NOCTURNE
Or, ce soir-là, après une journée de pluies italiennes où, avec des apparences falottes, les rares passants fuyaient en des perspectives de murailles et de dalles ruisselantes et où, trop tôt, la nuit s'étendit sur un ciel inexorablement clos de nuages, — Yvonne était accoudée à sa fenêtre. La brume pénétrait d'une humidité mortelle. Avec des remous de grand fleuve, l'Arno débordant roulait ses plaintes exténuées, s'engouffrant dans les ténèbres par delà les tremblotantes lumières du Ponte Vecchio. Sans s'y appliquer, la jeune fille se remémorait ses désillusions sentimentales et comme il faisait sombre, et que c'était une soirée perdue et pourrie, ses pensées se mélancolisèrent jusqu'aux larmes.