L'AME PHILOSOPHIQUE DE M. M^TERLÎNCK
géantes, lumineux des reflets chatoyants d'une poésie grave, et non plus figés dans une formule unique.
Tel est un second résultat de la force de l'Idée dans un esprit confus où s'exagère une certaine indolence intellectuelle à condenser Téparpillement des pensées flottantes, un amour de l'imprécision, une sorte de dédain de la belle clarté latine dont le sourire est une caresse qui rassérène et qui repose.
Mais si après s'être attardé dans des régions étranges à la cueillette des fleurs de songe, des fleurs cachées, qu'illuminait la lueur de son rêve profond, il n'en a su tresser qu'une couronne trop lourde et d'une élégance négative, sa tentative n'en reste pas moins intéressante, plus curieuse peut-être dans son désordre touffu que les guirlandes moins informes, que les édifices somptueux d'habituelles plantes quotidiennes dont s'enorgueillit la science banale des sages.
Hassé.