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étiez coupable ou innooent. Je ne considépais que le tort causé à mon vieux camarade par 1^ scandale de cette arrestation manquée.
m Bt depuis vous vous êtes placé à un autre point de vue? dit avee ironie d'Estelan.
wm Oui, car je ne doute plus de vçt^e innoeenee. J'en doute si peu que j'ai contribué personnellement & vous faire sortir de prison.
— • Vous raillez, je pense.
' -^ Pas le moins du monde. M. Aubijoux m'avait dit qu'on ne vous mettrait pas en liberté, tant que le gredin qui a commis le vol dont vous étiez accusé ne serait pas arrêté. J^ai rencontré œjiangouze dans un train de eber min de fer 0% il était monté pour gagner la frontière. J'ai averti la police et je l'ai remis aux mains des agents.
— Vous avez fait cela, vous? Dans quel but?
— Tout simplement pour obéir à ma conscience. Je savais que ce drèle était coupable et que vous pfttissiez pour lui.
Je ne vous dis pas cela pour vous disposer à une réconciliation, car je n'ai nulle envie de me réconcilier avec vous, surtout si vous ne renoncez pas à persécuter la fille de mon ami.
Et je ne vous cacherai pas quHl me serait assez doux de vous tuer, car en vous tuant, je supprimerais le seul obstacle qui s'oppose au bonheur de tous ceux que j'aime.
-^ Je vous remercie de votre franchise. Elle me dis^ pense de tenir compte de certaines considérations qui m'auraient peut-être retenu ^
-* Je vais la pousser plus loin encore^ Mon projet, il n'y a pas longtemps, était de débarrasser de vous mes amis en vous amenant à accepter une rencontre d'où vous ne seriez pas revenu, je vous l'affirme. Mais mon neveu m'a représenté qu'on ne manquerait pas de dire
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que je me suis battu en son lieu et place, et que, vous mort, il ne pourrait pas davantage épouser une femme que répée de son oncle aurait faite veuve. On chercherait à le faire passer pour un poltron et moi pour un spadassin.
Nous avons donc tout à perdre à cette rencontre, et je préférerais l'éviter. Mieux vaut cependant en courir les chances que de vous laisser vivre pour le malheur de Madeleine de Maugars.
Mon neveu ne l'épousera pas, mais du moins vous p'ar-« racherez pas à son père une pauvre enfant qui ne vous aime pas.
— Si j'avais hésité à user de mon droit, vos rodomon-? tades et vos menaces m'y décideraient. Je vous prie donc de me dire où et à quelle heure mes témoins rencontreront les vôtres et de me laisser sortir.
Je ne veux pas, dans l'état où est en ce moment la fille de votre ami, exiger qu'elle me suive; je ne veux même pas qu'elle assiste à une scène violente entre son père et moi. Je ne la verrai pas dans cet hôtel, mais je saurai bien la retrouver.
Allez la rejoindre, monsieur; allez rejoindre M. Je/ comte de Maugars,' et signifiez leur à tous les deux ma résolution qui est irrévocable.
Allez I Qu'attendez-vous? Elle soufire.., elle se meurt peut-être...
Souscarrière, visiblement émli, cherchait à cacher le trouble où l'avaient jeté les dernières paroles de ce d'Estelan qu'il ne pouvait s'empêcher de plaindre et d'estimer.
— Elle ne mourra pas, dit-il brusquement ; on ne meurt pas à son âge. Tenez-voUs à ce que nous nous coupions la gorge?
— Vous avez porté la main sur moi. La question que vous m'adressez est un outrage de plus.
— Ainsi, il faudra que l'un de nous reste sur le carreau, parce que la colère vous pousse aux résolutions extrêmes ?
Croyez-vous donc que je ne devine pas ce qui se passe en vous? Est-ce que vous ne sentez pas que ce duel est absurde?
