‹ L'Éruption Papulopustuleuse Miliaire Récidivante De La FaceChapitre 8 sur 23 · DIT · texte numérisé non relu

DIT

considérer comme des variétés de ce que l’on a appelé eczéma séborrhéique (nos séborrhéides) et celte hypothèse paraît d'autant plus soulenable qu'ils se compliquent parfois ainsi que nous le voyons chez certains malades, de séborrhéides pityriasiques de la face .........

« Nous sommes donc conduits, dit le D' Brocq, en terminant, à ce que les éléments si caractéristiques d’aspect et d'allures constituent une forme éruptive bien spéciale qui s'observe surtout chez la femme. »

Unna (Rosacea Medisinische Klinik, 1907, page 1067, 1101, 1132, 1168, 1194) semble faire de l'éruption papulopustuleuse miliaire récidivante de la face, une phase de la Rosacea (acné rosé des auteurs).

Ainsi, d'une façon générale nous croyons que l'affecion qui fait l'objet de ce travail a loujours été englobée dans le cadre de la couperose dont elle doit être nettement distinguée ou tout au moins considérée comme une forme clinique spéciale.

Nous nous efforcerons de mettre en relief les caractères pathognomiques de la papuleuse miliaire, qui nous permettront de la différencier de l'acné rosé vraie avec lequel elle est confondue par la plupart des auteurs.

Puisque celle confusion des deux affections existe encore dans l'esprit de certains, nous croyons utile d’esquissér légèrement les principaux caractères et l'historique de la eouperose, historique qui est en somme le même que eclui de notre éruption papulopustu- Jeuse.

(1) Le mot couperose vient des deux mols latins, gutta rosacea, employé par les médecins du moyen-âge, pour désigner les tâches rosées vasculaire apparaissant sur la figure de certaines personnes.

(2) C'est l'anglais Willan quile premier, il y a de celà un peu plus d'un sièclé appliqua l'appellation d'acné à la maladie de peau baptisée gulla rosana, par les médecins du moyen-âge, Ambroise Paré en particulier. Or, si l’on s'en rapporte au professeur Unna de Hambourg, Willan n'employait pas du lout le terme d'acné dans son acceplalion contemporaine. Il n'entendait nullement faire de son acné une affection des glandes tébacées, ainsi qu'il advint dans la suite.

Or déjà Rayer dans son traité de la maladie de la peau (1835), s'était insurgé contre une confusion qui allait devenir de pratique courante. [l'avait consacré deux chapitres distincts à l'acné vulgaire et à la couperose, couramment dénommée acné « rosacé ». [la nettement séparé ces deux dermatoses l’une de l’autre.

Pour Dévergie, la couperose élait une affection des capillaires sanguins et quand les glandes tebacés étaient intéressées, c'étaient à titre accidentel. Aussi distrayaitil la couperose de la classe des acnés.

Hardy adopta le même point de vue.

Besnier et Doyon dans leurs annotations au traité des

(1) Unna Medizinische Klinik 1006. page 10-67,

(2) Nous avons pris les renseignements dans le journal du D: E. Ricklin. 18 novembre 1909: Nature et traitement de la couperose {acné rosanes) par Ricklin d’après Unna.

mn

maladies de la peau de Kaposi, jugèrent utile de faire cette remarque au sujet de la facilité, admise par ce dernier, de faire le diagnostic de couperose ; « Nous considérons au contraire que des exceptions très nombreuses à cette facilité du diagnostic de l'acné rosacé se présente dans la pratique, quand il s’agit, après avoir établi le diagnostic d’acné Wsiculaire, d'acné sanguine, de distinguer les variétés les unes des autres ; les difficultés principales s’établissent entre l’acné rosacé et le lupus erythémateux de la face dont quelques variétés effleurent étroitement l'acné érythémateux, quelques variétés de lupus pernio ; l’eczéma stea- Losique du visage, le poriasis de la région centrale de la face.

En Allemagne, Hebra, dont l'autorité fut si grande en Dermotologie, a soutenu la thèse d'une distinction fondamentale à établi’entre l'acné vulgaire et l’acné «rosacé » ou couperose, deux affections cutanées qui n’ont qu'une manifestation commune, la pustule aeneique, susceptible de manquer dans la glande.

Auspitz (1881) rangeait la couperose dans les dermalions angioneurotiques dépendant d’un trouble de l’innerootion vasomotrice.

Jarisch (1900) s'élevait contre l'erreur qui consiste à englober la couperose dans l'acné, étant donné que le fond de l'affection est constitué par des processus hyperémiques. De loute les maladies de peau la couperose est selon lui celle à laquelle convient le moins la déno-

mination d'acné.

Lang (1902) ne veut pas non plus du raltachement de la couperose à l'acné, car il s’agit dans la première d'une « néoformation qui dans les cas les plus légers se réduit à une dilatation et à une faible multiplication des vaisseaux », le tissu conjonctif et les glandes sébacées, n'y participant que dans les cas les plus graves et les plus avancés.

Mais en Allemagne de lous les Dermatologistes, c'est Unna qui s'élève avec le plus de force entre le rattachement de la couperose à la famille des acnés.

Depuis tantôt 20 ans et quelques, Unna soutient que la que la couperose dénommée à tort acné rosacée est une maladie sui généris, une forme de l’eczéma séborréhique. Pour Unna ïl n'existe qu'une acné, c'est celle qu'il qualifie de Juvénile, parce qu'elle constitue une dermatose de la puberté et de l'adolescence. Elle se développe entre l’âge de quinze et 5 ans. Celle acné là, quiest la seule vraie, porte sa signalure propre sous le nom du comédon.

Pas de comédon pas d'acné soutient Unna. Or le comédon fait défaut dans les cas de couperose. Sans doute celle-ci à un moment donné se compliquera de folliculite, mais qui n’a rien à voir avec l'acné ponctuée et dont la nature bactérienne est encore à délerminer.

Bref, Unna oppose l’une à l’autre deux entités morbides foncièrement distinctes, dont on a prétendu faire deux simples formes d’une même espèce morbide : l'acné

juvénile qui est un type de folliculite, la couperose qui

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