PRÉFACE XI
le bien final, par le mal qui corrompt, en montrant, à tous, ce qu’il faut souffrir souvent pour sortir de la boue et devenir honnête, la lutte enfin que subit une héroïne, avant de se ressaisir, car la vertu suppose un effort, puisqu'elle lutte et souffre pour le bien.
La femme a une telle organisation, un tempéramment si sensible, une âme si grande, que beaucoup d'auteurs ne lui font faire et dire que du bien, tout le long d’un roman, sans rendre celui-ci moins intéressant pour cela.
C’est que la femme de bien est sublime et commande le respect en attirant la curiosité. La monotonie est moins grande, si l'on y glisse un peu de son œuvre mauvaise — puisque c’est bien elle qui, entre temps, a inventé la trahison, l’appétit du lucre, le mensonge, et encore...— mais n'est-il pas suffisant de le savoir, sans qu’on l’écrive pour l’irriter davantage, mériter sa haine et nous la faire moins aimer. Oublions tout cela et adorons-la, puisque les dieux lont faite... c'est encore, ce qu’ils ont fait de mieux, à dit Banville.