‹ L'épreuve [microforme]Chapitre 20 sur 36 · ESS · texte numérisé non relu

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heureusement la nuit favorise si bien le malfaiteur, qu’il échappe souvent au châtiment.

Dans ce cas-ci la Providence semble être intervenue en livrant à la justice, mais trop tard, hélas ! pour déjouer le projet sinistre, l’accusé en cette cause à qui une lettre du meurtrier était adressée.

‘ Le porteur de cette lettre en ignorait le contenu, et il a agit innocemment dans toute cette affaire. Le complice assassin crut sage de lui confier la missive et de se retirer lâchement des lieux. Dieu a permis que ce messager, intermédiaire inconscient entre deux malfaiteurs, fût un disciple de Bacchus, un rôdeur retardataire de la nuit qui, le matin, assiste au lever du soleil dans une cellule. On découvre sur lui la lettre adressée à l’accusé et conçue ainsi : ‘* Monsieur, mon œuvre est accomplie, le coup fatal est porté. J'ai en effet rencontré à l’endroit indiqué la personne que je reconnus comme celle dont vous m’aviez donné le signalement. Après une courte lutte acharnée, l’homme est tombé, mais craignant qu’un seul coup ne causât qu’un étourdissement temporaire, j'en portai un deuxième qui lui défonça le crâne. Votre Martin est sûrement mort ! ??

‘ Ce n’est donc pas le prisonnier qui serait le meurtrier, Messieurs les jurés, vous examinerez avec attention ce qui a été dit et prouvé au cours de ce procès, sur la camaraderie singulière qui existait entre la victime et l’accusé. Con-

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