‹ L'Équipement De La Région Sanitaire De Clermont-FerrandChapitre 19 sur 39 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

fice à être admis dès l’âge de trois ou quatre ans dans un institut spécialisé. Quant au sourd-muet, que l’on reçoit d'ordinaire à l’âge de six ans, la phase préscolaire est pour lui indispensable puisqu'elle correspond à la démutisation et à l’apprentissage du langage qui demandent en général deux ou trois ans. L'adaptation des instituts spécialisés à la prise en charge des enfants très jeunes serait de nature à constituer un avantage appréciable pour le développement des déficients sensoriels.

La phase scolaire répond à l’âge scolaire normal. Pour l’enfant aveugle, qui présente sur le sourd l’énorme avantage du langage, Fenseignement scolaire peut se dérouler de façon sensiblement normale quant au programme des matières, La grande particularité est ici la substitution de l'alphabet et des documents en relief à l'alphabet et aux documents scolaires courants. L'enseignement de Pécriture et de la lecture en Braiïlle n’est pas beaucoup plus difficile et long que l’enseignement des disciplines correspondantes aux voyants. Beaucoup de jeunes aveugles peuvent accomplir une <colarité tout à fait suffisante et recevoir même dans bien des cas une formation secondaire ou supérieure. Dans l’enseignement scolaire des aveugles, une place est toujours faite à la musique lorsque le sujet, ce qui est loin d’être constant, manifeste quelque goût pour cetrart. |

Parailèlement à sa formation scolaire le jeune aveugle doit recevoir l’éducation correspondant à son âge, dans laquelle ua soin particulier sera apporté pour lui apprendre à se servir luimême dans toute la mesure de ses possibilités.

La scolarité du sourd-mueët, qui est seule ici envisagée, est infiniment plus malaisée. A la phase préscolaire de démutisation ou d'apprentissage de la parole fait suite la phase complémentaire d'enseignement de la langue usuelle, de sa compréhension par la lecture sur les lèvres et de son usage. Cette phase d’enseignement du langage usuel et de sa compréhension par la lecture sur Îles lèvres nécessite également deux à trois ans avant que puisse commencer réellement l’enseignement scolaire proprement dit; dans la règle, c’est donc entre onze et quatorze ans que le sourd-muet deviendra apte à recevoir la formation scolaire toujours un peu rudimentaire qui peut lui être dispensée.

L'éducation du sourd-muet sera plus difficile à nuancer que celle de l’aveugle. Une place importante pourra être faite au développemeni de ses aptitudes visuelles et psycho-motrices qui sont d'ordinaire chez lui des ressources précieuses.

La phase d'enseignement professionnel termine le cycle de la rééducation des déficients sensoriels.

En dehors de l’apprentissage d’un métier défini, mais parallèlement à lui, il conviendra toujours de procéder à la formation

ate—

pratique de ces sujets quelle que soit leur infirmité : activités de bricolage pour les garçons, enseignement ménager pour les filles.

L'enseignement professionnel des déficients sensoriels se présente aujourd’hui avec un relief tout à fait nouveau, étant donné la tendance très souhaitable à leur plus large utilisation sociale.

Traditionnellement, les professions essentielles de l’aveugle élaient celles d’organiste, d’accordeur de piano, de réparateur d'instruments de musique. Pour ceux qui n'avaient pas le sens musical, le métier de masseur offrait des possibilités supérieures aux activités artisanales variées mais plus modestes telles que cannage, rempaillage, travail du rotin, fabrique des brosses et des balais. Pour les femmes qui ne pouvaient être professeur de musique la grande ressource était le tricot à la main ou à la machine.

Ces dernières années ont vu renouveler la gamme des activités professionnelles recommandées aux aveugles. C’est ainsi que l'Institut spécialisé de Londres a pu évaluer à une centaine les emplois susceptibles d’être préconisés pour les aveugles dans les entreprises industrielles modernes.

En France, le décret du 30 janvier 1950 a prévu, dans son titre III, la possibilité pour l’aveugle âgé de plus de quinze ans d'être soumis, sur sa demande, à un examen médical et psychotechnique susceptible de déterminer ses aptitudes à être préparé à occuper les emplois offerts par les services de la main-d'œuvre. Des examens d’aptitude à caractère obligatoire sont également prévus pour tout sujet prétendant aux bénéfices de la loi d’assistance du 2 août 1949. Ces mesures sont évidemment de nature à favoriser le reclassement professionnel des aveugles.

Les Instituts spécialisés dans la rééducation professionnelle devront tenir le plus grand compte dans l'avenir de ces possibilités nouvelles et s'adapter aux exigences pratiques qui en découlent.

Disgracié sur le plan de la formation scolaire, le sourd a, au contraire, sur le plan professionnel et manuel des possibilités plus grandes que l’aveugle. Il peut acquérir facilement les techniques des métiers usuels qui lui conviennent et devenir, grâce à ses capacités professionnelles, une valeur au point de vue du travail.

La gamme des métiers convenant aux sourds est très étendue : métiers d'art, sculpteur, décorateur, ferronnier. Métiers usuels : travail du fer, du bois, du cuir. Tailleur, relieur, horticulteur, jardinier, typographe, etc... Pour les femmes : lingerie, broderie, coupe, couture, retouches photographiques, etc. En règle générale, le sourd peut exercer une activité utile dans toutes les branches où la vue, la dextérité manuelle importent avant tout.

Il faut souhaiter que les ateliers d'enseignement professionnel se multiplient dans les instituts d’enseignement spécialisé afin d'utiliser au mieux les aptitudes de leurs élèves qui sont souvent

Page 1