‹ L'équivoque du classicismeChapitre 8 sur 62 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

beaucoup de points, puisqu'il désigne des œuvres, on ne proposait qu'une imitation.

Imitation d'un des plus beaux moments de la littérature française, sans doute, mais qui, pour beaucoup de raisons très valables, ne devait pas nous convenir. Nous avons, nous aussi, nos ambitions, nous nous sentons des forces de créateurs. Le monde serait-il fini ? Les conditions du présent ne sont-elles pa? autres et autrement admirables, pour nos espoirs, que celles du xvii8 siècle ?

Alors, faute de la nouvelle signification nécessaire, faute de la doctrine réclamée par la génération qui s'élance, le sens historique du classicisme devait naturellement s'imposer aux esprits. C'est pourquoi tant de réticences, pourquoi si peu « d'optimistes ».

Nous touchons ici à la cause réelle de la véritable équivoque.

Petite histoire de la Renaissance classique

On la comprendra mieux quand nous aurons rapporté l'histoire de la Renaissance classique — car elle en a une.

Depuis 1880 ou 1885, il n'y avait plus chez nous de poésie que symboliste, et cette poésie voulait être toute la littérature. Alors régnait Mallarmé.

La caractéristique du Symbolisme fut de renier tout ce qui existait avant lui, de recommencer une poésie comme sur une table rase. Alors on décréta périmés la rime et les poèmes à formes fixes ; alors on proclama que les mots devaient exprimer « de la musique avant toute chose » et qu'ils avaient, par les voyelles et les diphtongues, une signification colorée et harmonique beaucoup plus réelle et suggestive que le sens usuel et logique. Alors on évoqua les choses, les idées, les sentiments, par des images, au lieu de les appeler de leur vrai nom ; alors, on enseigna que la clarté était haïssable et que le poète ne devait pas être compris

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