II. XV 86. XXIV
(3) D'aprëa Gozzadini le plno grand diamètre Int&riear de ces vases varie entre 0°',124 et 0,15 et le plus petit (à l'endroit où le récipient se rétrécit le pluB) entre 0»,075 et 0,121.
(3) Orf. XIII,57rîlpiiTn J'îvx('p'itfB£.Siï:i(âtiï«is(Ui,v;XXn, 17 : 5is«
primitive à laquelle appartiennent les vases de Bologne il était certainement très difficile de cuire les vases de cette espèce qui sont d'une hauteur considérable ; les potiers ont dû avoir souvent le désagrément de les voir éclater pendant le cuisson. On obviait à cet inconvénient en plaçant le fond au milieu du récipient, ce qui était un moyen de protéger éga-
Fig. in. — Vau en argile 4e UItm».
lement les parois d'en haut et d'en bas (1). L'hypothèse que les coupes doubles ne doivent leur origine qu'à cette difliculté technique est d'autant plus plausible que toutes elles proviennent de tombeaux; on sait, en effet, que les ouvriers anciens, lorsqu'ils fabriquaient des objets de culte funéraire, se ]jerluettaient des artifices de ce genre.
Si Aristote compare les cellules ans ruches d'abeilles à une coupe double qu'il nomme iji^iKirriîJ.OT, cela prouve simplement que, de son temps et dans son entourage, on se servait
(1) Comp. Zumoni, Gli tcavi délia Cerlota di Bologna, p. 333, Dote 4.
d'une coupe double qui portait ce nom. On ne saurait en conclure que ce vase ait eu rien de commun avec son homonyme de rÉpopée ni que cet écrivain ait songé à cette analogie. Mais lors môme qu'Aristote ait considéré ràjx.çiKUTre^'Xov connu de lui comme un descendant direct du vase homérique, on ne pourrait encore en tirer aucune conclusion certaine : cette supposition ne serait pas plus probante que les idées de Haupt et de Miillenhoff sur le pfellel ou autres étoffes difficiles à déterminer dont il est fait mention dans les poésies du style moyen haut-
Fig. 181. -^ Coupe en argile de Camiros. Fig. 181. — Coupe en argile de Gamiros.
allemand. Ici comme là nous sommes en présence d'hypothèses qui, n'étant appuyées sur aucun fondement sérieux, doivent être rejetées sans hésitation. L'hypothèse qui nous occupe se trouve d'ailleurs réfutée par ce fait que la coupe citée par Aristote ne servait point à l'usage auquel les Ioniens de l'époque homérique destinaient le Jéxa; à[X(pwwi7:e>.>.ov. En outre, le sens que Buttmann et Frati donnent à ce terme est contestable, puisque le mot xu7rs>.)cov qui, dans la langue épique, est synonyme de 5é7:a<; à(A9iîcuTC£>.)cov, désigne, dans les autres dialectes grecs, un vase à boire différent de celui d'Aristote. Les Cypriens appelaient ainsi une coupe à deux anses, les Cretois une coupe à deux ou à quatre anses (1). Or les dénominations usitées parles
(1) Athen., XI, p. 483, au mot xuk£X>ov : Si(jL<4piaToç 8 xb ôîwtov so-nîpiov Ku7:s(ou;, TO Ôs ôCwtov xa"i TsipdwTov Kp^raç.
Grecs de Chypre valent, au point de vue de notre étude, au moins autant sinon plus qu'un mot d'Aristote , car leur langue avait conservé bien des points de contact avec la langue épique (1). Puisque le passage d'Aristote ne nous offre aucune solution certaine, il ne nous reste qu'à interroger les poèmes homériques et à y rechercher un point de repère. Nous remarquons, en effet, dans l'Épopée une particularité importante du Jfea; à(i.«ptxoTTfiX'Xov que quelques grammairiens anciens (2) et, parmi les modernes, Schliemann (3) ont parfaitement reconnue. Aux
Fig. 183. — Coupe en argent à bords dorés de Camiros.
trois synonymes ^éizocq^ xu7:6>.^ov et Séizaç àjxçijcuire^^ov vient s'en joindre un quatrième : Altiaoy. Dans l'Odyssée (III, 35 et suiv.)la coupe que le fils de Nestor, Peisistratos, tend à Télémaque et à Athèna qui accompagne ce dernier sous les traits de Mentor, à l'entrée de Pylos, est appelée deux fois (vers 41 et 51) ^éiraç,
une fois (63) ^eraç àjAçixiiTreX'Xov et deux fois (50 et 53) a>.6iG0v.
Eustath. Od. XV, 120, p. 1776, 38 : Xiyu 8i xa\ (Aniketos) d^ xa\ Kurpioi oStu> 9ao\ tb BdoTov TTOTiJptov,
(1) Comp. Deecke et Siegîsmund, dans G. Curtius, Studien zur gr, und lat, Grammatik, VII, 1875, p. 262. — Bréal,5Mr le déchiffrement des inscriptions cypriotes y p. 16-17 {Journal des Savants , août et sept. 1877). — Philolog, XXXV, p. 36 et 49. Comme point de comparaison rappelons à ce propos que les Cypriotes conservèrent Tusage du char de combat jusqu'au commencement du cinquième siècle (voy. p. 443, note 3).
(2) Athen. XI, 24, p. 783 A et XI, 65, p. 482 E., F. Ces grammairiens s ap puient, comme nous, surTOrf. III, 35 et suiv. et XXII, 9, 17.
(3) Mykenae, p. 130; Ilios, p. 339.
L'identité de âtra; et d'à>.€t<jov ressort, en outre, d'un autre passage de rOdyssée (XXII, 9 et 17), où la coupe d'Antinoos est désignée une fois (17) par le premier, une autre fois par le second de ces termes. Le substantif àleKxov est accompagné ici de répithète àji^coTov, muni de deux anses. Ainsi donc les quatre synonymes indiquent une coupe à deux anses (1).
Personne, je crois, ne sera tenté d'en déduire qu'il pouvait exister des coupes doubles analogues à celle d'Aristote ou aux poteries de Bologne, mais pourvues d'une anse de chaque côté. En premier lieu, les matériaux archéologiques qui
Fig. i84, 185. — Coupes en argile de la nécropole del Fusco (prés Syracuse).
doivent forcément conserver quelques traces des vases à boire des temps homériques ne nous offrent aucun type de ce genre. En second lieu, les objections formulées plus haut contre l'hypothèse d'une coupe double ne disparaîtraient guère par ce seul fait qu'on supposerait des anses à cette coupe ; en effet, elle n'en resterait pas moins un ustensile à puiser fort incommode. Par conséquent les quatre synonymes ci-dessus ne peuvent désigner qu'une coupe simple à deux anses (2).
(1) L'opinion d'Âristarque que nous avons rapportée plus haut (p. 462, note 2) et d'après laquelle le Sénaç di^atptxuKsXXcv serait une coupe munie d'anses recourbées, s'appuie évidemment sur VOd. XXII, 9, 17.
(2) Par analogie avec le Unaç dfji^ixuTieXXov, on a voulu voir dans rdcjuçrasioî çtdtXr) (II. XXIII 270 : îîifJLTrrw S'ifjiçWetov oiciXtjv dc7:6p(otov IOtjxcv.