xEx^j^dç. Schol Od. XX 153. Athen. XI 482 E. : irb yàp xu^^ttjTOîto x'j::eXXov Sïir,£p xa\ to à|Jioixu;:sXXov (Comp. Eustath. sur VOd. XV 120, p. 1775, 24 p. 1776, 38). Elym. 90, 42 : to 2x r.EpiçspsIaç xuoôv. Hesych. : ijA3ix'jr:gX(X)ov nspi^sps; jioTrjpiov. ApoU. lex. p. 25 : ipwpixuwXXov i{i- ^UupTov, oTov 7:epixexu9(o[iévov, 8nsp Tocv xm xexupTcufjiivov. Pour rendre complète

pour un icotTÎfiov taw xfiKuçdç et, par suite, àp!.<pocuw6X>.ov pour un vase dont les bords sont partout repliés en dehors (1). Enfin Aristarque cherche la courbure dans les anses et définit àjxçijc'jrg^^^cov : « une coupe munie de chaque côté d'anses recourbées », hypothèse à laquelle se sont ralliés plusieurs autres grammairiens (2); Nous verrons plus loin que cette hypothèse, quoique fondée sur une étymologie absolument fausse,

Flg. 173. • Coupe en argile trouvée à Hissarlik. Fig. 174. — Coupe en or de Mycénes.

est effectivement la plus juste, ou, du moins, qu*elle se rapproche le plus de la vérité.

Si nous passons aux interprétations modernes, nous constatons que, pour Winckelmann (3), le dèpas amphikypellon était un vase à boire, composé, comme le vase d'argent bien connu de Corsini (4), d'une coupe intérieure et d*une enveloppe métallique extérieure. Au point de vue linguistique et par analogie avec à(i.çi6éaTpov, il n'y a rien à objecter contre cette explication; mais, parmi les monuments d'ancienne date, il

l'idée de rondeur, on a supposé la coupe dépourvue d'anses. Athen. XI 482

F. : ^EiXr^vb; %i 97)01 « x6neXXa lxncu(xaTa oxtS^oiç Sjioia, u; xa\ NixavSpo^ 6 KoXoftkivioç. » Hesych. xutteXXov * e?$oç noiT]p(ou du(>rou.

(1) Eusthat. //. I, 596, p. 158, 41 et suiv. Od, I, 142, p. 1402, 26et suiv.

(2) Etym. magn,, s. v. â(jL9'.xu7:£XXov (p. 90 44) : ^ApCarap/^ç 97)91 orjjjLaCvEiv t7]v XiÇiv T7)v $ra Twv &TWV IxoripcoOev lîEpi^ipîiav. Athen. XI, c. 24 p. 783 B : IlapOivio( Bà B\a TÔ nspixExupTcoaOat xà coripia. Ku^bv •>[hp E?vai xà xuptbv. Id. XI, C. fô, p. 482 F : ijj^fxupra àizh xGv Ûtwv. Eusthat. sur VOd. XV, 120, p. 1776, 36 : ITapOévioc ^ï (difAfpixuTCEXXov) 8ià tb nspixsxupT&oOai tdc coT^pia. Aniketos ibid. p. 1776, 38 : iiih yècp xu96t7)to( xuttsXXov xal ipifixunEXXov, oiç o?ov xupTOV s: ififfxuptov àizo T&v tJTcav.

(3) Geschichle der Kunst des Alterthums, livre XI, ch. 1 , S 15.

(4) Michaelis, Das Corsinische SUbergefaesSjLeipzigy 1859.

n'existe pctint de Ci:»uf«e? de cette espèce. Tout porte à croine que ces coupes séparées de leur enTelopj>e métallique ne firail leur apparitîoD qu'à l'rf N>que alexandrioe où Fart des toreulicieus produisait beauo>up de ces rases précieux.

