TRAITEMENT
Il doit être général et local.
Le traitement général sera basé sur la connaissance de la dominante étiologique.
I faut combattre chez notre porteur de papuleuse mi-
liaire, lémotivité, les phénomènes dyspeptiques, les
troubles menstruels suivant la prédominance affectée. par chacun de ces troubles.
Effectuons une ordonnance pour un cas schématique de papuleuse miliaire où les troubles que nous venons de citer interviendraient d'une façon à peu près égale dans l'étiologie. Nous sommes en présence d’une pari sienne d’un cerlain milieu qui nous consulle :
1° Mener une vie calme, éviter autant que possible, toutes les causes d'émotivité; ne pas se laisser aller à la colère. Se coucher tôt, se lever de bonne heure. Ne pas travailler le soir à la lumière.
Prendre 10 jours par mois, pendant 3 mois une série de douches tièdes, en jet brisé le long de la colonne vertébrale, d’une durée de 3 minutes. Changer si possible de milieu. Aller à la campagne ; une cure d'altitude ferait le plus grand bien. Eviter le bord de la mer.
Ne pas porter de voilettes, ou des voilettes blanches, facilement lavables, flottantes, ne collant pas sur la fi- gure, ne pas faire trop d'automobile découverte.
Faire un exercice modéré en bon air. La marche est encore le meilleur des sports.
Supprimer le corset el porter une sangle de Glénard, ou tout au moins un corset prenant son point d'appui sur les hanches et non sur les organes abdominaux. Nous prescririons en cas de nervosisme {rop grand, des pilules à base d'extrait de Valériane.
Eviter en somme toute cause interne ou externe qui peut amener la congestion du visage.
2% Contre les troubles digestifs : se faire mettre la
bouche en élat par le dentiste, S'il y a lieu prendre un appareil de prothèse. L'hygiène de la cavité buccale doit être absolue.
Mastiquer les aliments avec le plus grand soin ; mettre au moins une heure pour prendre son repas. Supprimer complètement de l'alimentation, le café, le thé, l'alcool, le chocolat, les épices, le vin pur, les crudités, la charcuterie, le poisson de mer, les coquillages, les crustacés, les œufs s'ils ne sont pas frais, le veau; manger peu au repas du soir et plus abondamment au pelit déjeuner du matin. Faire plutôt des petits repas moins abondants, mais plus fréquents boire peu en mangeant. Une demi-heure avant le repas et une demi-heure après. boire une infusion chaude de tilleul, camomille, etc.
{En cas de dyspepsie hyperchlorydrique marquée, nous ordonnerions des paquets, à base de charbone, magnésie el craie après les repas). Combattre par tous les moyens la constipation : massage abdominal, sulfate de soude, 15 grammess le matin à jeûn, cascarine le soir.
S'il y a des phénomènes d'entérite muco-membraneuse, suivre le régime ordonné dans cette affection : nouilles, macaronis, fraises-cerises el compote. En cas d'infection intestinale très forte donner du calomel à doses fractionnées, et le lendemain à jeûn 30 grammes d'huile de ricin bien battue dans du lait très chaud. Prescrire une cure à Vichy ou à Carlsbad s’il y à des phénomènes hépalhiques concomitants.
3° Régulariser les menstrues ; sangsues à la face su-
eye
pero interne des cuisses en cas d’aminorrhée, au besoin si les règles sont douloureuses et irrégulières, nous placerions un laminaire destiné à dilater le col utérin et s'il y a lieu nous redresserions l'utérus en retro ou ante-
version.
Traitement local, hygiènique et médicamenteux. — Le lavage de la face doit être fait avec de l'eau bouillie chaude, dans laquelle on peut faire bouillir dix têtes de camomille par litre.
Une bonne pratique est de se servir d'eau bouillie avec une cuillerée à café de gros sel de cuisine par demi litre. On doit proscrire d’une façon absolue l'usage du savon. Le lavage de la figure ne doit pas se faire avec une servielle mais de préférence avec des tampons d'ouate hydrophyle dont les contacts sont beaucoup plus doux.
