‹ L'épreuve [microforme]Chapitre 17 sur 36 · TOME. aéfindecerne 2éduras · texte numérisé non relu

TOME. aéfindecerne 2éduras

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— J'ai le plaisir de vous annoncer que votre oncle le curé vient veiller ici ce soir...

— Vous l'avez vu ?

- Oui, nous l’avons rencontré, Edouard et moi ;

il doit être ici à 8 heures... — Alors ce sera bientôt, car quelle heure est-il ? —Huit heures moins cinq, mademoiselle...

Edouard apparut sur la terrasse et se dirigea vers eux, en répondant à sa mère qui lui parlait de la fenêtre...

— Violette, le serein pourrait te faire du mal; maman s'inquiète et demande quenous entrions...

—En effet, mademoiselle, la soirée est un peu fraîche, dit Rodolphe, et si vous permettez...……. Il lui offrit le bras qu’elle prit de bonne grâce en le remerciant. Arrivés au salon, Violette, invitée à se mettre au piano, dut s’exécuter pour parer au contretemps et se montrer aimable. Rassemblant alors tous ses souvenirs et tous 44Ss moments délicieux passés en compagnie de Paul, à cette même place, elle exécuta avec toute son âme, le duetto de Mendelsohn, qui les avait fant rêver bien souvent tous les deux.

Rodolphe était enthousiasmé, ne se taisait pas en flatterie eü en exclamation. Il croyait à un réveil dans le cœur assoupi de la jeune fille qui lui avait été jusque là indifférente.

Il se trompait pourtant, Viciette jouait cette musique pour la première fois @epuis le départ de Paul, et jamais elle ne se sentit plus près de lui qu’à ce moment, où toutes leurs amours ont repassé suaves, divines et éternelles...

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— Quelle délicieuse musique, mademoiselle, et que d’expression vous y mettez, qui nous la fait mieux goûter en nous rendant rèveur, dit Rodolphe...….….

—Oui, dit Violette, c’est une belle musique qui peut attendrir les forts, et qui console aussi en les rendant moins souffrantes, les Aines tendres qui vivent Au passé...

— Allons, Violette, vous êtes trop jeune pour ne pas espérer un avenir heureux. Un sourire, un mouvement de vos ‘.vres, un signe, un seul regard affectueux et vous voyez tous les hommes À vos genoux...

—C’est peine perdue, monsieur, mes yeux s’obseurcissent, mes lèvres sont closes, mon sourire est épuisé comme moi-même du reste, j'ai froid au cœur !

—Voyons, Violette, comme vous êtes sombre ; on dirait un langage de mort, tellement il y a de ténèbres dans vos accents...

—Oui, Rodolphe, le deuil est dans mon âme !

Madame Monteil entrait au salon à ces dernières paroles, qu’elle n’entendit pas, mais dont elle devina la tristesse par la physionomie abattue de sa fille et par celle de Rodoiphe.……

—-Le curé ne viendra pas, dit-elle, il est S heures 20 et il devait être iei à S heures.

--[l viendra sûrement, dit Rodolphe, il doit être retardé quelque part. J'irai au-devant de lui avec Edouard et nous revenons bientôt en sa compagnie. Il sortit.

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La mère est restée seule avec sa fille...

—Mon enfant, dit-elle, es-tu si éprouvée, qu’il n’y ait pas de remède à ton mal, et que tu me rendes malheureuse avec toi ?

—Ma bonne mère, dit Violette, mon âme est profondément déchirée..……..

La mère, en un effort suprême, se dressa, et au travers de ses larmes on put apercevoir encore la

— C'est vrai, Violette, et si jusqu'ici j'ai redouté l'émotion de laisser parler mon Cœur, écoute en cet instant la supplication que je ne puis retenir plus longtemps et que je te veux faire au nom de ton bonheur et du mien: Redeviens, ma fille aimée, la gaie et affectueuse Violette d'autrefois, reprends ce bon sourire, ce doux regard, rends-moi les baisers et les caresses que doit un enfant à sa mère, Hélas! ma fille, tu te laisses mourir et tu me tues avec toi !!

— Pauvre mère, ne pleurez pas, vous êtes trop bonne pour souffrir. Se pourrait-il que le destin m'ait frappée et que ce coup nous soit fatal à toutes deux ? Conservez votre vie, je veux, oui, je veux faire des efforts pour reconquérir la mienne qui chancelle et vous consoler...

—Sois bénie, mon enfant, que Dieu exauce mes prières de te voir revivre, ma petite Violette que

j'ai esnnue si bonne, si affectueuse.

— Vos paroles me font du bien, me consolent presque, si toutefois il est des consolations pour les catastrophes que rien ne peut racheter en aucun genre,

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—-Oui, ma fille, cela se peut ; un long et sérieux exercice de ta raison pourra affermir et modifier ton âme afiligée...….

—Ah ! ma mère, j’ai perdu un ami et un mari en un jour ; c’est beaucoup, et il a de quoi hriser un cœur moins sensible que le mien !

L'on entendit des pas au dehors et l’on crut reconnaître la voix d’Edouard |

— Allons, ma fiile, calme-toi, dit la mère, voilà le curé qui nous arrive,

Le curé était entré avec les deux jeunes gens, avait embrassé sa sœur, sa nièce, et s'était assis dans un fauteuil tout près de lui, paraissant anxieux d’entrer en matière et d’aider à ramener au plus tôt l’équilibre dans l’existence brisée de la famille. Violette contenait à peine sa tristesse qui se reflétait sur sa figure, Madame Monteil semblait rassurée par la confiance que lui inspirait son frère le curé, mais son affliction la trahissait.

—Eh bien, ma sœur, dit le curé, comment eston ici ; la franche gaieté et la bonne humeur règnent-elles toujours en maîtresses au logis ?

—Ah ! mon cher frère, nous traversons une crise terrible, mais il faut espérer que les beaux jours reviendront bientôt...

—Pauvre mère, dit Violette, je suis plus navrée encore d’être la cause de votre chagrin, mais mon

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