‹ L'Ermitage - 1896 - volume 13Chapitre 18 sur 140 · IV. NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

IV. NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES

La Science sociale traditionnelle, par M. Hauriou (Larose, 1896).

Le mouvement d'esprit qui est en train de renouveler la science sociale en la dessoudant de îa biologie pour la souder à la psychologie devait aboutir à un livre comme celui de M.Maurice Hauriou. Du moment que la psychologie, tant individuelle que sociale, ne s'exprime jamais d'une façon plus complète et* plus pure que sous la forme des religions, des savants devaient venir qui essaieraient d'expliquer îa sociologie par la théologie, ce qui est aussi légitime en somme que de l'expliquer par l'embryogénie ou l'histologie. C'est ce qu'a lait M. Hauriou, dont le livre est justement dédié à M. Tarde, l'initiateur de la conception psychologique de là science sociale.

Il est vraiment curieux de voir les résultats auxquels on arrive, même au point de vue scientifique, en réintroduisant dans la sociologie ces hypothèses de chute originelle, de médiation et rédemption, de grâce, sacrifice et salut qui semblent propres à la métaphysique religieuse. Ces résultats sont si satisfaisants qu'on peut vraiment se demander si la théologie chrétienne n'est pas la clef qui ouvre toutes les serrures de la civilisation, au moins de la nôtre. Et, de fait, puisque nos sociétés occidentales ne sont (qui le nierait?) que la projection dans les groupes humains d'un même idéal divin sous ses diverses conceptions catholique,

protestante ou orthodoxe, pourquoi ne se servirait-on pas de cet idéal et de ces conceptions pour expliquer ces divers groupes et l'ensemble civilisé qui en résulte ?

Un chapitre de M. Haunou intitulé : L'universelle contradiction, me semble tout à fait vigoureux à cet égard. De cette contradiction, fondamentale, insoluble, l'homme ne peut sortir que par la transaction; or, toute transaction suppose un intermédiaire et présuppose l'égalité des transacteurs; de là l'idéal contractuel et médiatif des sociétés. D'autres points de vue me semblent moins solides ; je ne saurais, par exemple assimiler la tradition à une révélation sociale; ce n'est nier ni le rôle de l'inconscient dans l'homme, ni l'importance de la tradition dans la société que de maintenir les droits de la pure recherche scientifique ; peut- être en ceci est-ce seulement le mot révélation qui me choque, car j'admets, comme M. Hauriou, l'objectivité de la morale, et par suite l'insuffisance du critérium similitude pour asseoir la responsabilité individuelle.

La Science sociale traditionnelle est étonnamment riche en aperçus de détail ; presque à chaque page le lecteur savoure quelque rapprochement ingénieux, quelque théorie séduisante, quelque point de vue original ; suivant la mode actuelle, le livre se défend de tout appareil pédantesque, de tout luxe de renvois et d'annotations; le style est clair, nerveux, suffisamment pittoresque. Le plus grand reproche qu'on pourrait faire à M. Hauriou est la confusion du plan. La masse d'excellentes choses qu'il dit au cours de ses 400 pages aurait énormément gagné à être répartie en un certain nombre de grandes divisions claires et méthodiques. Or, rien de bien clair ou bien méthodique n'apparaît dans la table des matières de notre auteur. Après avoir posé qu'il y a une matière et une méthode sociale, il s'interrompt pendant plus de 200 pages pour ne revenir qu'à la fin du volume à cette matière sociale qu'il divise en espace social, tissus sociaux et unité politique, vocables qui n'ont rien de commun et brouillent plus qu'ils n'élucident ; les mots « tissu social » sont même surprenants de la part d'un psychosociologue, qu'on me passe le néologisme ; je n'aime pas davantage les expressions « le donné social », « le tissu positif », « les tissus rédempteurs ». Dans la théorie du progrès, je trouve brumeuse l'explication des moyen-âges alternant avec les renaissances, et plus brumeuses encore les appellations de demi moyen-âges et sans doute aussi de demi renaissances

Dans la division tripartite que propose l'auteur, désir, croyance et volonté, je préférerais, car la volonté n'est autre chose que le désir, la remplacer par l'amour qui cadre d'ailleurs bien mieux avec les autres rapprochements proposés: Père, Fils, Esprit; Foi, Espérance, Charité; je note également que chez la femme ce n'est pas la volonté qui domine mais l'amour. Enfin je ne sais si l'auteur, dont l'optimisme est d'ailleurs louable, bien qu'il se dise pessimiste, ne se fait pas quelque illusion sur le secours que l'idée de l'Etat peut apporter à l'individualisme; lé fait que l'Etat est conçu comme un individu ne me rassure guère, car je ne vois pas très bien comment on pourrait le concevoir autrement ; les çriti-

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ques que parfois les théoriciens socialistes dirigent contre l'Etat sont équivoques ; l'Etat collectiviste ne s'appellera peut-être pas Etat, mais il sera toujours l'anû-individu, ce qui est important.

