‹ L'époque des MaccabéesChapitre 40 sur 48 · Lévitiq. XXI · texte numérisé non relu

Lévitiq. XXI

furent attaqués par Ventidius, un des généraux d’Antoine et repoussés au delà de l'Euphrate, dans une bataille mémorable qui fut le commencement de la fin pour les Maccabées comme pour les Arsacides. Antigone fut réduit à tenir seul la campagne contre onze légions romaines, six mille hommes de cavalerie , et de nombreuxauxiliaires syriens. Il devait succomber, mais il ne tomba pas sans gloire. La guerre fut longue; un des frères d'Hérode, Joseph, y perdit la vie. À la fin le roi maccabée fut bloqué dans sa capitale ; il soutint pendant cinq mois, avec toute l’énergie du désespoir, un siége conduit avec vigueur par Hérode en personne, et par Sosius, que Marc-Antoine avait envoyé à son secours. Soit pour braver son ennemi, soit pour charmer les ennuis du siége, Hérode profita de ce moment pour épouser à Samarie, Marianne , sa fiancée , la nièce d’Antigone. Après avoir causé aux assiégeants des pertes graves etnombreuses, les Juifs finirent par succomber; Jérusalem ouvrit ses portes (an 37), jour pour jour vingt-six ans après que Pompée eut pris le temple. Hérode put mettre sur sa tête la couronne des Maccabées, trempée du sang de ses futurs ue Rome le luravait permis. Quant à Antigone, conduit en présence de Sosius, il versa des larmes amères ; le général romain insulta son prisonnier, l'appelant Antigona, à cause de sa sensibilité féminine. Josèphe (Antiq. jud. XIV, 28) ne trouve rien à dire en faveur du dernier des rois de sa race; il lui re-

proche Cune conduite indigne de sa fortune passée», et ne comprend pas qu'un héros, après trois ans d’une lutte inégale et désespérée, après cinq mois d’un siége vaillamment soutenu contre les plus puissantes armées du monde, puisse pleurer sur le sort de sa famille et de sa patrie, sans qu’on ait le droit de soupçonner sa valeur. Antigone avait le droit de pleurer; 1l allait périr, ne laissant plus de sa nombreuse famille que le vieil Hyrcan, Alexandra sa fille, et les deux enfants de celle-ci, Marianne et Aristobule; il pouvait même prévoir que bientôt il n’en resterait plus un seul. Pour son pays c'était une révolution : ce n’était pas seulement un changement de règne ou un changement de dynastie, c'était l’avénement d’une race nouvelle, étrangère au pays, dont l'assimilation nationale et religieuse avait été artificielle , forcée, et non sincère ; c'était la race vaincue montant sur le trône des vainqueurs, et pouvant enfin satisfaire de vieilles inimitiés et de vieilles rancunes; c'était le fruit amer des annexions d'Hyrcan. |

Antigone fut conduit à Antioche chez Antoine; mais Hérode, craignant que son ennemi n’échappât, ou ne réussit à intéresser le sénat de Rome, n'eut de repos que lorsque, au moyen d’une fi te. somme d'argent (multa pecunia, dit Josèphe), il eut décidé Marc-Antoine à le mettre à mort. Le triumvir, qui venait de jouer à Rome avec la tête de Cicéron, n’hésita pas ; il fit publiquement décapiter le roi vaincu,

quoique, ajoute Plutarque, il n’y eût jamais eu de roi puni de cette sorte. Josèphe le Juif est le seul auteur contemporain que n'ait pas révolté la cruauté d'Hérode et d'Antoine ; il trouve dans cette exécution «le digne châtiment que la Acheté d’Antigone avait mérité » (Guerr. d. Juifs, [, 13). Et Joséphe se donne pour un descendant des Asmonéens !

Hérode dès lors eût pu dormir tranquille, mais il lui restait sa femme et sa belle-mère; nous les re- . trouverons bientôt.

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