‹ L'époque des MaccabéesChapitre 2 sur 48 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Fin de la captivité. — Les soixante et dix semaines, — Difficultés chronologiques et généalogiques. — Cyrus et son décret. — Le retour. — Que sont devenus les dix tribus? — Le nouveau temple. — Darius. — Zoroastre. — Xerxès.— Esdras et Néhémie. — Les Israélites perdent leur nom, leur langue et leur forme de gouvernement. — Is renoncent à l'idolâtrie et aux ambitions politiques.— Leur mission dans ce monde; Jérusalem et Rome. — Plus de prophètes. Majorité de la nation juive. La Loi n’a rien amené à la perfection. $

Nous allons raconter l’histoire des Juifs pendant les cinq ou six siècles qui séparent l'Ancien Testament du Nouveau, pendant cette période qui s'étend du retour de l'exil aux jours de Jésus-Christ, pendant ces temps qui ne virent point de prophètes, et sur lesquels les écrivains sacrés ne nous donnent d’autres * renseignements que des prophélies antérieures plus ou moins claires, et plus tard quelques allusions plus ou moins obscures, incompréhensibles même, pour celui qui ne connaît pas l’histoire de cette époque de transition.

Mais plus sont grandes les ténèbres des temps que nous allons explorer, plus il importe aussi que nous profitions des derniers rayons qui brillèrent sur Israël avant que la lumière céleste disparût entièrement de

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son horizon national. Orientons-nous pendant qu'il fait encore un peu jour, et rappelons brièvement les circonstances dans lesquelles se trouvait placé le peuple juif au moment où commence notre histoire. Ce point de départ nous permettra de nous mieux diriger dans l'étude, soit de l'histoire elle-même, soit de la constitution politique, soit du développement religieux de ce peuple extraordinaire, qui continue jusqu’à ce jour à porter le nom de peuple de Dieu par excellence, grâce à Celui dont les dons sont sans repentance.

Sans entrer dans aucun détail sur la captivité, disons tout au moins que cette longue crise, si nous la prenons depuis son premier commencement Jusqu'à sa dernière fin, a duré plus de deux siècles entiers : pour Israël, depuis Pékach, 741 avant Christ; pour Juda, depuis Jéhojakim d’abord, 606 avant Christ, ou plutôt depuis Jéhojachin, en 598, ou Sédécias, en 097, jusqu’à l’édit de Cyrus, en 536, ou jusqu’au | décret de Darius, en 518.

Le fameux oracle de Jérémie (chap. XXV, 11,12), qui annonce une calamité de soixante et dix ans, ne dit pomt que les souffrances ne seront pas plus longues; il ne dit pas davantage que l'exil tout entier durera complet pendant soixante et dix ans. Et de quelque mamère qu'on veuille l'entendre, sans oublier que Daniel lui-même (Daniel IX, 2) a compté sur une date

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exacte, 1l faudra tenir compte de ce double fait que les Israélites et les habitants de Juda ont été transportés à plusieurs reprises et à des époques différentes, et que le retour s’est également fait en plusieurs fois, de sorte que pour les uns l’exil a duré plus de 205 ans, et ‘pour les autres moins de soixante et dix. Si l’on tient à une concordance parfaite entre le texte biblique, qui est le principe,et les faits qui en sont l'explication et l'application, l’on peut, parmi les nombreuses solutions indiquées, choisir entre les deux suivantes : De la première transportation, sous Jéhojakim, 606, jusqu’à la promulgation de l’édit de Cyrus, 536, il y a 70 ans; c’est le sens probable du passage de Jérémie : De la destruction totale de la ville et du temple sous Sédécias, 587, jusqu’à la publication du décret de Darius, 518 (et non plus de Cyrus), il y a pareillement 70 ans : c’est l'interprétation qui résulterait de Zacharie VII, 5. Ce serait dans le premier cas, depuis le commencement de la captivité jusqu'au commencement du rétablissement; dans le second cas, ce serait depuis la captivité complète jusqu’au rétablissement complet ou à peu près.

Exilés en diverses contrées, à Babylone, dans les plaines de la Mésopotamie, dans la Basse-Égypte, les Hébreux retrouvaient partout les souvenirs de leurs ancêtres. La famille du patriarche était en quelque sorte replacée dans les conditions d’où la grâce divine

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