Votre cœur et votre raison vous disent que vous n'avez rien à me reprocher, mais vous êtes irrité, et, dans votre juste irritation, vous cherchez à qui vous en prendre d'un malheur que vous ne méritez pas. Je comprends cela, et, si j'étais à votre place, j'agirais probahlement comme vous; mais je tâcherais de mieux choisir mon adversaire.
Vous voulez absolument tuer quelqu'un ? Eh bien I tuez le misérable qui vous a dénoncé à la police.
— L'homme qui m'a dénoncé I répéta d'Estelan. Si je le connaissais, je le traiterais* comme il mérite de l'être, mais je ne le connais pas, et alors même que je le connaîtrais, ce n'est pas sur lui que je me vengerais d'abord.
Ce dénonciateur doit être un coquin de bas étage... \un agent de police peut-être... il a fait son métier.
— Vous vous trompez, monsieur, dit Souscarrière. Cet homme n'est ni un espion payé par la police, ni un drôle sans importance. Il ne s'en est pas pris à vous comme il s'en serait pris au premier venu. En vous dénonçant, il avait un but.
— Vous voulez dire qu'il avait contre moi des griefs personnels, qu'il était mon ennemi. C'est possible, mais que m'importe I Ce n'est pas lui qui a détruit mon bonheur en^ me volant l'amour de ma femme.
— Non, mais il n'y a pas d'effet sans cause. Si on n'était pas venu vous arrêter le jour de votre mariage, vous seriez encore le plus heureux des maris^ car Madeleine de Maugars vous épousait sans arrière-pensée ; vous
méritiez qu'elle vous aimât et certainement elle aurait fini par vous aimer.
Si le parquet n'avait pas reçu une lettre anonyme qui lui signalait le changement de nom et la présence à Paris de Louis Yallouris, vous seriez à cette heure en pleine lune de miel, et mon neveu aurait déjà gagné ses galons de brigadier.
Yous ôtes-vous demandé d'où était parti le coup qui nous a frappés tous?
— Lorsque le juge m'a interrogé, je l'ai prié de me faire voir la lettre... ou plutôt les lettres, car il paraît que j'ai été dénoncé deux fois.
— Et ces lettres, le juge vous les a montrées?
— Oui. Elles sont toutes les deux de la môme écriture... d'une écriture que je n'avais jamais vue.
— Pas plus que vous n'avez vu l'homme, très probablement. Lui, vous a vu sans doute, mais ce n'est pas à vous qu'il en voulait.
— A qui donc, alors ?
— A M. de Maugars, votre beau-père.
— Et, pour se venger du comte de Maugars, il s'en serait prisa moi? f
— C'est peut-ôtre invraisemblable, mais cela est. Nous en avons la preuve. L'auteur de ces infamies à eu l'audace de se déclarer. Il a adressé à Maugars une sorte de manifeste où il se vante de ce qu'il a fait. Maugars l'a offensé, il y a vingt ans, et il a mis vingt ans à préparer une vengeance infernale.
— Nommez-le donc et je...
— Il n'a pas signé son épttre. Il annonce seulement qu'il se présentera bientôt pour se battre avec Maugars, mais je n'y compte guère et je le cherche. Voulez- vous m'y aider?
Et, sur un signe de dénégation que fit d'Estelan, Souscarrière reprit :
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— Ohl je ne vous propose pas de le chercher avec moij mais vous pourriez peut-être nie fournir des renseignements utiles.
Ce misérable savait évidemment rhisloife du vol commis à Marseille, chez le négociant Yernègue ; il savait que vous étiez rentré en France, que vous vous faisiez appeler d'Estelan et que vous alliez vous marier.
Ëhl bien, ce que je vous demande, c'est de rassembler vos souvenirs. Avez-vous mémoire d*un homme qui vous aurait connu autrefois à Marseille et qui vous aurait retrouvé à Paris, lorsque vous y êtes revenu après un long séjour au Mexique?
— Non, monsieur. Bien des gens m'ont connu à Marseille, mais depuis mon retour d'Amérique, je n^en ai pas rencontré un seul.