J'ai dit que le mérite de ce livre est surtout dans les vues générales qui y abondent. J'en citerai deux ou trois qui me plaisent spécialement parce que... je les approuve.

« Quand la sociologie sera plus avancée, peut-être confirmera-t-elle scientifiquement cette vérité qui est aujourd'hui banale, à savoir, qu'au point de vue social, le monde est divisé en deux grands systèmes, l'oriental et l'occidental. »

« Ce ne sont pas les richesses qui importent à la société, c'est la poursuite des richesses. »

« Toute situation sociale doit apparaître sous son aspect de devoir (je préférerais d'amour). Là est l'essence de la situation sociale. »

Vadier, président du Comité de sûreté générale sous la Terreur, par Albert Tournier (Flammarion, 1896).

Vadier est une de ces célèbres nullités qu'a fait connaître l'atrocité des événements. Sans la Terreur, qui diable saurait qu'il exista? Mais un homme qui a contribué à faire guillotiner les Girondins, les Hébertistes, les Dantonistes et Robespierre par dessus le marché, a chance de voir son nom conservé au moins dans la mémoire d'une ou deux demi-douzaines d'érudits. Son nom seul d'ailleurs, car on ne cite de lui ni actes ni paroles, sauf peut-être son mot sur Danton : « Quand viderons-nous ce gros turbot farci? » délicat esprit de chourineur devant lequel il est plaisant devoir se pâmer d'admiration certains jacobinomanes.

Des hommes comme ce Vadier ne méritent qu'horreur et mépris, et ces mots sont déjà trop doux. M. Albert Tournier a cru devoir consacrer à celui-là un volume, ma foi, sympathique. Je sais bien qu'il est son compatriote, mais j'aurais préféré pour lui qu'il s'attachât à un autre héros. Il y a des personnages d'ignominie vraiment trop forte. Non ragionanC di loi', ma guarda e passa. S. A.

Les Idées et les Livres, par Fonssegrive (Lecoffre, 1896).

M. Fonssegrive a eu l'approuvable idée de réunir en un volume les articles qu'il avait donnés dans la Quinzaine; ce sont des études sur diverses idées générales suivant lesquelles sont judicieusement groupés les livres parus dont le critique avait à rendre compte. Dans une courte préface, M. Fonssegrive revendique le droit de juger ces livres et ces idées au nom de sa doctrine qui est la catholique ; il est en effet curieux et parfois amusant qu'aux yeux de certains grands esprits, on peut se mettre à n'importe quel point de vue hyperhypothétique, sauf au point de vue adopté par notre civilisation depuis dix-huit siècles. S. A.

Les Pensées d'un Yoghi (anonyme). (Vanier, 1896.) Il est arrivé à M. Paul Masson ce qui, par ses soins, était arrivé à bien

d'autres. Ce mystificateur féroce et froid, cet acharné prêteur de lettres et de livres à tant d'authentiques personnages a trouvé plus fort que lui, et un mauvais plaisant qui, par raffinement, a gardé l'anonyme, s'est permis de faire paraître, sous un titre qui était bel et bien la propriété de M. Masson, un recueil d'aphorismes qui n'a rien de commun avec ceux que notre ami a publiés sous cette rubrique dans l' Ermitage et dans bien d'autres revues. Ce plagiaire a poussé l'audace jusqu'à insérer dans son livret des pensées qui sont bien de M. Paul Masson, d'autres tiennent le milieu entre Emerson et Commerson (il y a beaucoup de son chez les penseurs !) d'autres enfin sont traduites de Confucius et Mencius, et c'est certainement afin de donner le change que l'anonyme a dédié son livre à Çakyamouni. Cet ensemble d'incohérences et de semi-déguisements ne trompera sans doute personne ; mais il était nécessaire déclouer au pilori de la vindicte publique l'effronté mystificateur du père des mystifications. C'est fait. ' b. E.

