‹ L'équipage du diableChapitre 12 sur 30 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les bureaux de rédaction d'une feuille à grand tirage ne sont pas ce qu'un vain peuple pense.

Il y a peut-être encore des gens assez naïfs pour se figurer que les journaux se font tout seuls, que les journalistes passent leur temps à boire des bocks ou à courir les petites actrices, et qu'ils écrivent leurs articles sur les tables des cafés ou sur les guéridons en bois de rose des boudoirs capitonnés.

Quels yeux ouvriraient les bourgeois rangés, si on leur montrait ces laborieux courbés sur une feuille de copie ou sur une épreuve, à l'heure où les gens qui se prennent pour des travailleurs dorment dans un bon lit ; s'ils assistaient à l'éclosion d'une chronique pondue par son auteur, au milieu du bruit et des allées et venues, s'ils voyaient à l'œuvre les forçats du Fait-Divers , qui ne manquent ni un incendie, ni une exécution, et qui, entre temps, se creusent la cervelle pour extraire dix lignes payées d'une histoire de chien enragé.

Un journal quotidien est un atelier où on brasse des idées du matin au soir et du soir au matin, un atelier où on ne fête ni le dimanche, ni le lundi; et il arrive de temps en temps que les ouvriers y meurent à la peine.

Qn y rit pourtant, et surtout on y cause. C'est un en-

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