‹ L'époque des MaccabéesChapitre 5 sur 48 · Antiq. jud., Liv. IX, chap · texte numérisé non relu

Antiq. jud., Liv. IX, chap

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populaire parmi les Juifs avant même qu'il fût au monde, il s'empressa de réaliser leurs espérances, et fitacte d’obéissance envers «l'Éternel, le Dieu d'Israël, le Dieu qui habite à Jérusalem,» foi ignorante, foi obseure, lumignon -fumant, que nous ne pouvons juger, et qui ne doit pas nous surprendre chez un homme qui sort du paganisme et qui a eu pour maîtres en la foi des Israélites dont l'idée fixe était la patrie et la reconstruction du temple. Il dit : l'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre. Il dit encore : l'Éternel m’a ordonné: et il obéit. Un Hébreu n'aurait pu faire davantage. Il obéit, et sans le savoir encore, il accomplit une autre prophétie, celle des soixante et dix années de Jérémie. Dieu, sans doute, acheva son œuvre dans le cœur de celui qu'il avait appelé son Oint, son Berger, «pour qu’il connût qu'il est l'Éternel, et qu'il n’y en a point d'autre.»

Des millions de Juifs habitaient la terre étrangère; bien peu d’entre eux profitèrent de la liberté qui venait de leur être accordée. Presque tous étaient nés en Babylonie ; leur patriotisme et leur foi s’en ressentient. Une première caravane, de 42,360 personnes, se composait de ceux «dont Dieu réveilla lesprit;» ils se mirent d’abord en marche pour la Terre-Sainte, accompagnés de 7,800 serviteurs, de 736 chevaux, de 245 mulets, de 435 chameaux, et de 6,720 ânes, chargés des dons des Hébreux: or, argent, provisions de

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toute nature; emportant avec cux ce qui élait plus précieux que tout le reste, les milliers de bassins d’or et d'argent, vaisseaux du temple, et ustensiles divers, que Nébucadnetsar avait emportés de Jérusalem, et que Cyrus fit restituer à leur propriétaire légitime; il les remit entre les mains de Sesbatsar ou Zorobabel, prince de Juda, chef politique de cette caravane, qui allait fonder une colonie sur les débris d’une patrie. Zorobabel était fils, ou plutôt petit-fils de Salathiel, fils de Jéhojachin, avant-dernier roi de Juda. «Sa force, dit le prophète, sera non une armée, mais l'Esprit de l'Éternel» (Zacharie IV, 6). Le fait de son origine royale est incontesté, comme 1l est incontestable; mais 1l y a des incértitudes sur sa généalogie; il est appelé fils de Pédaja (1 Ghron. IE, 19), et les noms de ses enfants ne sont pas partout les mêmes.

Les questions généalogiques, de même que les questions chronologiques de cette époque, et, en général, de l’histoire ancienne, deviennent toujours plus compliquées à mesure qu’on veut les approfondir davantage, et l’on doit reconnaître qu’elles sont aussi insolubles que peu intéressantes. Nous ne nous y arrêterons pas; chacune exigerait un ouvrage spécial, et d’ailleurs n’aboutirait pas. Disons seulement, pour n'y plus revenir, que les listes généalogiques bibliques, dressées presque toujours en vue d’un dessein particulier, ne donnent jamais la succession complète de tous les noms d’une race, mais seu-

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lement les plus saillants au point de vue du but que se propose l'écrivain; que souvent un même individu portait deux noms différents (Sesbatsar ou Zorobabel, Joad ou Jéhojadah, Jéhoachaz ou Achazia, etc.); quelquefois trois (Jéchonias, Jéhojachin, ou Chonja); et que souvent, enfin, le même nom unique servait à désigner des personnes différentes (Darius, Xerxès, etc.). Si la solution de la difficulté ne se trouve pas dans un ou l’autre de ces trois faits, il faut renoncer à la chercher; il y a erreur de l'écrivain ou au copiste, et la manière dont étaient tenus les registres de l’état civil, ou ce qui en tenait lieu à ces époques de trouble, : ne laisse aucun droit d'espérer qu'ils puissent jamais se rectifier ou se retrouver après un intervalle de plus de vingt-trois siècles.

Ajoutons que l'histoire profane, survenant avec d’autres noms encore, augmente les difficultés au lieu d'aider à les résoudre. Des trois Artaxercès de l'Écriture, l’un s'appelle dans lhistoire profane le faux Smerdis, ou Spendata, ou Oropaste; l'autre probable- ment Xerxès, l'époux d’Esther,; l’autre Artaxercès Longuemain. Parmi les trois Darius, l’un serait Darius-le- Mède, l'autre Darius, fils d'Hystaspe; l’autre, enfin, Darius Nothus. Des trois Assuérus, l'un serait Astyagele-Mêde, l'autre Cambyse, le troisième peut-être encore Xerxès, l'époux d'Esther. Mais on n'ose rien affirmer, et pourtant ici nous avons encore le contrôle de l'Histoire sainte.

