Défense de voler
6. Obligation de rendre équitablement la justice à tous, et d'exercer la justice impartialement contre les . violations de la Loi.
7. Défense de manger de la chair avec son sang et des bêtes étouflées.
Ces prosélytes n'étaient pas incorporés à la nation juive ; ils restaient légalement souillés, tellement qu’il leur était interdit de pénétrer dans la cour intérieure du temple; quand ils venaient adorer Dieu, ils devaient se tenir dans les parvis extérieurs , appelés parvis des Gentils ; c’est de là aussi qu'ils tiraient leur nom de prosélytes de la Porte. Ils sont généralement désignés dans le Nouveau Testament sous le nom de dévots, ou d'hommes craignant Dieu. Ils étaient très-nombreux dans toute l'étendue de l'Empire. Le capitame de Capernaüm , le centenier Corneille , leunuque de Candace, et dans l'Ancien Testament le Syrien Naaman , appartenaient vraisemblablement à cette classe de prosélytes, ou de demi-prosélytes.
Cest d'eux qu'il est parlé peut-être dans ces paroles du quatrième commandement «ni l'étranger qui est dans tes portes ». Exod. XX, 10. Cest à eux aussi peut-être qu'il est fait allusion au Ps. LXXXIV, 10,
dans ces paroles du prophète: «J'aimerais mieux me tenir à la porte dans la maison de mon Dieu , que de demeurer dans les tentes des méchants.» V. encore Ps. CXVIIL, 4. «Ceux qui craignent l'Éternel. »
Il est souvent parlé des Péagers dans le Nouveau Testament, et toujours comme de la classe la plus méprisée et la plus détestée de la population. C’étaient en général, des fonctionnaires romains, employés à la perception des impôts. La manière vexatoire dont se faisait cette perception, et peut-être aussi le caractère avare et cupide de quelques-uns de ces percepteurs, ne tarda pas à jeter sur cette catégorie de fonctionnaires un profond discrédit ; on en vint à oublier qu'il peut y avoir de sottes gens, mais qu'il n’y à pas de sot métier. Bientôt personne de respectable ne voulut plus accepter ces lucratives fonctions, qui tombèrent ainsi toujours plus bas et dans des mains plus ignobles. Pour les Juifs d’ailleurs , cette perception des impôts était la marque et le sceau de leur esclavage national, et si, par exception, quelques Juifs, comme Matthieu, Zachée, d’autres encore, se laissèrent entraîner à devenir péagers, leurs relations habituelles avec des païens, et le rôle qu'ils prirent vis-à-vis de leurs frères, finirent par les faire considérer eux-mêmes comme des païens, tellement qu'ils étaient formellement exclus de toutes les assemblées religieuses , et regardés comme des pestes publiques,
comme tout ce qu'il y a de plus infâme. Le Nouveau Testament les nomme toujours à côté des pécheurs et des femmes de mauvaise vie. La haine qu’on leur portait était si grande, si aveugle, qu'on ne croyait pas faire mal en les trompant, fallüt-1l même faire un faux serment pour cela ; contrebande et parjure de-
venaient actes méritoires , dont on s’applaudissait.
Il reste à parler de deux partis contraires, qu'on n'hésiterait pas à appeler des parts purement politiques, si chez les Juifs la politique ne s'était pas tou- Jours trouvé intimement umie à la religion.