Les déshabillés au théâtre, par G. Montorgueil (Floury, 1896).

Monographie fort complète des divers spectacles où l'on vit, les hivers derniers, de petites femmes se mettre progressivement en maillot sur la scène. Le défilé est décrit avec complaisance, même avec amour, non d'ailleurs sans les réserves de rigueur. Des illustrations de M. Boutet, dessinées à la diable comme d'habitude, accompagnent le texte.

Post Amsa-Alagi, ode civile, par A. Blangini (Pitiglïano, 1896).

Courte poésie bien intentionnée, plus patriotique que poétique d'ailleurs. b.Ë.

Poissons d'avril, par Willy (Siraonis-EmpisJ.

Le poisson est naturellement d'avril ; c'est à dessein que cet animal mystificateur a élu domicile dans un élément sujet à la réfraction et à l'illusion lumineuse ; on le voit ici, il est un peu à côté; on levait chatoyer, il est terne ; s'il passe près de la paroi du bocal, il est géant, s'il s'éloigne, il est myrmidon. Willy ne pouvait donc que charger son blason, comme un duc de Bar, de ces silencieux fils de Nérée, surtout quand ce blason armorie un livre consacré aux incroyables et mélancoliques exploits de très haut et très puissant seigneur Lemice-Terrieux, vénérable de la polmaçonnerie, et grand-maître de la fantaisie impersonnelle et originale pour la fin de ce benoist siècle 1896. B. E.

La Princesse des Téxèbres, par Jean de Chilra (Caïman Lévy.)

C'est sous le pseudonyme de Jean de Chilra — pseudonyme à renversement — que M m * Rachiîde vient de publier son dernier roman.

Je ne crois pas que, depuis des années, on ait aussi nettement, aussi passionnément posé cette question du Rêve et de la Réalité à laquelle on ne saurait, vraiment, contester une suffisante actualité.

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Madeleine, entre ce bon docteur Sellier et le beau cauchemar du Chasseur au chien muet... c'est l'éternelle lutte. La seule — en somme — puisque les autres nous importent si peu !... Et ce n'est pas en quelques lignes de bibliographie que j'entreprendrai de traiter un sujet aussi... compliqué.

Je voudrais, cet été, dans V Ermitage, examiner un peu de quelle façon les écrivains que j'appellerai — (si je ne trouve pas un mot plus juste d'ici là) — « à imagination morbide » ont essayé, selon des tempéraments qui sont, pour rééditer un mot de Hamerton sur Baudelaire, « the poetical organization with ail its worst inconvenience », de créer une image poignante de la vie.

Parmi les écrivains français d'aujourd'hui, auprès de M . Marcel Schwob et de M. Jean Lorrain, Mme Rachilde est certainement au tout premier rang de ces écrivains-là, et j'aurai alors l'occasion de dire de son talent tout le bien et tout le mal que j'en pense. Ce que je puis déjà dire aujourd'hui, c'est combien, dans la Princesse des Ténèbres, j'ai trouvé, en leur belle plénitude, les qualités d'expression, de lyrisme et de style, les qualités mêlées de probe écrivain naturaliste et de souple écrivain symboliste — {il faut réunir les deux décidément !) — qui me font tant aimer l'écriture de l'auteur de l'un des plus absolument beaux poèmes de ces dernières années : Les vendanges de Sodome.

Jean de Tinan.

Jean Gigoux (sa vie, ses œuvres, ses collections), par A. Eatignard (illustré de 22 phototypies : Besançon, Delagrange ; Paris, Fischbacher, 1895.)

