‹ L'époux parisienChapitre 6 sur 18 · MOYEN DE PARVENIR · texte numérisé non relu

MOYEN DE PARVENIR

Avoir une femme jeune , jolie, coquette et galante ; fermer prudemment les yeux sur ses intrigues journalières , recevoir même avec une certaine cordialité ceux qui vous font l'honneur de visiter madame ; voiià le vrai moyen pour un mari d'arriver aux emplois lucratifs , d'avoir une table abon-

damment et délicatement servie, et de se procurer toutes les aisances et tous les plaisirs dont on jouit dans la capitale. 11 est vrai que cet excellent mari sera traité de bonhomme; et que son nom deviendra sinonyme de celui de

c Mais, à ces petits désagré-

mens près , l'abondance régnera dans sa maison , il sera fêté et recherché partout , et le Pactole roulera autour de lui ses paillettes d'or ; à l'appui de cette assertion , qui depuis long-temps a acquis la force delà vérité , voici uneanecdocte qui rentre dans ce sujet.

Certain jeune avocat , affame' de procès, N'avait ni client ni cliente;

Eu vain ilbalavait chaque jour le palais, Et disait à la gent plaidants :

PARISIENNE. lj^

« Chez moi , Messieurs , on e'crit proprement ; « En nouveau Cice'ron je plaide éloquemment j « Le tout à juste prix. » Il employait la force

De maint autre raisonnement.

Autant en emporte le vent; Pas le moindre plaideur ne venait à l'amorce. Comment faire? On le raille impitoyablement. Écoute , te voilà dans un âge nubile , Lui disait l'autre jour un de ses bons amis, Il faut te marier , et c'est là mon avis :

Alors tout te sera facile.

Faute de mieux, ce remède aigre-doui Fut accepté par l'avocat docile ; Il promit de porterie beau titre d'e'poux.

Pendant qu'une femme on lui quête, Un jour l'ami railleur vint lui parler ainsi :

Je sais que ton hymen s'apprête.

Les affaires , dis-moi , viennent-elles aussi ? Oh! bientôt, répondit notre futur mari ,

J'en aurai par-dessus la lêle.

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