TROISIÈME PARTIE
des troubles et des crises de la société, c'est l'Esprit, qui agite l'humanité. L'âge organique nous presse.
Qu'on y réfléchisse bien. Nous sommes au seuil d'un ordre nouveau. Le salut est d'y entrer !
Ceux qui manifestent l'Esprit conscient de soi, les artistes, les écrivains failliront-ils à la mission de l'Esprit? Et vraiment quelle autre tache plus noble que celle-là, plus haute, plus humaine !
0 ! tristes virtuoses de l'art pour l'art, ô jaloux individualistes, quelle lâcheté, quel égoïsme sont vôtres !
Ne croyons pas qu'il n'ait rien résulté de l'appel au Classicisme qui fait le prétexte de cette longue étude. L'équivoque dont il s'enveloppait ne l'a pas rendu tout à fait inutile. Il était nécessaire de marquer l'état d'anarchie et de ruines littéraires dans lequel nous entraînait, chaque jour davantage, la révolte contre toute règle, toute tradition, contre la littérature. Et plus nécessaire encore de montrer l'horizon de la délivrance. L'enquête instituée par M. Charles Morice dans Paris-Journal vint à son heure, dans son moment.
Il sembla qu'on approchait des décisions suprêmes, qu'un souffle nouveau passait sur les fronts venant des lointains. Derrière les brouillards de l'équivoque, on croyait apercevoir des lumières — des lueurs, plutôt — des formes qui allaient être des idées . En un point unique convergeaient les regards. La littérature, depuis longtemps inerte, tentait quelque action, faisait effort
i32 l'équivoque du classicisme
pour parvenir à sa sincérité, à sa vérité. Une âme se constituait. Et déjà ceux qui doivent tout craindre de la nouvelle doctrine la maudissaient, la raillaient d'avance.
L'équivoque fut cependant la plus forte. Elle empêcha ce qui naissait de monter au jour. Les actes proches restèrent en puissance.
L'appel au Classicisme pourtant ne retentit pas en vain. Eh ! bien sûr, si Ton cherche des œuvres qui en soier.t le fait, on ne les trouvera pas, et c'est tant mieux, car elles ne pourraient être qu'imitation, formes sans âme. Les eflèts ne devaient s'en produire que dans les cerveaux, parmi les concepts préparatoires. Croyons-le: la nouvelle génération s'est reprise à l'anarchie, à l'individualisme, et, en silence, se replace volontairement sous la discipline qu'élaborèrent les créateurs de la meilleure fonction littéraire.
L'équivoque dissipée, l'idéal nécessaire se formera. Il est déjà latent, inscrit dans les choses, deviné même par quelques-uns, puisqu'on se refusa à le reconnaître sous la formule du Classicisme. Des parties en furent aperçues. On en découvrira l'ensemble. Les écoles, les manifestes qui au cours de ces vingt dernières années tentèrent de le dévoiler furent les étapes de notre initiation. Il ne suffit plus que d'un mot, peut-être, que d'une œuvre, pour que jaillisse la lumière qu'attendent les yeux. L'heure en approche.
Ne parlons plus de Classicisme. Nous ne serons