On ne dira plus que les gens heureux n'ont pas d'histoire : et l'auteur des Causeries sur les Artistes de mon temps {188S) est aussi bien traité mort que vivant. Après l'ample documentation de M. Henri Jouin dans l'Artiste, voici une courtoise monographie par un compatriote du « polygraphe » romantique, fils d'un maréchal-ferrant de Besançon, peintre plus fécond qu'inspiré, plus correct qu'élégant, qui connut' le succès à trente ans, la fortune peu après, qui à quatre-vingt-sept ans peignait encore, et qui, sans génie, posséda le goût de réunir une collection magistrale, sa meilleure œuvre : offerte par testament, elle enrichit désormais le musée natal, attestant la clairvoyance de celui qui écrivait à son ami Ch. Weis, dans sa jeunesse de lithographe amoureux du grand paysage historique; «Quel homme que ce Poussin! tous les autres peintres de l'école française ne sont que des enfants à côté de'ce foudroyant génie. Depuis que je vais au Louvre, lui seul captive toute mon attention et l'absorbe, et quand je l'ai vu, je ne puis en voir davantage ; son portrait est, à mon avis, son chef-d'œuvre, non seulement par sa manière de faire, mais pour le sentiment, £>our la vie qu'il respire. D'après cette admirable tête on peut connaître le caractère du Poussin, on ne devrait parler de ce maître que la tête découverte... » Bien dit, M. Jean Gigoux ! Ravmond Bouyer.

Contre ce temps, par Louis Lumet (Bibliothèque de l'Association).

En une suite de courts chapitres sans lien apparent, M. Lumet présente pour les invectiver divers états des mœurs de ce temps. La sincérité juvénile et passionnée de ce livre fait oublier la banalité des lieux communs déclamatoires qui en forment le plus souvent le fond. M. Lumet est un révolté, et son anarchie est plutôt sentimentale que raisonnée ; il rêve d'un bonheur que je crois utopique, mais il faut le louer de s'être créé un bel idéal de vérité et de justice.

Ressorts poétiques, par Gaston Homsy (Perrin).

Voici un volume précieux. Les collégiens et les amateurs qui cultivent la Muse à moments perdus apprendront toutes les recettes, pour nombrer le langage en comptant sur leurs doigts.

Il est fâcheux que Fauteur ait cru devoir placer pour exemple, des poèmes en regard de ses conseils didactiques ; il a travaillé, dit-il, d'après son cours et en voyant les résultats satisfaisants qu'il lui a donnés, il a pensé que cette publication pourrait être utile à d'autres ; mais pourquoi ajouter, quelques pages plus loin: « Que de critiques à me faire 1 Les développements sont mesquins, les images ressassées, les idées poitrinaires...; la partie versifiée est de trop » ? Chacun pouvait s'en assurer bientôt et s'assurer ainsi de l'inutilité d'un tel ouvrage.

L'Exposé, par Richard Wémau (chez les dépositaires de la Coupe).

Un prince redoutant que plus tard son héritier grandi le détrônât, fait exposer son fils nouveau-né dans la forêt. Celui-ci est recueilli par un vieillard qui l'adopte et forme sa jeune âme. Plus tard, le prince, dégoûté du pouvoir, fait rechercher son enfant; grâce à un signe, il est reconnu et on veut l'emmener à la cour. L'enfant ne veut pas quitter son père adoptif, et le vieillard, plutôt que de le rendre, le tue et dit : « Voilà la chair : qu'on l'emporte au père selon la chair ; je garde l'âme. »

Ce petit drame, très pathétique et très scénique, est d'une belle simplicité. Je reprocherai pourtant à l'auteur d'avoir fait parler l'enfant un peu trop en homme. Ed. D.

Le Théâtre anglais, par Augustin Filon (Calmann Lévy).

Si nous sommes, en France, renseignés sur les poètes, les philosophes et les romanciers modernes d'Outre-Manche, nous l'étions jusqu'ici fort mal en ce qui concerne les dramaturges. Remercions donc M. Filon d'avoir comblé cette lacune en nous donnant en un volume très documenté le journal du mouvement dramatique anglais au cours de ce siècle. De judicieuses critiques accompagnent cet historique d'un théâtre qui, écrasé par son passé et contrarié par les influences étrangères, s'est débattu de longues années avant de trouver des voies neuves et fécondes où s'engager.

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Histoire de la Littérature française, par Gustave Lanson (Hachette).

