‹ L'Ermitage - 1896 - volume 12Chapitre 37 sur 150 · III. — M. YVANHOÉ RAMBOSSON · texte numérisé non relu

III. — M. YVANHOÉ RAMBOSSON

Je sais que M. Yvanhoé Rambosson est un tout, jeune homme. Et ses amis vantent son commerce sûr, sa courtoisie parfaite. Pour moi, je ne l'ai vu qu'une seule fois et je le reverrais avec plaisir. Aussi suis-je au regret de n'en pouvoir dire autant de son livre : je l'ai lu du premier au dernier vers, avec conscience ; et je ne le relirai point.

Le Verger doré est un volume qui a quelque deux cents pages. L'au teur en a composé les premiers poèmes à l'âge de quinze ans. Et nous Usons au Frontispice qu'il a eu, en 1894, vingt-deux années. De là une technique très diverse.

M. Rambosson s'en excuse. Je crois plutôt qu'on doit lui en tenir gré. La courbe de toutes les influences qui, de 1887 à 1895, agirent sur les jeunes poètes ett nettement tracée ici par ces variations mêmes. Et c'est là un document très précieux.

Pour vous marquer ces cinq ou six périodes, il serait nécessaire de vous recopier tout autant de poèmes. Mais je me sens aujourd'hui très paresseux. Et six poèmes vraiment tiendraient trop de place. Je ne puis guère non plus ne vous citer qu'une poésie, Il n'est pas de raison de choisir l'une plutôt que l'autre. Aussi bien, vous n'auriez jamais ainsi une idée entière du Vergé Doré. Et si vous ne préférez pas revoir dans leur texte les ouvrages de Verlaine ou de M. Richepin, les fragments encore impurs du premier Pèlerin et nos plus récents chefs-d'œuvre, il vous faudra lire vous-même ce recueil qui en est la somme exacte.

Mais voilà que M. Rambosson est majeur. Et j'imagine qu'il veut sor ti de tutelle. Il a déjà beaucoup changé. Et cette inconstance m'est une preuve

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de la curiosité de son esprit. Mais, de grâce, qu'il change une fois encore, une dernière fois.

Et qu'il écrive de bons vers.

Je suis assuré qu'il en est capable.

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