— Qui avez-vous vu à Paris?
— Personne, ou presque personne... Aubijoux à qui j'avais donné l'hospitalité à Mexico, et qui m'a reçu comme un vieil ami ; le baron de Neufgermain auquel j'étais recommandé par un de nos consuls... c'est dans son salon que j'ai été présenté à M. de Maugars, mais je n'y suis pas allé quatre fois.
— Et c'est tout ?
— Oui, j'ai d'abord vécu très retiré, et quand j'ai été admis chez le comte de Maugars, il y venait fort peu de monde.
— Ainsi, vous ne vous êtes jamais trouvé en face de ce Rangouze que j'ai fait arrêter?
— Jamais, j'en suis certain, car j'aurais reconnu en lui Rascaillon, mon compatriote, et je lui aurais parlé.
— Prunevaux, votre notaire, ignorait votre passé?
— Complètement. C'est Aubijoux qui m'avait adressé à lui, et je n'ai eu avec lui que des relations d'affaires.
— C'est ce que je pensais. Vous n'avez pas rencontré non plus un M. Frédoc?
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— Non.
— Ni ici, ni à Marseille?
— Nulle part. C'est la première fois ^tie j'e&tends prononcer ce nom -là.
Il y eut un silence. Souscarrière, voyant qu'il n'arrivait & rien, songeait à ramener l'entretien sur un sujet plus actUeh
— Monsieur, reprit-il, je vous prie de m'etCuser de vous avoir posé taut de (juestions, et je vous remercie d'avoir bien voulu y répondre. Maintenôntj jflu.
— J'y ai répondu , interrompit d'Estelan , pour vous montrer que j'étais de sang-froid, et qu'en exigeaiit de vous une réparation) je ne cédais pas à un emportement passager. Mais avant de nous sépai'er, je vous demande une réponse catégorique. A qUi devront s'adresser mes témoins et quand pUis-je les envoyer?
— Demain matin^ si vous voulez. D'ici là, je trouverai bien au Helder un ancien camarade pour me représenter et je Vous ferai savoir son nom et son adresse.»* lorsque vous m'aurez donné la vôtre.
— Tous pouvez m'écrire chez M. AubijoUx ^ boulevard Montmorency. Je ne sais pas encore où je logerai.
— Fort bien , monsieur. M. AUbijoul est Un (galant homme et vous ne pouveis pas mieux choisir. Je vous engage seuleiheut à le consulter sur le cas (|ui ta âous mettre les armes à la main. Peut-être vous donnera-t^il un bon avis.
Maintenant, permettez-moi de revenir à votre situation vis-à-vië du comte de Maugars et de sa fille> Je serai bref et vous n'entendrez ni récriminations, ni conseils. Je veut simplement tous éclairer sur certains points qui vous intéressent autant que moi et même davantage.
D'Estelan ne se départit point de sa raideur, mais il écouta.
— Je vous ai dit, reprit Souscarrière, que Mfiugars a
résolu de quitter la France et d*emmener sa fille avec lui.
Laissez-moi achever, je vous prie, sans m'interrompre; vous me répondrez ensuite, si vous jugez utile de me répondre.
Maugars, je ne vous le cache pas, a pris cette résolution, parce qu'il savait, depuis trois jours, que vous alliez 6tre mis en liberté et parce qu'il prévoyait que vous viendriez lui redemander Madeleine. Mais il n'a pas formé le projet de vous la cacher et de s'enfuir avec elle, comme l'amant d'une femme mariée s'enfuit avec sa maîtresse.
Un gentilhomme ne se cache pas ; un gentilhomme ne se sauve pas. Il fait tout au grand jour.
Maugars m'avait chargé de vous voir, et de vous dire tout ce que je viens de vous dire. Il aurait préféré, et moi aussi, qiie cette entrevue nécessaire n'amenât pas une rencontre qu'il voulait éviter, et qui aura peut-être des suites funestes pour sa fille. Mais le mal est fait; j'espère que la pauvre enfant résistera à cette secousse, et il ne me reste plus qu'à préciser les intentions de mon ami.
