OBSERVATION XXXVII
Bouchut. Gazette des Hôpitaux, 1876.
Sur un cas de dentition précoce.
RE u ER Ar VU à .
L'enfant est affreux à voir, il est amaigri, son visage est ridé,
ses yeux sont saillants, son nez pointu est énorme, relativement
au volume de la tête, et sa bouche contractée, demi-béante, fait une grimace qui donne à l’ensemble l'expression d’une petite tête de vieillard d’un aspect vraiment comique.
On voit, sur les arcades dentaires, des dents au nombre de trois qui sortent d’une gencive rouge et tuméfiée. Ces dents sont le reste d’un groupe de 7, constaté peu après la naissance. Elles ressemblent à de petites masses informes, occupant: deux la place des incisives médianes inférieures, et une la place d’une molaire.
Il est probable que ces dents tomberont comme les premières,
si Penfant ne succombe pas avant, ce qui est plus probable.
OBSERVATION XXXVIII Brindeau et Macé. Comptes rendus, Société d'Obstétrique de Paris, 1901.
Streptococcie buccale chez un nouveau né. — Nécrose du bord alvéolaire du maxillaire supérieur.
L'un de nous a déjà eu l'honneur de présenter à la Société d’obstétrique de Paris quelques observations de plaques ptérygoïdiennes de nouveau-nés, ayant amené à leur suite des complications plus ou moins graves. Nous venons d’en observer un autre cas à la clinique Tarnier, qui s’est terminé par la mort.
Il s’agit d'un enfant né à terme, de mère probablement syphilitique, très bien constitué au moment de sa naissance. Six jours après l’accouchement, on remarqua que le nouveau-né présentait sur le bord alvéolaire du maxillaire supérieur deux plaques grisâtres symétriques, au niveau de l'extrémité ptérygoidienne de ce bord.
Ces plaques étaient constituées par de petites ulcérations superficielles recouvertes d’une fausse membrane très mince. Après avoir frotté la surface de l’ulcération, nous examinâmes le pus directement, en même temps que nous faisions des cultures sur différents milieux. Ces recherches nous ont montré l'existence
du streptocoque et du staphylocoque blanc.
RSoes
Les jours suivants, la plaque ptérygoïdienne du côté gauche s'ulcéra de plus en plus, en même temps qu'elle prenait une teinte noirâtre, puis nous vimes bientôt à son centre un petit nodule blanc nacré qui ne tarda pas à être expulsé. Ce nodule, gros comme un pois, était constitué par une des molaires qui s'était énucléée de son alvéole.
En même temps que la lésion locale augmentait, l’état général du nouveau-né devenait mauvais. Sa température atteignail 40 degrés dans le rectum, sa courbe diminuait visiblement. Deux jours avant sa mort, apparurent de nombreuses plaques érysipélateuses ‘sur la tête et le tronc.
En somme, nous voyons que ces plaques ptérygoïdiennes à streptocoques, qui paraissent si bénignes au début, sont devenues le point de départ d’un sphacèle ayant envahi le bord du maxillaire et l’alvéole d’une molaire. Cette expulsion spontanée de dent par envahissement streptococcique n’est évidemment pas très fréquente. Elle s'explique par la virulence particulière de l'infection, qui s’est du reste généralisée, puisque
l'enfant est mort avec un érysipèle étendu.