LES ÉTOILES
Jne fois, à cause dîme inexorable tristesse, — langoureuse désespérance, amour dédaignée ou déchéance irréparable, qui le saura jamais ? — la Nuit pleurait.
Larmes, bienfaisante rosée ; non, vous n'êtes point mordantes, mais votre amertume est une sainte douceur.
La Nuit pleurait. De la voir si triste, un archange en passant se sentit ému d'une grande pitié.
— Belle dame, lui dit-il, voulez-vous que de la harpe céleste ou du psaltérion ou du luth aux gracieux accords je change en divine joie l'infernale douleur qui vous consume ?
— Gardez-vous-en bien, dit-elle ; rien ne m'affligerait tant que d'être consolée.
— Aussi bien, vous avez raison, fit l'archange, je veux faire cependant quelque chose pour vous. Et, ramassant d'un doigt délicat les diamants qui étaient ses larmes, il les cloua sur la voûte céleste.
Puis il s'est envolé — si haut — si haut que plus jamais on ne l'a revu.
Et de contempler ainsi les signes de sa tristesse — c'est cela qui fait depuis la volupté de la Nuit — la volupté si grande...