PREMIÈRE PARTIE
monarchie tous ceux qui ont reçu l'enseignement classique, est ainsi un peu surprenante.
D'autre part, s'ils veulent confondre la méthode avec les œuvres, et considérer la littérature comme entièrement créée par le milieu, nous devons faire observer ceci. Ce Classicisme ne désigne pas du tout un sommet absolu, car le temps où il s'épanouit, nous ne le pouvons point tenir pour parfait. Ce temps, puisqu'il ne sut durer, ne prouve point l'excellence qu'on en affirme. Ayant enfin à le juger, les hommes, de 1789, en prononcèrent la condamnation sans appel.
Ouvrant toutes ces controverses, le mot Classicisme porte préjudice, aujourd'hui, à la cause qu'on veut lui faire servir. C'est ainsi qu'il crée l'équivoque devant laquelle se suspend, après avoir été fortement déterminée par lui, la formation du nouvel idéal.
En outre, au moment où l'enquête de Paris-Journal portait la question de la Renaissance du Classicisme à l'universalité littéraire, une division profonde existait déjà dans le camp des partisans de la tradition.
Loin de permettre une élucidation de la conséquence politique : obligation h la monarchie, les dissidents la compliquaient en suscitant le problème ethnique delà nationalité. D'ailleurs eux aussi concluent contre la Révolution.
Les premiers artisans de la Renaissance classique, originaires, en majorité, de la Provence et pour lesquels
le Felibrige avait été l'initiation, entendaient ressusciter l'âme antique.
En face de ce Classicisme grec, se proclamait le Classicisme occidental. M. Adrien Mithouard, surtout, s'en faisait l'ardent propagateur et l'apôtre, et il le montrait se manifestant victorieusement par la Cathédrale. Il s'agit d'un art indigène français. Notre race y excella et produisit ses chefs-d'œuvre : les églises, poèmes de pierre. Alors elle était parvenue à une magnifique personnalité qui ne devait rien qu'à elle-même. Création autonome. Le xne et le xme siècles, pour ['occidental, constituent notre sommet.
Cependant, l'occidental ne s'y tient pas, car il est pour la continuité. La Renaissance italienne s'introduit en France, y amène l'art « ordonné selon les dimensions de l'espace », tandis que la cathédrale, ce prototype français « est ordonnée selon le temps » (1). Certes il y a corruption de l'autonome par l'étranger. Perturbation, du moins, et momentanée, car la sève profonde du génie français l'emporte sur la greffe orientale, et ordonne le nouvel art qui vient d'apparaître : la littérature. Pour M. Adrien Mithouard, le xvne siècle n'est point un sommet, mais il le voit tout de même plus nôtre que grec : « Quand ou appelle classique le xvne siècle, on veut signifier sa conformité avec l'antique. Or même notre âge classique s'en
(1) Traité de l'Occident : D'un classicisme occidental : Adrien Mithouard.