EXPLORATION DE LA FONCTION RÉNALE PAR LES ÉLIMINATIONS PROVOQUÉES
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Le principe de cette méthode remonte déjà à plus d’un siècle.
En 1820, Hahn remarquait que chez certains goutteux, l'essence de térébenthine ne communiquait pas à l'urine l'odeur de violette comme elle le fait habituellement chez les sujets normaux.
En 1837, Rayer observe que l'absorption d’asperges ne rend pas malodorantes les urines des néphrétiques.
Todd, Charcot montrent que le passage dans l’urine de certains médicaments est retardé, prolongé ou diminué sous l'influence de lésions rénales.
Il semblait donc, de ces remarques, résulter la possibilité: d'explorer la fonction rénale par l'injection ou l’absorption d’une quantité déterminée de substances étrangères que l’on pourrait ensuite retrouver et doser dans l'urine,
Partant de cette idée, divers auteurs utilisèrent dans ce but un certain nombre de substances.
C’est ainsi que furent successivement employés :
La fuchsine (Bouchard).
Le bleu de méthylène (Achard et Castaigne, Guyon et Albarran).
Le trisulfonate de rosaniline (Lépine).
L'iodure de potassium (Bard).
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La phloridzine (Albarran et Delamarre).
L'indigo-carmin encore utilisé. en Allemagne pour la
chromocystoscopie.
Parmi toutes ces méthodes, une surtout a été longuement
étudiée et longtemps mise en pratique :
L'épreuve du bleu de méthylène.
Elle mérite quelques mots dans notre étude aussi bien en légitime hommage aux services qu’elle a pu rendre qu’à titre critique, donc justificatif de son remplacement par une : nouvelle venue : l'épreuve de la P. S. P., plus commode et
plus précise.
Epreuve du bleu de méthylène.
Etudiée par Achard et Castaigne dans les affections médicales des reins, appliquée par Guyon et Albarran à la chirurgie urinaire, elle consiste essentiellement à injecter en pleine masse musculaire cinq centigrammes de bleu de méthylène en solution dans un centimètre cube d’eau stérilisée.
La vessie est soigneusement vidée au moment de l'injection.
Les urines sont ensuite recueillies une demi-heure, puis une heure après l'injection. On espace ensuite ce prélèvement qui n’est plus effectué qu'à des intervalles réguliers, séparés par plusieurs heures, jusqu’à ce que le bleu ait complètement disparu des urines.
Chaque échantillon est recueilli dans un verre spécial. Le bleu s’élimine soit sous forme de bleu, soit sous forme de chromogènes que l’on transforme en bleu par l’action de l'acide acétique à chaud, Ç :
A l’état normal, le bleu apparaît dans l'urine une demiheure ou une heure après l'injection.
L’élimination augmente ensuite rapidement pour atteindre son maximum vers la 3° ou la 4° heure.
Puis elle décroît peu à peu pour disparaître de 48 à 70 heures après l'injection.
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La marche de l'élimination est cyclique et régulière.
Anormalement, elle est polycyclique passant par deux ou trois stades d'élimination maxima.
Normalement, au bout de 24 heures, ? centig. 1/2 de bleu doivent se retrouver dans les urines sur les 5 centigrammes injectés.
Le dosage du bleu dans l'urine peut se faire soit en dosant la quantité exacte de bleu éliminé, soit au moyen du colorimètre de Pasteau, soit au moyen de tableaux graphiques arbitrairement établis, sur lesquels on note la coloration des verres d'urine :.
Forte, moyenne, faible, minime, nulle.
Inconvénients.
1° Longueur de l'épreuve qui immobilise le sujet pendant parfois 48 heures, en l’obligeant dans certains cas à des cathétérismes répétés.
2° Un même sujet éliminera pendant le même temps 4 ou » fois plus de bleu, s’il est couché que s'il est debout.
3° Dosage chimique prolongé.
4 Complication nouvelle quand le bleu s’élimine sous forme de chromogène.
5° Plus grande difficulté d'interprétation des résultats au colorimètre quand une polyurie exagérée a dilué trop considérablement le bleu excrété. À
6° Impossibilité du fait de la longueur de l’épreuve de l’appliquer au cathétérisme urétéral qui donne la plus grande précision possible à un examen pré-opératoire.
7° Enfin, principal écueil de cette épreuve : l'élimination du bleu est accélérée par les états chlorurémiques concomitants. Par conséquent, son utilisation sera insuffisante à pré-
ciser la fonction uréique du rein capitale en chirurgie urinaire.
cage
Causes d'erreur.
Impossibilité d'établir un rapport exact entre la quantité de bleu injectée et la quantité RAPeUse une ar étant
soumise à l’action du foie.
Difficulté d'interpréter, de manière précise, certains troubles de l'élimination : les éliminations polycycliques ne contreindiquent pas fatalement une MIE EAUOR mais comportent un pronostic plus réservé.
Une prolongation de l'élimination ne constitue pas toujours forcément une cause d’abstention opératoire. Cette prolongation résulterait pour Albarran et Bernard de polyuries réflexes ou d’hypertrophies compensatrices.
Dans certains cas, il y a absence d'élimination presque complète du bleu sans qu’on sache au juste à quelle cause rattacher cette anomalie.
Aussi « la variabilité des conditions dans lesquelles on a observé l'absence complète de bleu, empêche-t-elle de lui accorder une valeur séméiologique déterminée » (Albarran).
Et Castaigne, à son tour, pouvait-il écrire cette phrase assez restrictive : « L’élimination retardée ou prolongée du bleu de méthylène aide grandement à porter le diagnostic de néphrite chronique urémigène ». |
Cette épreuve, dès lors, qui fut une des plus usitées, perdit peu à peu de sa faveur en raison même de ses inconvénients techniques et de l'insuffisance de ses renseignements.
Avec elle, semblaient donc définitivement abandonnées, en chirurgie urinaire surtout, les méthodes d'exploration de la fonction uréique du rein par les éliminations colorées, quand l’apparition de la P. S. P., remit en honneur ces méthodes.