‹ L'époque des MaccabéesChapitre 25 sur 48 · De Maccab · texte numérisé non relu

De Maccab

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frère aîné du feu roi, Antiochus IV, plus connu sous le nom d'Épiphanes, qui avait été élevé à Rome comme otage, et qui devait être entre les mains de Dieu le fléau de la Judée. Il convenait aux Romains qu'il y eût toujours sur le trône de Syrie un roi dont les titres ne fussent pas très-clairs, et à côté du trône un prétendant qui fût l'héritier légitime et direct; de cette manière, ils s’assuraient l’obéissance servile du roi régnant, qu'ils pouvaient abandonner et renverser au moindre mouvement d’insubordination. Antiochus devait le trône à leur égoïsme politique. «L’honneur royal» ne devait pas lui être donné (Dan. XI, 21); la couronne ne lui revenait pas de droit, «mais il occupa le trône par des flatteries,» par ses intrigues. Le prophète dit qu'il sera «méprisé» (abject, d’après la ver” sion de Perret-Gentil; ein Verworfener, d'après De Wette).Antiochus se crut des droits au titre d'Épiphanes ou d’Illustre, à cause peut-être des manœuvres habiles qui l'avaient porté sur le trône; mais le peuple, qui le méprisait à cause de ses folies, et parce qu’il voulait unir au faste syrien la popularité et les familiarités romaines, ne ratifia pas le surnom qu'il s'était choisi; il appela par dérision Épimanes, le maniaque, l’insensé. |

Le moment terrible, la crise approche pour les Juifs. L’appellerons-nous un châtiment? Ou n'est-ce qu'une épreuve ? Toujours la même, linsondable

question! Toujours le problème de l'humanité traversant, par la volonté de Dieu, des périodes de purification, souvent sanglantes! (est ce sombre passage que doivent franchir les peuples comme les hommes, pour arriver à leur maturité. Si dans certains cas on peut dire presque à coup sûr: c’est un châtiment de Dieu; si même, d’une manière générale, on peut dire de toute épreuve et de toute affliction, qu’elle est la suite et, par conséquent, le châtiment du péché dans lequel est enveloppé le monde, le plus souvent cependant on doit répondre avec le Seigneur, et dans le sens qu'il donne lui-même à sa parole : Ni celui-ci n’a péché, ni son père, ni sa mère. (Jean, IX, 3.)

On peut dire toutefois que le peuple juif allait recueillir ce qu'il avait semé; depuis longtemps :l ne suivait plus les sentiers qui lui avaient été tracés; il oubliait ses lois et ses prophètes ; 1l abusait de son émancipation; il se servait de sa liberté pour mal fare; 1l se fourvoyait dans le chemin large et dans les voies de ce monde. Sans doute il maintenait intact le grand dogme de l'unité de Dieu, et il continuait de pratiquer la circoncision: Mails ses gouverneurs, ses anciens, ses pontifes eux-mêmes devenaient de plus en plus mondains dans le sens que depuis longtemps l'Église donne à ce mot: le patriotisme s’endormait; on recherchait volontiers la faveur des rois, des riches et des grands du siècle; on recherchait les places et les

honneurs, on fréquentait les cours, on philosophait avec les sages, et si l’on repoussait encore l’idolâtrie, on aimait volontiers les idolâtres; la vie morale s’affaiblissait peu à peu et finissait par disparaître; chez les meilleurs, l'esprit de la loi était étouffé par la lettre.

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