En ce qui regarde les prescriptions médicamenteuses au point de vue local on doit, dit le docteur Brocq, procéder par lalonnements. «€ Il faut étudier chaque malade el voir ce que ses léguments peuvent supporter. Que de fois en ville nous est-il arrivé de guerre lasse de tout supprimer, de prescrire du simple cold-cream frais et d'obtenir ainsi de réelles améliorations. Il y a des femmes dont la peau est tellement peu tolérante, qu'on est obligé de leur faire nettoyer la figure avec du cold cream frais ou de la très belle vaseline pure Chesbrough, puis on leur conseille, du moins si elle peu-
vent le supporter de tamponner le visage avec de
l'ouale hydrophylle, imbibée d'eau aussi chaude que possible ayant bouillie soit avec de la guimauve, soil avec de la laitue, soit avec du son ; peu à peu on y fait ajouter de l'acide borique, du chlorate de soude où du coolla sapaniné à doses croissantes.
Parfois c'est tout ce que l’on peut faire tolérer a ces peaux qui sont le type des peaux irrilables surtout s'il y a complication d’urticaire.
On prescrit alors après les lavages, d'appliquer du simple cold-cream frais où de la pommade à Foxyde de zinc au dixième avec du cold-cream et dans laquelle on tente d'ajouter un centième d'acide sælieylique. Par dessus la pommade en poudre avec de lamidon ou du tale.
Mais si c'est possible on doit employer les topiques plus énergiques.
Pour cela on prend la pommade précédente comme point de départ et on y incorpore soit de 1/200 à 1/75 de résoreine, soit de 1/150 à 1/75 de naphtol et de eamphre, soit de 1/70 à 1/15 de calomel, soit de 1/30 à 1/10 de soufre. Ce sont là en effet, les quatre types. Résorcine, soufre, mercure, naphlol et camphre qui donnent les moins mauvais résultats.
Quand le soufre est supporté c’est lui qui paraît avoir le plus d'efficacité. Malheureusement, il donne souvent lieu à des poussées inflammatoires des plus vives. Parfois il est mieux toléré en lotions qu'en pommade, mais nous ne conseillons pas d'employer dans ces cas la lo-
lion soufrée de l'hôpital Saint-Louis, même fort miti-
gée ; par exemple : « Soufre précipité S grammes, alcool camphrée 15 grammes, eau distillée 100 grammes. Presque loujours celte préparation et les formules similaires provoqua de véritables désastres. Nous avons pu cependant nous servir parfois avec un certain succès, d'un mélange formulé de la manière suivante : soufre précipité 8 grammes, alcoo! 4 grammes, glycérine pure IS grammes, sulfate de zinc 40 centigrammes, eau distillée 170 grammes ; agiter violemment avant de s'en servir. 1} faut imbiber dans ce mélange un petit tampon d'ouate roulé au bout d'une allumelte el se contenter d'en toucher les points malades avec beaucoup de précaulion : puis on laisse sécher. Si la peau s'irrite on neltoie au coldeream frais au boul de quelques minutes.
L'eau-de-vie camphrée pure en lotions quotidiennes ou biquotidiennes est assez souvent bien supportée. Elle nous à paru dans un certain nombre de cas, cons-
{ituer le meilleur topique curatif el surtout préventif.
Dans d'autres cas nous avons eu des succès avec les pommades-renfermant du savon noir de cuisine à des doses qui variaient de 1/100 à 1/20. Peu à peu nous incorporions du naphlol ou de la résoreine à doses croissantes. Ce sont surtout dans les cas compliqués d'eczéma seborrhéique que ces dernières préparations réussissent.
Enfin dans certains cas rebelles, nous avons pu arri-
ver à rendre peu a peu la peau tolérante et à utiliser les
pommades au soufre, au savon noir, au naplhol, à Ja
nie
résorcine, que nous avons l'habitude de prescrire dans l'acné vulgaire.
