‹ L'époque des MaccabéesChapitre 4 sur 48 · PEL AR · texte numérisé non relu

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combien son absence est amère. Plusieurs psaumes (voy. surtout le CXXXVII) montrent combien étaient vifs chez les cœurs pieux, le sentiment de l'exil, et le désir d’une restauration.

La douleur faisait en silence son œuvre de régénération morale. Bientôt elle devait produire, en effet, le fruit paisible de la justice; et la patrie, longtemps voilée par le péché, allait reparaître à leurs yeux, ruinée sans doute, mais puissante encore pour se relever de ses ruines.

Nébucadnetsar avait eu ses songes, et Daniel ses visions. Ceux qui avaient présidé à la ruine de Jérusalem étaient allés rendre leurs comptes à Dieu. Nabopolassar était mort, Nébucadnetsar était mort; Evilmérodac et Nériglissar étaient morts aussi. La célèbre Nitocris était devenue la reine-mère sous le règne de Belzatsar. Jéhojachin n’était plus. Cyrus avait vaincu Crésus sur les. bords de lHalys, et s’en était fait un ami. Cyrus, dont la naissance datait du commencement de la captivité, comme si Dieu eût voulu préparer la délivrance au moment même où commençait le châtiment, Cyrus joignait territoire à territoire, province à province; ambitieux pour son oncle Darius, il voulait encore entasser couronnes sur Couronnes. La mauvaise administration de la cour corrompue de Babylone permettait de prévoir, dans -un avenir peu éloigné, une révolution et l’avénement

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d'une race plus jeune et moins énervée. Cyrus était trop guerrier pour ne pas être tenté par l’appât d’une pareille proie. L’agonie d’un pareil malade lui faisait convoiter son héritage. Il met le siége devant Baby- . lone; les travaux du génie détournent le lit du fleuve, et Belzatsar est tué. Il voulut bien écouter, mais trop tard, les paroles de la sagesse divine parlant par la bouche de Daniel. Darius monte sur le trône, mais âgé, usé, sans imtiative, 1l ne fait rien pour son peuple, et laisse jeter son ami Daniel dans la fosse aux lions. Il meurt l’année suivante, et Cyrus alors, après avoir conquis tant de couronnes, les fond en une seule, et monte sur le trône de cet immense empire qu'il a créé. Il commence la seconde monarchie, celle des Perses succédant à celle des Babyloniens, celle de l'ours succédant à celle du lion. (Daniel VIE)

L'une des premières mesures de son gouvernement fut le fameux décret qui clôt l’histoire des Chroniques, et que nous retrouvons en tête du livre d'Esdras, décret d’amnistie, de liberté de conscience et de réparation. C'était, de la part du maître, un décret de joyeux avénement; c'était peut-être aussi un acte de foi. L’historien Josèphe raconte que ce fut la lecture du prophète Ésaïe (XLIV, 28; XLV, 1) qui exerça sur l'esprit du roi conquérant cette salutaire impression * : heureux autant que surpris de voir que son nom était

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