M. LOUIS RAYMOND
Nous voici sur le seuil de la Terre promise où la Vie a neigé ses roses à nos pieds*
3io l'ermitage
Nous voici sur le seuil. des lendemains à vivre, forts de tout notre orgueil envers d'autres Destins; et forts aussi d'avoir souffert) au» jours lointains , nous allons vers la Vie. vivre ! vivre ! vivre t
Ce petit livre de M. Raymond, le Livre d'Heures du Souvenir, est tissu de poèmes pareils à des soies très éteintes d'imperceptible froissis. C'est l'œuvre d'un bon ouvrier (combien je regrette de ne pouvoir citer La Chambre d'Ombre), où tinte le timbre délicat d'une âme de poète.
M. YVES BERTHOU
On ne remarque point aux poèmes de M. Y. Berthou l'empreinte des poètes fameux d'aujourd'hui : nul thyrse, nulles joies et pas d'adverbes incommensurables. Mais M. Berthou n'est pas assez personnel, son Hvre parait un peu pâlot. Qu'il recherche, selon son goût, les vers plus pleins ou les vers plus fluides, et je crois qu'on s'intéressera davantage ace qu'il écrit. Voici une strophe que j'ai notée :
Sous une brume blanche et rose et diaphane, Cest aussi la métamorphose des rubis.
Dans le lointain l'on voit s'ouvrir le Paradis Pour les Vierges que nul regard souillé ne fane. Sur les fils de Marie, à l'infini tendus, Les Lutins vont, dansant et chantant, vers l'aurore Et vers les Palais de cristal oU n'iront plus tes âmes sans candeur que le péché déflore.
M. JEAN BASLIN
C'est un disciple de M. de Régnier. Telles de ses pièces en vers libres ont un galbe gracieux. Enfin si Le Vain Exode, envisagé dans son ensemble, n'offre rien de bien neuf, du moins les poèmes, pris à part, modulent-ils des variations inédites sur les thèmes connus. L'alexandrin est presque toujours soigné et de fin aloi.
Ce sonnet :