Schliemann < 1 ) a rapproché tout d abord le vase homérique d'un vase d'or mis au jour dans les fouilles troyennes <:i!L Mais comme ce récipient est d'un très petit volume et qu*il est muni de chaque côté d'une sorte de bec, ce devait être un vase à verser et non i boire. Plus tard ce savant (3) se décida pour une coupe i deux anses, dont on a trouvé de nombreux exemplaires à Hissarlik (4) et dans les tombeaux n^. it:^. — ompe *• or

en puits de Mycènes (5). Nous verrons ^ iiywi»».

plus loin que là il est dans le vi-ai.

Il est encore une explication qui mérite de fixer notre attention y c'est celle que donnent Buttmann (6) et Frati (7) indépendamment Tun de Tautre. Aristote compare à des ifk'^rxi^ -zùXx les cellules des ruches d'abeilles séparées par des surfaces horizontales (8). Ces deux savants modernes supposent quW-

(1) Atlas irojan. AUerih.^ p. 54.

(2) Atlas irojan. Alierlh. pi. 202, n» 3603 ô, pi. 203, 203*. — Ilios, p. 518, n<» 772-773. — Gieseke {Jahresber, ûber die ForUchritte der Àlter* ihumswissenschaft, III vol. 2« et 3* années 1874-75, l'^ part. p. 96-tl9) a déjà repoossé avec raison ce rapprochement.

{3)^Mykenœ, p. 130, 267, n® 339 (notre fig. 175), p. 270, n^ 344 (notre fig. 174\ p. 272, n» 346 (notre fig. 188). — Gottschall, Unsere Z«M880 p. 81 1 ; Ilios ,

(4) Atlas troj, Alterth. PL 35 n« 872% pi. 39 no 942, pi. 40 n<» 972, 976, pi. 41 n* 990, 992, pi. 42 n» 1005, 1007, 1008, pi. 43 n» 1018, 1021, 1027, pi. 45 n« 1090, 1092, 1094. Notre fig. 173 d'après pi. 40 n^ 976.

(5) Mykenœ, p. 267, n« 339 (d'où notre fig. 175), p. 270, n« 344 (notre fig. 174), p. 272, no346 (notre fig. 188), p. 398 n» 528.

(6) Lexilog. I*, p. 160-162. — (7) Gozzadini , Di un sepolcrelo elr, scop, pressa Bologna, p. 18 (pi. Ill 9, 18; d*où notre fig. 176). Comp. Gozzadini fntomo ad altre sellantuna tombe del sepolcrelo scop, presso Bologna^ p. 5.

(8) HisL anim., IX, 40 (I. p. 624 a, 7« éd. Bekker) : al tï Ou(>fôtç al toO

ristote fait là allusion au vase homérique. Frati nous renvoie

£-L#-r Jf^cT TJJJ£^

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Fig. 176. — Double coupe on argile de Villanova.

Fig. 177. — Section longitudinale de la même coupe.

à ce propos aux poteries sans anses de la nécropole de Villanova (1). Conformément a la donnée d'Aristote, ces poteries

«(jupixunlXXcov, I) [xèv IvTo; 7] o'âxtoc Ce passage est cité par Eustath. IL \, 59G, p. 158, 45 et suiv.

(1) Voy. Gozzadini, Di unsepoic, eir, scop. pressa Bologna^ pi. III, 9, 18 (d*où nos fig. 176', 177). — Le môme, Intomo agli scavi fatli dal sign. Arnoaldi Veli, pi. III, 2. — De MortUlet, le signe de la croix ^ p. 64, fig. 31 , p. 116, fig. 91. — Issel, Luomo preistorico in Italia^ji» 833, fig. 65. — Crespellani, Del sepolcreto scoperto pressa Bazzano, pi. III , 1. Les vases de cette espèce apparaissent pour la première fois dans la seconde période des nécropoles de Villanova et de Benacci (comp. Zannoni, Gli scavi délia Certasa, p. 109-115); on en trouve aussi dans d'autres nécropoles de Bologne antérieures à rimportation des vases grecs (de Luca , Tagliavini, Stradella della Certosa, Arnoaldi Yeli, Arsenal). Voy. la statistique de ces vases dans Gozzadini , /n/omo , p. 25 et suiv. et Zannoni, Gli «c, p. 236-237. Un des spécimens les plus récents semble être un vase orné de figures de guerriers* de cerfs et de sphinx faites au repoussé et trouvé sous la route conduisant de la via S.Isaia à la Certosa, où Ton a constaté des vestiges qui correspondent à Tancien groupe Arnoaldi : Gozzadini , Di due sepolcri e di un fratnmento ceramico della necropali felsinea, p. 6, 7 (Atti della deput, di storia patria deW Emilia^ n. s. vol. VI, parte 1. Modène, 1881). On en a découvert également de semblables près Bozzano , à l'ouest de Bologne, à la limite de la province de Modène. Ils proviennent d'une nécropole comprenant les trois