Je ne me permettrai point de critiquer en quelques lignes un volume de 1 166 pages aussi consciencieux que celui-ci. M. Lanson a poussé son étude jusqu'en ces toutes dernières années; son tableau synoptique delà littérature se termine pour le roman sur les noms de MM. Rod et Marguerite, et pour la poésie sur l'étiquette de Décadents et Symbolistes (le premier mot est sans doute de trop, le décadentisme ayant été un accident négligeable chez certains, et pour beaucoup une étiquette malencontreuse). On ne saurait s'étonner que M. Lanson consacre à peine quelques notes aux poètes derniers venus et qu'il se refuse à leur reconnaître des oeuvres ; les professeurs ont la manie de considérer la littérature comme achevée avec leur génération; on dirait qu'ils ne veulent pas laisser à d'autres le soin d'ajouter un chapitre à leur cours ou à leur livre. Ainsi nous lisons à la dernière page : « Est-il bien sûr que nous voyons un commencement ou une fin ? que ce ne soient pas les dernières palpitations d'une littérature agonisante auxquelles nous assistons aujourd'hui ? » Prenez des ouvrages similaires de toute époque, vous les verrez tous se fermer sur cette cruelle énigme. Lorsque l'on suit de près la féconde renaissance de ces dix dernières années, il est permis de sourire des craintes de M. Lanson ; mais il m'excusera de cette irrévérence : j'ai lu son copieux volume avec le plus grave et le plus profitable intérêt.

Ed.D.

Le Pèlerin du Silence, par Rémy de Gourmont (Edition du Mercvre de France) .

M. Rémy de Gourmont réunit sous ce titre une série de contes dont le Mercure eut la primeur.

M. de Gourmont est un noble et laborieux ouvrier d'art. Il se distingue de son entourage par un savoir peu commun ; simplement lui souhaiterait-on un meilleur sens critique.

Mais, dans le présent volume, toute liberté était laissée à l'artiste. Il pouvait nous emporter en pleine fiction. Il pouvait ordonner à son gré les éléments que lui livraient son érudition historique et légendaire. On lui demandait seulement de vouloir bien éclairer sa lanterne ; dirai-je qu'il l'a parfois oublié ?

Je ne suis certain d'avoir bien compris que deux contes, l'un surtout, Phénissa, de shakspearienne horreur. Pour les autres, ma faible vue poursuit à grand'peine dans les ténèbres du Symbole de fugitives et décevantes lueurs. Elle se dédommage en s'attardant à maints détails, sombres ou joyeux, tragiques ou charmants, toujours de si personnelle et si littéraire saveur. B.

Livres reçus

Poésie : Arthur Toisoai ; Mai (Bruxelles, Lacomblez) ; Albert Dautel : Les Avrils (OUendorfi) ; Camille Mitai : Par elle! (Société libre d'édition des Gens de lettres) j Jean d'Egly : Fleurs éparses (id.) ; Victor Wallet :

Lyre d'Escholier (id.) ; Raphaël Damedor : Poèmes humanitaires (Vanier) ; Léon Riotor : Le sage Empereur (Mercvre de France) ; Maurice Magre : Le Retour, pièce lyrique en un acte et en vers (Toulouse, bibliothèque de YEffort)', Charles Rouch : Chants des Coucous (Nadaud) ; E. François : Les Comédies du jour {Société libre d'édition des Gens de lettres) ; Louis Fabulet : La Crise (Charles).

Roman ; Maurice Beaubourg: La saison au bois de Boulogne (Simonis Empis) ; Paul Adam : Les cœurs nouveaux (OliendorlF) ; Charles Foley: La Dame aux millions (OHendorfT) ; Léon Ferbeyre ; Le gendre du Président (Société libre d'édition des Gens de lettres) ; André Bellessort : Reine Cœur (Librairie académique Perrin) ; Amédée Pigeon : Un ami du peuple (Armand Colin) ; FernandVandérem : La Patronne (Ollendorff); Emile Pouvillon ; Mademoiselle Clémence (Ollendorff).

Divers ; Louis Geoffroy : Napoléon apocryphe, nouvelle édition précédée d'une préface de Jules Richard (Librairie illustrée); Rocafort : Paulin de Pella (A. Picard); Montorgueil : Les déshabillés au théâtre (Floury) ; Augustin Filon : Le théâtre anglais (Caïman Lévyï ; Richard Wémau : L'Exposé, drame en un acte ; Louis Lutnet : Contre ce temps, préface de Jean Baffier (Bibliothèque de l'Association) ; Léon Bloy : La Chevalière de la mort (Mercvre de France); Henri Ma^el: La synergie sociale (Armand Colin) ; André Michel : Notes sur l'art moderne (Colin).

Littérature étrangère : Das lied von der Glocke, poème de F. Schiller, translation par Emile Strauss avec une gravure sur bois, deux lithographies, deux phototypies par Marc Mouclier (Bibliothèque d'Art de la Critique) ; Enrico Corradini: Santamura (Firenze-Paggi).

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