LES
LS
LS LS
LS LS
LS LS
ui
santé et que tu m’eusses priée d’épouser un autre que toi, je l’aurais fait peut-être pour t’obéir, mais en devenant plus malheureuse encore. Tandis que maintenant, me trouvant dans l’impossibilité de faire ce malheur irréparable je vais mourir avec le souvenir non altéré de notre amour.
‘€ J’étouffe, je te quitte, ne sois pas triste, car je resterai dans l’autre vie ton amie, ton affectueuse fiancée,
‘ Je mets mes lèvres sur ton cœur.??
15 août 188...
‘ Je viens de passer une nuit atroce. Le docteur sort d’ici ; il a constaté un échec complet de tous les médicaments. A l’état abattu de sa physionomie, j’ai vu le signe précurseur d’un événement fatal, et je lui ai demandé s’il me restait encore quelques jours à vivre.
‘6 ___ Mademoiselle, répondit-il, vous êtes très malade, il vaut mieux que vous le sachiez.. …. ‘6 __ Merci, docteur, je le savais et je ne m’alarmais pas, Car je ne dédaigne pas mourir.
‘€ Tu vois, mon cher Paul, où j’en suis. Combien je souffre de ne plus me sentir la force de t’écrire !
“Je vais donc mourir, mon bien-aimé. et te laisser seul sur cette terre de misères pour pleurer ton malheur. Si mon souvenir cst quel-
‘ que chose à ton cœur, tu ne demeureras pas ‘ tout-à-fait seul ; tu parleras à mon âme qui te ‘ sourira doucement dans l’autre vie... Enfin, ‘ c’est fini, je sens la mort envahir mon être et, ‘ malgré l’ingratitute des hommes, leur injustice,
‘ Jeur peu de charité, je sens une angoisse morale
‘et un regret sincère de fermer pour toujours ‘€ mes yeux à la lumière. Pourquoi ne pas tout ‘ avouer : oui, j'aurais voulu vivre, vivre pour ‘ t'aimer, contre tout le monde qui te méprise. ‘ Mais horreur, l’amour même, la souffrance ont ‘* épuisé ma vie. Bientôt ensevelie dans ma ‘ tombe, il ne restera plus sur ma dépouille que ‘ les traces de la douleur, sur mes joues les sillons ‘ qu’y ont fait les larmes...
‘ Je meurs désespérée, mais je ne suis pas ar- ‘ rivée à ce désespoir, sans avoir épuisé toutes les ‘ illusions... de
A ces derniers mots, écrits d’une main tremblante, elle avait éclaté en sanglots et s’était jetée
‘ sur son lit, épuisée et souffrante..…….
Madame Monteil et Edouard avaient accouru à son secours et étaient arrivés pour recueillir ses dernières paroles.
— Venez, ma bonne mère, dit-elle d’une voix affaiblie, entrecoupée par les larmes, venez embrasser votre fille qui ne sera plus bientôt. Pardon de vous avoir fait pleurer ; j’aimais et je me mourais. Pardon si je meurs ; Paul n’est plus !
Edouard, tu lui adresseras cette lettre. Dussiezvous croire à son innocence et me remplacer auprès de lui.
cs
rie
DR ee de eye,
CLR TI ITS
LE ee og ee