TROISIÈME PARTIE i
pseudo-classicisme qu'il trouvait au pouvoir, celui-là s'insurgeait contre toute autorité. Il apportait la poésie, disait-il. Avant lui, il n'y avait rien !
C'est contre le Symbolisme et sa suite, c'est contre les Rimbaud, les Mallarmé, les Ghil, les Kahn, les Mœterlinck, qu'il était nécessaire de faire appel au Classicisme pour restaurer la littérature abolie. C'est le Symbolisme qui a créé l'anarchie, désorbité les consciences, consommé le divorce de l'art avec la vie. Il n'était point Esprit mais Sensation. Il s'opposait à l'évolution de l'humanité pensante au moment où elle devait tirer les conclusions sociales de son acquis de vérités scientifiques. Il niait l'intelligence. Il écartait le règne de la raison. Il défendait à l'art d'être utile. Il en faisait un monstre qui ne devait rien qu'à soi. L'individualisme, qu'il érigeait en loi, séparait les hommes, les faisait rentrer chacun en eux-mêmes, au lieu de s'extérioriser et de réaliser l'union fraternelle.
Ses œuvres, cependant, le ridiculisaient.
Or, aujourd'hui que s'opère le retour au Classicisme entendu comme seule méthode efficace de littérature» il faut renouer les esprits, par-dessus la réaction symboliste, au génie naturaliste. Il importe de poursuivre l'œuvre de ce dernier dans le sens qu'il continuait après le Romantisme, d'effectuer la tâche qu'il préparait.
Qu'on regarde ce qu'il a fait. Il a montré la société en proie au mal. Des hommes qui souffrent, qui peinent sans jamais un moment de joie, sans espoir de
repos ni de richesse, qui sont maintenus dans la dégradation, dans l'infériorité par d'implacables forces sociales, cela implique des vices énormes dans la société. Une tentative d'Art social, avortée parce qu'elle ne s'est pas dégagée suffisamment du Naturalisme et parce qu'elle fut plus socialiste qu'humaine, en a montré de plus près quelques-uns. Or, la conclusion s'impose.
Connaître le mal, c'est vouloir le guérir. Nous sommes tous victimes de ce mal. Nous voulons en être délivrés, nous voulons être heureux. La prochaine littérature, la littérature qui commence contribuera à cette œuvre. Elle nous rendra meilleurs, elle fera de nous des hommes véritables. Elle établira le règne de la pensée.
Ne voilà-t-il pas une fin conforme au génie de la littérature?
Vraiment, notre époque se présente, au social, toute pareille à celle qui précéda la Révolution.
C'est que, il faut bien l'avouer, la Révolution n'a pas accompli la belle œuvre rêvée par les Encyclopédistes. Les quarante ans de la Troisième République n'ont rien ajouté non plus aux réformes de la Convention. Il n'y a que les mots de changés, point les choses. Plus de royauté, mais une puissance formidable et arbitraire : l'argent — qui asservit l'intelligence. Les castes sociales se sont transformées, on ne les a pas supprimées. Aucune justice dans la répartition des richesses. La lutte pour la vie continue à être la loi