‹ L'épreuve [microforme]Chapitre 5 sur 36 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Quoi qu’on dise, le romantisme a peu dévié du point de départ, peu changé, peu amélioré sa nature. De tout temps, l’écrivain a saisi et mis en scène les sentiments les plus différents en harmonie avec les circonstances les plus diverses. Toujoursil a su mettre en relief l'élévation de l’âme, la noblesse de caractère, ne manquant pas d'admettre aussi so1gneusement en ligne de compte, l’influence de tous les mouvements honteux et égoistes du cœur humain. Dévouement, héroïsme, diplomatie, hypocrisie, intrigue ou perfidie, tout a toujours servi, et différemment selon les lieux, les circonstances et le but visé.

On a, de tout temps, fait de la psychologie, avec cette différence qu’autrefois on en faisait tout naturellement, parce que chaque sujet en comporte, et qu'aujourd'hui on se dit qu’il en faut et qu’on en veut trop faire.

Longus n’analysait pas le sentiment de Daphnis et Chloé, en leur faisant dire que :

‘“ Pour sûr, il devait y avoir quelque chose de plus que le baiser,” mais la psychologie de ce sentiment ne se développe-t-elle pas, et sans effort, dans l’esprit du lecteur le moindrement expérimenté ?

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