CIRE
exemple, qu'ont pu être réalisées des classes pour amblyopes ou autres déficients partiels. Dans la règle, ces sujets peuvent, sous certaines précautions et sous réserve de la surveillance médicopsychologique de leur développement, participer utilement aux actvités scolaires normales. Ce n’est qu’à l’âge de l'apprentissage que se pose impérieusement, pour eux, l'orientation vers des instituts spécialisés. Lorsque leur déficience se montre trop accusée pour leur permettre la fréquentation des établissements scolaires normaux, leur admission dans des classes à leur usage ouvertes dans les instituts spécialisés s’imposera dès l’âge scolaire.
En raison de la technicité que la rééducation des déficiences sensorielles doit mettre en œuvre et en raison, d'autre part, du nombre restreint des sujets qui en relèvent 4 ainsi que de leur dispersion territoriale, l'institut spécialisé fonctionnant comme internat paraît être la forme d’établissement ia mieux adaptée. Il existe des instituts mixtes recevant à la fois des aveugles et des sourds-muets des deux sexes, mais la forme d’établissement la plus fréquente est celle qui est spécialisée dans la rééducation de l’une ou l'autre catégorie de déficients de l’un ou l’autre sexe. Dans sa circulaire du 22 août 1947, relative aux conditions d'agrément des établissements privés d'enseignement aux aveugles et aux sourds-muets, le Ministre de la Santé Publique a fixé à quarante élèves l'effectif minimum exigible, indiquant par là l'intérêt qui s'attache à la réduction du nombre des établissements spécialisés et à une certaine centralisation de l’enseignement aux déficients sensoriels. C'est vers la formule de l'institut régional que conduisent ces dispositions administratives récentes.
La rééducation des déficients sensoriels est une œuvre de longue baleine à laquelle on peut distinguer une phase préscolaire, une phase d'enseignement scolaire et une phase d'enseignement professionnel. Il parait désirable que les trois phases de cette rééducation se déroulent dans un même établissement.
La phase préscolaire est encore plus un desiderata qu’une réalité : peu d’instituts acceptent de prendre en charge des sujets de moins de six ans, n'étant pas équipés pour leur offrir l'équivalent des jardins d'enfants ou des classes maternelles. Cette lacune est fâcheuse car il est rare que le déficient sensoriel puisse trouver dans l'atmosphère familiale, lorsqu'il est encore très jeune, toute la compréhension qui serait nécessaire à son développement initial, que ce soit d'ailleurs par manque ou par excès de précautions prises à son égard — le jeune aveugle notamment trouve souvent grand béné-
(1) De l'étude de diverses statistiques il résulte que le nombre des enfants aveugles est sensiblement voisin de celui des enfants sourds-muets. IL est de l’ordre de vingt pour cent mille enfants de moins de douze ans.