Les Hérodiens, bien que leur nom semble les caractériser suffisamment, ne sont pas très-bien connus. Le parallélisme de Marc VII, 19, et de Matth. XVI, 6, les rangeait en tout cas plutôt du côté des Sadducéens. Quelques-uns pensent que, séduits par la magnificence d'Hérode, ils le prenaient pour le Messie promis et attendu. Que de gens , depuis lors’, ont donné à d’autres Hérodes le titre et le nom de Sauveur! Il est probable que, sans aller aussi loin que cela, les Hérodiens étaient avant tout dans le pays un parti politique, se composant de trembleurs et de gens cupides, qui, peu soucieux de leur nationalité, peu soucieux même de leur religion , ne répugnaient pas à voir un étranger dominer sur eux, pourvu qu'il sauvegardàt énergiquement leurs intérêts matériels , qu'il les empêchât d’être assassinés par les patriotes,
et qu'il leur procurât de temps en temps , à eux ou à leurs amis, quelques bonnes places qui les tirassent d'un mauvais pas financier. Ils n'avaient rien de patriotique et rien de religieux ; ils auraient peut - être pris parti pour la religion s'ils y avaient vu l’intérêt du trône ; mais le même imtérêt aurait pu, dans une circonstance donnée, les amener à se ranger contre la religion nationale : le salut du trône avant tout! L'espèce n’en est pas perdue. Ils maintenaient qu'il faut payer le tribut à César; notre Seigneur ajouta seulement, ce qu'ils oublient: qu'il faut aussi rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu.» Matth. XXIF, A7 et suiv.; Marc XI, 14 et suix.
Les Zéloles, ou zélateurs, ou Gaulanites, ou Galiléens, car ils portaient ces différents noms, étaient une faction diamétralemert opposée aux Hérodiens, des patriotes exaltés qui s’exposaient à tout plutôt que de donner à un étranger le titre de seigneur et maître. Hérode les rencontra de bonne heure sur son chemin, et dut sévir plus d’une fois contre eux. L’un des premiers qui soit mentionné, est un nommé Theudas qui réussit, au temps d’Auguste, à se mettre à la tête de 400 hommes , mais qui fut bientôt défait. Puis vint Judas le Galiléen, le Gaulonite, de Gamala, qui, avec l'assistance d’un certain Tsadoc, essaya de pousser les Juifs à la révolte, à propos d’un recensement ordonné par Auguste, sous le gouvernement de Cyrénius,
Luc If, 1, 2. Act. V, 37. Les Juifs qui se Joignirent à lui furent écrasés par le nombre, et l’ordre fut rétabli. Le succès ne couronna pas cette tentative que, dèslors, on put appeler insensée; s'ils avaient réussi, Judas serait peut-être un héros. Un autre Theudas, sous Cuspius Fadus, puis Jacques et Simon, fils de Judas le Galiléen, sous Tibère-Alexandre, essayèrent également de relever le parti de l’indépendance nationale, mais ils furent encore vaincus : le prermier eut la tête tranchée, les deux autres furent crucifiés. (Josèphe , Antiq. XX, ch. 5.)
Ces soulèvements partiels étaient surtout fréquents dans la Galilée, et les hommes qui compromettaent ainsi la stabilité des institutions infligées au pays par la force, ne devaient pas s'attendre à être traités respectueusement par leurs adversaires. Aussi les noms de brigands, de voleurs, de scélérats, d'imposteurs, d’enchanteurs, leur sont-ils souvent donnés, non-seulement parles Romains, mais encore par ceux des Juifs que ces agitations troublaient dans leurs intérêts ou dans leur quiétude. Il faut y prendre garde quand on lit les historiens contemporains; Joséphe, en particulier, ne se gêne pas pour employer le nom de brigands, sans autre désignation, quand il parle des Juifs restés fidèles à la lettre de la loi et aux traditions nationales. L’attente d’un libérateur, d’un Messie qui affranchirait Israël, était vivante dans les masses, et rendue plus vivante encore par la pesan-
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teur du joug de l'étranger. L'esprit de résistance était partout, et quand un homme, se donnant pour inspiré, venait faire un appel aux armes, il était toujours sûr de réunir un certain nombre d’esprits ardents et fanatiques, prêts à mourir et prêts à tuer pour la patrie et pour la liberté. Saint Paul lui-même fut pris un jour pour un de ces agitateurs, Act. XXI, 96. Joséphe raconte avec quelques détails (Antiq. jud. XX, 7; Guer. des J., II, 93, IV, 3) les circonstances dans lesquelles fut vaincu cet Égyptien, qui avait conduit 4,000 hommes au désert, et que l’on confondait avec saint Paul. Évidemment , tout cela n’était pas de l’ordre, mais on a le droit de se demander quels : étaient les vrais auteurs du désordre, les Juifs ou les Romains. Évidemment aussi, le mal et le bien se trouvaient étroitement liés, au point que les chefs de l'État pouvaient être amenés à confondre les Juifs fidèles, les humbles et tranquilles chrétiens, et les agitateurs qui, sous prétexte de religion, ne rêvaient qu'incendie et pillage; quand on arrivait à se faire entendre, on obtenait quelquefois justice, mais les rois demeuraient si loin du peuple, qu'ils entendaient rarement la vérité, et nous ne tarderons pas à voir quelles en furent les conséquences déplorables pour tous, chrétiens, Juifs et Romains.
