Matth. XXVI, 52, — Preisswerk, Morgenland, t. IT, p
peut être permise, quant à la légitimité ou la culpabilité de la résistance. Peut-on considérer comme une infraction à la loi divine, et comme une rébellion, l’organisation armée de gens mis hors la loi? Peut-on condamner ces braves Camisards d’avoir pris les armes comme dernier argument, contre un roi qui leur disait tout ensemble: Sortez de France, et restez en France: confiscation, galères et mort pour ceux qui resteront; confiscation, galères et mort pour ceux qui seront surpris à fuir le pays. Et si l’on admet, Je le suppose, qu'on doive se laisser égorger sans mot dire, en s’en remettant à Celui qui juge justement, a-t-on le droit de laisser égorger aussi ses proches, son pére, sa mère, sa femme, ses enfants, sans essayer de les défendre ? Il est des cas où les principes peuvent fléchir devant les faits, ou si l’on veut, devant d’autres principes d’un ordre supérieur: il n’y à pas de questions dans ce monde qui soient complétement simples, et qui puissent se résoudre par un oui ou un non applicables à tous les cas. Guillaume Tell, George Washington, Arnaud', les Covenantaires d'Écosse, Coligny, Cavalier, ont-ils bien ou mal fait ? Il se mêle peut-être trop de passion au simple récit de ces héroïques défenses, pour que le jugement ne risque pas d'en être obscurci : ce sont des gloires trop grandes et trop pures, pour qu’on ne répugne