AUX SOUFFRANCES DU FROID
Nous arrivons ainsi à Pouka, assez gros village, mais très pauvre. Le a han » est déjà encombré de Serbes, et notre campement, une fois de plus, doit être installé en plein vent.
La scène la plus inattendue s'offre alors à nos yeux. Officiers et soldats, à demi dévêtus et grelottant de froid, tendent leurs chemises et leurs caleçons aux Albanais qui nous entourent.
Bien vite je comprends. L'or ne tente pas ces autochtones. Qu'en feraient-ils ici, où ils vivent isolés, en pleines montagnes, loin de toute route et de toute civilisation? Par contre, les malheureux sont à peu près nus et convoitent nos pauvres haillons ! Pour obtenir d'eux du bois, seule chose qu'ils peuvent nous vendre, — avec quelques galettes de maïs, presque immangeables, — nous leur abandonnons nos dernières chemises et nos derniers caleçons 1
Le commandant Vitrât, qui fait offre d'une chemise fort usagée, mais ornée de broderies rouges, obtient en échange, pour ses hommes, de superbes fagots !