sont divisées au milieu ou à peu près vers le milieu par une la-* blette en deux récipients, destinés chacun à recevoir un liquide (fig. 176, 177). Mais il est excessivement difflcile de reconstituer le ^(iï«; àu.çtxÛ7TA>>ov d'après la donnée d'Aristote et les poteries de Bologne, et cela pour deux raisons. D'abord les Grecs du temps d'Homère n'auraient pu songer à se servir d'une coupe double de ce genre que s'ils avaient eu l'habitude de boire deux sortes de vin à leurs repas; or il n'est fait mention dans aucun endroit de l'Épopée de cette habitude qui d'ailleurs aurait juré avec la simplicité primitive des menus de cette époque. En second lieu, les vases de cette espèce ne se prêtent nullement à certaines opérations où intervenait le Sé-naq àfiçnxÛTOXiov homérique. Il eût été très difficile, par exemple, de puiser avec cet ustensile du vin dans un cratère (1) : il aurait fallu, à cet effet, saisir de

toute la main le vase par le bord ''iB.i™-c<."i»™.rgiie<ieThéi,. du récipient supérieur, puis, pour

vaincre la résistance de l'air contenu dans la partie inférieure , le plonger très brusquement dans le liquide , opération pendant laquelle la main aurait été mouillée de vin. D'autres objections se présentent encore si l'on veut se rendre compte de la manière dont se font, dans l'Épopée , les libations et dont on acceuille l'hôte arrivant lorsque le repas est déjà commencé. Dans les libations, un seul et même ^tza.; «[tçix'jrtXVjv passe à la ronde dans la société (2). Survenait-il un nouveau convive, les assistants le recevaient en lui offrant les

périodes qui distinguent les objets des fouilles de Bologne antérieurs à la période classique : Crespellani, Del tepolcreto icop. pretso Bazzano, pi. III, p. 8. A l'ouest de rApennin on n'en a trouvé , à notre connaissance , qu'un "eul exemplaire analogue (à Chiusi). 11 diffère des autres en ce que les anses sont remplacées par des bosses qui servaient à manier l'ustensile \&uU. dftr Inst., 18*1, p. 178-179).

0) Voy. p. 461, note 2. — (2) Od. (Il, 35 et suiv.

ÊPOrÉE HOHÉRIgUE. 30

coupes, rem plies de vin; le nouveau venu en prenait une, la vidait et la rendait ensuite à celui qui la lui avait donnée (1). La difficulté de faire passer ainsi à la ronde une coupe double sans anses est tellement évidente qu'il est inutile d'y insister. En outre, on tient naturellement des deux mains les vases de cette espèce (2) ; or il ressort de plusieurs passages de TÉpopée

Fis- 119. — Coupe en trgilt de lalytos.

qu'on ne prenait qu'avec une seule main èénxç àfjt.!p(xu;7£).- Xov (3). Enfm, il est douteux que les potiers ombriens ou étrusques qui fabriquaient les vases trouvés près de Bologne aient voulu réellement faire des coupes doubles. Nous connaissons, en effet, plusieurs spécimens qui extérieurement ressemblent aux coupes doubles, mais qui n'en sont pas, car le fond n'est pas placé au milieu du récipient, mais près du bord inférieur; on se demande donc si, en plaçant le fond plus haut, on n'a pas voulu recourir k un simple artifice technique. A l'époque

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