Il veut se retirer à la Louisiane où il possède encore un coin de terre. C'est vous dire que mon neveu ne reverra jamais votre femme. L'engagement de Guy de Bautru, au I" régiment de chasseurs d'Afrique, sera signé dans quelques jours ; vous pourrez vous en assurer, au ministère de la guerre.
Maugars compte partir très prochainement... par le premier transatlantique de Saint-Nazaire. Il a quitté la villa qu'il avait louée au Yésinet. Je l'attendais ce matin à déjeuner avec sa fille... et je n'attendais pas mon neveu... vous pouvez voir qu'il n'y a que trois couverts, dit Souscarrière en désignant du geste la table où devaient s'asseoir ses convives.
— M. de Maugars va sans doute habiter le Grand-Hôtel, jusqu'à son départ ? demanda d'Estelan.
— Non, monsieur. Il a repris possession de son appartement delà place de la Trinité, quoique cet appartement lui rappelle de tristes souvenirs. Maugars n'est plus en situation de faire des dépenses inutiles, depuis que ce coquin de notaire Ta dépouillé de toute sa fortune.
Et, à ce propos, j'ai à vous dire que les deux cent mille francs qui constituent la dot de votre femme np seront pas perdus, quoi qu'ils aient disparu dans le naufrage de Prunevauz. Maugars vous les remboursera dans un délai de dix ans et je garantirai dès à présent ce remboursement par une hypothèque sur mes terres d'Anjou.
■— Assez, monsieur ! Il ne s'agit pas ici de questions d'argent. Il s'agit de ma femme. C'est elle seulement que je yeux, et que je reprendrai, quoi que fasse M. de Maugars.
— Il a prévu le cas. Il sait que vous pouvez même requérir l'assistance du commissaire de police pour lui enlever sa fille, et il n'emploiera pas la ruse pour la soustraire à l'action de la loi, mais il pense, et je pense comme lui, que vous n'en viendrez pas là.
— S'il me force à recourir à ce moyen, je remploierai. Vous n'attendez pas de moi, je suppose, que je m'incline devant la volonté d'uny homme qui veut me séparer à tout jamais de ma femme, après m'avoir choisi pour gendre... car il m'a choisi, vous le savez fort bien... Je n'ai pas intrigué pour épouser mademoiselle de Maugars. Je ne pensais pas à elle. C'est lui qui m'a encouragé à demander sa main. Je ne pensais même pas à me marier.
Et maintenant qu'il m'a donné sa fille, maintenant qu'elle m'a accepté librement pour mari, maintenant que je Taime, je renoncerais à elle, parce qu'il plait à son père de l'emmener en Amérique ! N'espérez pas que je . cède à ce baprice de vieillard. Ce serait une lâcheté que
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de lui abandonner Madeleine. Que deviendrait-elle si elle allait s'enfouir avec lui au fond d*un désert, atl-delà de rOcéan ? Se croit-il donc éternel ce père égoïste qui la sacrifie à son orgueil?
— ^ Rien n*est éternel en ce monde, murmura Seuscarrière. Les hommes passent et les cœurs changent. Celui de Madeleine a changé. Il peut changer encote.
— Que voulez-vous dire, monsieur? demanda vivement d'Estelan.
— Je veux dire, monsieur, que si j*étais à votre place j'agirais autrement que vous. Je nuirais pas chercher la force armée pour rentrer dans Texercice d'un droit que personne ne conteste. Et au lieu de me gendarmer contre le sort que la fatalité m'aurait fait, j'interrogerais ma conscience. Elle me répondrait que si je suis à plaindre, je suis aussi à blâmer ; que j'ai eu le tort de ne pasm4n-< former, au bout de dix ans d'absence, de ce qui s'était passé à Marseille après mon départ, et le tbrt beaucoup plus grave de ne pas faire savoir à ma femme que j'avais survécu à ma chute par la fenêtre, de ne pas lui avoiiécrit pour lui avouer toute la vérité et pour lui jurer que je reparaîtrais bientôt complètement justifié.