Un des douze apôtres, Simon, frère de Jésus, paraît avoir appartenu d’abord à ce parti, Luc VI, 15; Act. 1, 13. Les autres évangélistes, Matthieu et Marc,
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lui donnent le surnom de Cananéen, qui a en hébreu la même signification que Zélotes en grec.
On voit par ce coup d’œil jeté sur la population de Jérusalem et de la Judée aux jours de Jésus-Christ, que les temps de Samuel et de David, que les beaux temps de la théocratie sont bien loin de nous. Jérusalem est devenue une ville moderne, une ville du siècle; on y retrouve à peu près tous les éléments dont se composent nos populations modernes. Plusieurs des partis ou dénominations dont il vient d’être parlé, ne représentaent pas peut-être des sociétés bien organisées ou bien déterminées ; les personnes qui connaissent l'importance des noms, savent aussi qu'ils ne désignent pas toujours quelque chose de fixe et de palpable, et qu'il y a plus que du vague en politique dans les noms de conservateurs, de républicains, de démocrates et de socialistes, en religion dans les mots de protestants, de catholiques , de Jésuites, de méthodistes, ou de rationalistes. Il faut temir compte de ce fait pour apprécier exactement quelles étaient les tendances diverses qui se faisaient jour à l’époque dont nous parlons.
Dans ces limites, et pour nous résumer, on peut dire qu'il y avait en Judée comme chez nous, d’abord une population toujours flottante d'étrangers, de Romains, de Grecs, de Syriens; puis une race mixte ou bâtarde, les Samaritains; puis, parmi les uifs pro-
prement dits, le paru de létranger, les Hérodiens ; un parti conservateur par principe et par religion, les Pharisiens, pieux ou non; un parti conservateur par peur ou par interêt, les Sadducéens, généralement libéraux en religion , indifférents, et par conséquent incrédules; un faible parti révolutionnaire, actif, les. Zélotes ; des docteurs toujours respectés, les Seribes ; des fonctionnaires généralement méprisés et méprisables, les péagers; des candidats à la bourgeoisie , les prosélytes ; enfin, une seule secte bien caractérisée, les Esséens, qui rappellent les Quakers encore plus que les moines, et dont les Thérapeutes étaient peut-être la forme égyptienne.
Sources : Reland, Antiq.; Drusius, De tribus sectis Jud.; Prideaux, Histoire des Juifs; Josèphe, Antiq. jud. et Guerre des Juifs; Hähner, Antiq. hebr.; Wetlstein, Nov. Test; Jahn, Archéol.; Buddæi, Hist. ecclés. Vet. Test.; Jost, Israelit. Geschichte; Ewald, Geschichte des Volkes Isr.; Preiswerk, Morgenland 1841; Nicolas, des Doctrines religieuses des Juifs; Salvador, Domination romaine en Judée; Bellermann, Ueber die Essäer und die Therapeuten: Philon, Quod omnis probus liber (le juste seul est libre); ÆEusèbe, Histoire ecclés., etc.
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