PREMIÈRE PARTIE il
Aucune n'apporte la lumière qui dissiperait l'équivoque.
Enfin, voici des raisons justifiées, valables, indépendantes, et qui sortent du meilleur désir, en faveur du retour au Classicisme.
M. Alfred Fouillée « croit qu'on est las des excès du pseudo-réalisme, des extravagances du symbolisme, des bizarreries maladives de l'impressionnisme ». « En vertu de cette loi du rythme qui régit les sociétés, qui régit aussi l'art, produit social, ajoute-t-il, une réaction ne peut pas ne pas être proche, qui nous ramènera au culte du beau dans le vrai, dans le naturel, dans la lumière et la limpidité. * II. Paul Claudel en appelle au goût , « autre nom français de la sagesse ». Mme Juliette Adam assure que « Le cosmopolitisme a donné tous ses résultats. Les pastiches, au premier moment, ont pu faire illusion au snobisme, mais ils n'ont plus aujourd'hui que la valeur très relative de l'excentricité ». M. Georges Grappe propose : « Peutêtre allons-nous voir des œuvres qui exprimeront enfin la nature et l'homme total vus par un homme complet. De telles œuvres seront classiques si la vision de l'artiste est présentée sous un aspect d'éternité avec, de sa part, une préoccupation constante de beauté dans l'expression du détail et de l'ensemble. Si vous demandez de quelle beauté, je vous répondrai que nous ne sommes ni des Norvégiens, ni des Russes, ni des Allemands, ni des Aûglais, ni même des
Flamands, et que cette beauté ne peut naître que d'un ensemble de qualités, de clarté, d'ordre, de mesure et d'eurythmie qui sont celles de notre race et que nous devons enseigner au monde et non point perdre sous prétexte de devenir mondiaux. » M. Gabriel Mourey veut se réjouir « car il paraît bien que l'individualisme exaspéré qui a sévi chez nous a porté tous les fruits qu'il était capable de porter : l'arbre se dessèche et va mourir. Les meilleurs parmi les écrivains, les musiciens, les peintres, les sculpteurs, éprouvent actuellement le besoin de se soumettre à une discipline autre que celle de leur propre tempérament, à une discipline qui leur soit, jusqu'à un certain point, extérieure. Ils ont compris tout ce que comporte de noblesse et de beauté la subordination de l'individu à un idéal collectif et traditionnnel, l'acceptation librement consentie des lois mystérieuses et éternelles qui règlent les destinées des races. Ils ont compris, enfin, toute la grandeur d'une servitude fièrement et librement acceptée, en vue d'une manifestation plus complète, plus durable, plus éclatante de leurs énergies créatrices ».
Ah certes, voilà d'excellentes raisons et qui devaient enfin revenir dans les esprits. Les œuvres issues de leurs contraires les nécessitaient. Oui, nous nous apercevons que notre littérature a souffert de l'imitation de l'étranger. Nous constatons les dérèglements, l'incohérence produits par l'individualisme absolu, la recherche du rare et du bizarre à tout prix. Nous ju-