— Quand je conviendrais que j'ai eu tous ces torts, mon droit serait le môme.
— Assurément, mais moi, je n'en userais pas dans toute sa rigueur.
Je me dirais : j'ai fait du mal à Madeleine de Maugars; je l'ai fait sans le vouloir, mais elle n'en a pas moins souffert; je n'étais pas coupable; elle ne l'est pas non plus ; ce n'est pas sa faute^ si elle a cru être veuve. Elle expie durement un crime qu'elle n'a pas commis, et l'expiation durera longtemps, peut-être toujours, car que je la contraigne & me suivre ou que je l'abandonne, son malheur ne finira qu'avec sa vie. Bh bien ! je veux expier ^ussi 5 je veux m*imposôr une épretive.
t'ÉbÙl^AQË bO DtAfiLB iSK
AU lieil de parler èh mait^e, je parlerais comme je parlais autrefois, alors qiie j'aspirais à me faire aimer d'ellô^ Pourquoi ti'y réilssirais-je pas encore une fois ? Elle atâlt otiblie^ elle se ressettvieiidra:
Et le jour n*est peut-être pas éloigné o& elle s'apercevra que son cœur s'était trompe, qu'elle allait passer à côté du bonheur, et qu'elle né peut être véritablement heureuse qu'avec moi.
— En d'autres termes, dit irohiqtlement d'Estelan^ vous me conseillez d'attendre le boh plaisir de ma temiiie) et de lui faire ma cdur pour retitrer en grâce au« près d'elle?
i^ Ce serait plus digne et plus délicat qtie de TetiVoyer chercher par la garde, répliqua Souscarrière, sauf s*é* mouvoir.
Il sentait bien qu*il avait touché ju^te et qUë Cet appel aux bons sentiments de Louis Vallouris finirait par èlt'é entendu.
-^ Je vais au devant d'une objection que je prévois, reprit-il. Yoiis allez mé demander s'il Vous faudra passer les mers pour essayer de reconquérir râddëur de Màde"leine. Je ne puis pas vous répondre en ce moment, mais je puis vous promettre que vous la verrez dès qu'elle sera en état de vous recevoir. C'est elle-même qui vous répondra.
— Mais son père dictera la réponse.
— Non, car il n'assistera pas à l'entrevue.
— Vous me jurez que cela sera ?
— Parfaitement. Je me charge d'amener Maugars à y consentir, et je suis certain que Madeleine ne s'y refusera pas. Mais ce n'est pas tout. Je vous donne ma parole d'honneur que M. Guy de Bautru, mon neveu, ne re verra pas votre femme avant de partir pour Alger.
Et comme d'Estelan, visiblement ému, hésitait encore, Souscarrière ajouta \
156 l'équipage du dublb
— Je reste à votre disposition, monsiébr, car je n'oublie pas que je tous ai ofifensé au début de cet entretien, et si vous acceptez ce que je vous propose, vous n'aurez aucun gré à me savoir ; j'interviens uniquement dans l'intérêt de mon ami Maugars et de sa fille, n'ayant aucune raison pour tenir à vous être agréable.
Nous nous battrons, c'est entendu, mais nous nous battrons tout aussi bien dans quelques jours que demain. Ce soir, je vous enverrai le nom et l'adresse de mes témoins ; je vous informerai en môme temps de l'état de santé de Madeleine, et j'espère vous indiquer le jour où elle pourra vous recevoir.
En attendant, souffrez que j'aille prendre de ses nouvelles.
Ayant dit, Souscarrière salua froidement le mari, en lui montrant la porte, et d'Estelan sortit, après lui avoir répondu :
— Souvenez-vous, monsieur, que j'ai votre parole.
L'oncle de Bautru était un ancien sabreur, et il agissait parfois en vrai casse-cou, mais il venait de manœuvrer comme un vieux diplomate.