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Plus tard, au milieu des incertitudes des historiens profanes, qui fourmillent d'erreurs, on se perd, en Égypte, dans les Ptolémée et les Cléopâtre; en Syrie, dans les Antiochus, les -Séleueus et les Démétrius. Ajoutez-y que les rois de Syrie et ceux d'Égypte ont, les uns et les autres, l'habitude de se décerner des surnoms élogieux et caractéristiques, qui se retrouvent les mêmes dans lun et dans l’autre pays; Philopator, Épiphanes, ete., tandis que leurs peuples leur donnent d’autres surnoms, quelquefois moins flatteurs, mais qui n’en demeurent pas moins acquis à l'histoire; Évergète, au moins l’un des Évergètes, s’appellera Physcon. La Syrie a pour sa part au moins trois Nicator, deux Sidétès, tandis que l'Égypte à des Évergètes, des Philadelphe, des Philopator, des Philométor, au milieu desquels on a bien de la peine à trouver, et surtout si on l’a perdu, à retrouver son chemin.

‘Quant à la chronologie, nous ne citerons qu’un seul exemple des incertitudes qui règnent sur cette époque, et dont la cause principale se trouve peutêtre dans la manière différente de compter le temps chez les différents peuples de lantiquité, dans les ères - qui varient suivant lés pays et suivant les historiens, et surtout dans l'absence totale d’une histoire vraiment digne de ce nom. Zoroastre, le fameux fondateur ou le réformateur de la secte des mages, cet homme qui pendant des siècles a rempli de son nom, de son im-

portance et de son autorité, toute l'Asie, vivait, suivant les uns, au sixième siècle, suivant les autres, cent ans plus tôt; si l’on ignore l’époque exacte à laquelle parut cet homme si remarquable, si lon ignore et sa famille et son pays, si les recherches à cet égard sont inutiles et sans résultat, on peut comprendre la presque complète inutilité des recherches chronologiques sur d’autres points moins importants, soit de l'Histoire sainte, soit de l'Histoire profane. Nous laisserons done ce travail aux hommes spéciaux, nous contentant de glaner parmi les résultats de leurs recherches ceux qui paraissent le plus définitivement acquis à lhistoire.

Zorobabel, avons-nous vu, était le chef politique de lPémigration. Le chef religieux était Jésuah ou Jéhosuah, fils de Jéhotsadac, de la souche d’Aaron et d'Éléazar; il se montra digne de sa tâche.

Les tribus de Juda et de Benjamin furent celles qui fournirent le plus fort contingent à la nouvelle colonie; elles avaient été déportées les dernières, et n’avaient pas encore eu le loisir de se façonner au joug; les autres en avaient davantage pris l'habitude. Des vingt-quatre classes de sacrificateurs de la tribu de Lévi, qui avaient été transportées à Babylone, il n’y en eut que quatre qui retournèrent au pays (Esdr. Il, 36- 99). Plusieurs individus isolés, quelques familles même des autres tribus se joignirent aussi à l’expédition, comme il paraît par divers passages (1 Chron. IX, 9),

et par quelques indications du Nouveau Testament (Luc IL, 36; Jacq. L,1; Act. XXVI, 7). Mais le plus grand

nombre, devenus propriétaires fonciers, étaient devenus indifférents : ils gazèrent leur indifférence du voile de la philosophie; puis ils dédaignèrent leur religion; puis, avec la religion, le patriotisme même disparut, car Moïse avait indissolublement uni l’une à l’autre. Ces dix tribus restèrent donc dans l'exil, et nous les. y laisserons. L'histoire des Juifs dans la période qui nous occupe ne les concerne pas, et nous n'avons pas à suivre leurs destinées. Avant de les quitter cependant, rappelons qu’elles ont existé, et que leurs descendants doivent exister encore : (Quant aux autres tribus, dit l'historien Josèphe (Antiq. jud. XI, 5), elles sont demeurées au delà de l'Euphrate, et il est presque incroyable combien elles se sont multipliées.» Mais que sont-elles devenues? Sont-elles au milieu des Tartares et des Mongols, comme le pense Blumhardt ? ou dans la Scythie voisine de l'Inde, comme laffirmait, au douzième siècle, le célèbre prêtre-roi Jeanle-Nestorien? ou dans les montagnes du Kurdistan, comme Grant le suppose? ou chez les Afghans, ainsi que l’affirme le voyageur Burne, et, après lui, le missionnaire Carey, et le missionnaire Marshmann, beaupère du général Havelock? ou dans les montagnes du Thibet et en Chine, comme le croit le missionnaire Wolff? Gutzlaff a découvert en Chine une petite co- Jonie de vrais Israélifes, qui paraissaient tellement

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