Mais quand on les emploie il faut toujours être sur ses gardes car nous avons eu des malades quis'en servaient depuis plusieurs mois avec un succès complet, être pris soudainement de poussées inflammatoires provoquées par ces préparations el être désormais obligé d'y renoncer.
Nous avons également essayé chez nos malades des préparalions à base de thigénol et d'icthyol qui après des tatonnements nous ont donné de bons résultats. Ces médicaments à la dose de 1/20 au 1/30 nous ont semblé très efficaces, incorporés à une pâte soufrée.
Les vernis à la caséine dans lesquels on incorpore le sapolon, le thigénol et licthvol peuvent donner des
succès à la dose de 1/20.
Traitement local par le massage. — (Ce lrailement donne d'excellents résultats dans léruption papulopustuleuse miliaire de la face. Voici d'après le (1) Dr Brocq la L'chnique du massage dans le cas particulier qui nous occupe (Nous renvovons aussi à la thèse du D' Leroy (2).
« On emploiera le massage friction après avoir eu soin de se rendre compte de la susceptibilité cutanée du sujel. Celui-ci peut être fort ou faible ; il peut se faire dans un sens ou consister un mouvement de va et vient. ) Brocq, traité élémentaire de dermatologie pratique.
(I (2?) Leroy, massage plastique dans les dermatoses de la face.
NN
Il estessentiellement constitué par desfrottements exercés à la surface des téguments par la pulpe des doigts à à un où imprégnés, séché où enduits d’un corps gras quelconque.
Ces frottements peuvent être comme nous venons de le dire exercés cn lous sens en un mouvement de va et
vient plus où moins rapide. C'est la véritable friction. Ce n’est déjà plus du vrai massage... Ils peuvent au contraire être dirigés dans un sens toujours le même de manière à suivre des lignes parallèles où encore un peu convergentes : c’est cette variété de frictions que nous utilisons au euir chevelu dans la seborrhée pure.... et aussi à la face dans les cas de couperose, de telangieclasies, de poussées congestlives avec luméfaétions des joues décongestionner les téguments. On peut les exécuter très fort, en pressant fortement sur les téguments soit qu'on veuille agir sur les réseaux superficiels où profonds, sur lestissus dermiques où sous dermiques, soit qu'on veuille essayer de décaper une plaque malade... On peut au contraire les faire légers très superficiel en exerçant une pression très modérée sur les téguments de manière à n’agir que sur le réseau vasculaire superticiel. Ce dernier mode opératoire se confond presque avec l’effleurage. Brocq procède avec la pulpe des doigts imprégnés d’un corps gras. Nous l'imprégnerons dit-il de cerat sans eau, frais, de colcream frais, sans odeur où d'une pommade quelconque à l’hamamelis où à l’ergotine où à la résorcine faite avec les excipients
précédents que nous trouvons bien supérieurs à la va-
seline qui colle au doigt et ne lui permet pas de glisser sur les téguments avec la même souplesse et la même légèreté.
C'est aussi avec eux que nous exécutons le massage effleurage qui consiste essentiellement comme son nom l'indique à effleurer les téguments avec la pulpe des doigts. On ne doit pas à proprement parler exercer de frictions. 11 faut que les doigts et la main conservent une extrême souplesse et glissent sur la peau en n’appuvant qu'avec beaucoup de légèreté du moins au début. C'est ici surtout qu'intervient lhabilelé manuelle, la finesse du doigté et le fluide de l'opérateur.
Ces massages effleurages s’exéculent surtout dans le sens de la circulation veineuse. .... C'est ainsi que pour les telangiectasies faciales les mouvements doivent être exécutés de haut en bas, de dedans en dehors, d'avant en arrière, c’est-à-dire suivant des lignes qui partant de la tempe, de la paupière inférieure, de l'angle interne: de l'œil, du sillon naso-genien, convergent en éventail vers l'angle de la machoire inférieure, c'est-à-dire vers
les gros troncs nerveux du cou ».