‹ L'épopée serbe; l'agonie d'un peupleChapitre 5 sur 24 · UNE PLAINTE EFFROYABLE MONTAIT DE LA VALLÉE DE KOSSOVO · texte numérisé non relu

UNE PLAINTE EFFROYABLE MONTAIT DE LA VALLÉE DE KOSSOVO

A Mitrovitsa, le Gouvernement et le quartier général ne purent prendre le temps de respirer. Il fallut continuer à fuir.

C'est dans la nuit du i5 au i6 novembre que l'alarme est donnée.

Dans la région qui s'étend à l'ouest de la ligne ferrée Nisch — Uskub — Salonique, il y a de nombreux villages albanais. Les uns sont pour les Bulgares, les autres pour les Serbes, et en général ils sont tous pour les Bulgares ou les Serbes, suivant que ce sont les premiers ou les seconds qui prennent l'avantage.

Cependant, les Bulgares, qui se servent sans scrupule de cette duplicité, avaient réussi, grâce à leur concours, à s'emparer du défilé de Katchanik.

Sous la conduite de quelques Albanais, qui la guida dans les sentiers à travers les montagnes, une colonne bulgare tourna les positions serbes, contre lesquelles les attaques se brisaient. Elle

apparut soudain derrière Tétat-major serbe, l'encercla et faillit le faire prisonnier.

Deux cents gendarmes : telle était la faible défense de cet état-major! Mais ils résistèrent si bien qu'ils permirent aux troupes d'accourir et de repousser Tennemi. Malheureusement, pour ce faire, elles avaient dû abandonner leurs positions, que les Bulgares occupèrent aussitôt. Les Serbes ne tenaient plus que les dernières hauteurs situées à la sortie du défilé ; cependant, ils s'y maintenaient depuis un mois, quand, le i4 novembre, ils réussirent enfin à rejeter l'ennemi et à s'avancer jusqu'à la station du « général lankovitch )), deuxième station avant l'embranchement de Skopljé (Uskub) avec la ligne de Salonique.

La journée du i5 se passa sans amener de ce côté de transformation importante. Déjà on se reprenait à espérer. Les efforts combinés des troupes serbes et des forces françaises, qui se trouvaient au sud d'Uskub, allaient peut-être débloquer cette ville, c'est-à-dire rouvrir la porte de la prison où nous étouffions de plus en plus.

Or, le i6 novembre, quel n'est pas mon étonnement en constatant, à sept heures du matin, que le

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