INDULGENCE
Un soir, un autre soir, Yvonne lui demanda s'il lisait beaucoup de romans. Afin d'indiquer que son esprit deviendrait sérieux pour lui plaire, Renato eut ce bel élan de négation :
— Oh ! non, jamais 1
M m0 de Bodenberg, qui, en mère avisée, suivait de loin toutes leurs conversations, comprit ce que cela signifiait. Avec sa bonté et sa discrétion habituelles, il lui parut opportun de remettre les choses au point :
— Pourtant, ce serait de votre âge.
Sans répondre, le Principino sourit — il avait entendu et plus tard, cette même soirée, il nomma comme par hasard, des romans qu'il adorait, de ceux que l'on lit, à vingt ans, quand la vie n'est qu'un long divertissement et que les pâles illusions n'ont point encore passé sur vos yeux leurs mains décevantes. M me de Bodenberg qui aimait les personnes intelligentes jugea que c'était bien.