LES EXCUSES A CLIO
use qui, délaissant ton berceau de Parnasse Premier, a visité le fils dHalicar nasse, Déesse qui partage avec la Vérité L'éclat d'une immuable et chaste nudité, Toi dont la conscience humaine se réclame, Que le martyr atteste en ses derniers espoirs, Clio, vierge qui vois les choses et les âmes Passer devant les yeux, semblables des miroirs ! Tu sais de quel espoir ma jeunesse nourrie S'honorait de ta trace incessamment suivie.
Et de quel haut courage inspirant mon discours Des âges révolus je décrivais le cours :
Le Barbare infécond troublant la Paix romaine , El la Sagesse antique asservie à sa haine, Et le génie enfin renaissant du chaos, Et la religion cause de tant de maux !
Des poêles romans l'harmonieux exemple Ne m'avait point encor tiré hors de ton temple. Mais, sitôt qu'à leur voix V oreille j'inclinai, Maîtresse, je sentis que je V abandonnai.
Une telle douceur s'exhalait de leur dire !
La noblesse et la grâce abondaient sur leur lyre Comme sur V amandier Us prémisses d'avril; Et, captif à jamais de ce charme subtil, D'un cœur ambitieux) dune oreille assidue, J'admirais la Beauté en rythmes répandue.
Poursuivant tour à tour Vunè et Vautre Immortelle, Tel de la Muse amant pour la Muse infidèle, A ta sœur Calliope, ô Clio, j'ai porté L'hommage jusqu'alors que je l'avais prêté.
Louis-N. Baragnon.