MODES DE DÉBUT CHEZ LE VIEILLARD
La période d’invasion de l’érysipèle se manifeste successivement chez l’adulte par l’apparition de symptômes généraüux digestifs et nerveux, puis par le frisson et la fièvre, enfin par l’adénopathie précoce.
Tout autre est le tableau clinique chez le vieillard. En ce qui concerne les troubles digestifs et nerveux, on peut bien observer de la céphalalgie, de la courbature, de l’anorexie avec pesanteur gastrique. Mais ce n’est déjà que l’exception. À plus forte raison n’observera-t-on guère les vomissements, la langue saburrale. Quelquefois, au lieu de ces signes, l’infection s'annonce chez le vieillard par de la bronchite des grosses ou petites bronches, de la congestion pulmonaire ou un foyer broncho-pneumonique.
En ce qui concerne les frissons ou les frissonnements répétés qui peuvent le remplacer, ils manquent habituellement et, tout au plus, peut-on observer des frissons peu 1ntenses et répétés.
La température, s’élevant brusquement, chez un vieillard, à 390 ou 400, peut être le premier symptôme, et, comme les autres phénomènes généraux, comme les frissons, cette ascension peut précéder de deux ou trois Jours l’apparition de la plaque. Notre avis personnel est, d’après nos observations qui ne le constatent que deux fois, que cette constatation de la fièvre avant l’exanthème est, chez le vieillard, peu fréquente
Quant au troisième sigre de cette période, l’adénopathie douloureuse à la pression, elle fait souvent défaut ch2z le vieillard, et, en ce qui nous concerne, nous ne pouvons donner aucune observation de cette adénopathie prémonitoire ct la considérons comme. très peu fréquente.
Ainsi donc, symptômes généraux divers, frissons et fièvre, adénopathie, sont tous des signes d’exception à la période d’invasion de la maladie. Nous pouvons donc dire que la plaque érythémateuse est, chez le vieillard, plus que chez l'adulte, la véritable caractéristique de la maladie.
Nos observations, portant sur 30 malades, ne relèvent l'existence de signes cliniques, avant la plaque, que dans six cas. Un emquième done des vieillards, seulement, présente cette période d’invasion. Chez l’un, la période d’invasion consista en céphalées avec persistance d’une albuminurie anciennement constatée; chez une autre malade, il veut, plusieurs heures avant l’apparition de la dermite, une apparition de maux de tête, avec une température de 3905; une troisième souffrit également quelques heures de maux de tête, avant l’exanthème.
Deux autres malades eurent en outre des frissons : l’une, un frisson léger trois jours avant la dermite, l’autre des frissons répétés la nuit précédant l’exanthème, frissons qui persistèrent d’ailleurs encore pendant deux journées. Enfin, un début par des phénomènes pulmonaires se caractétérisa par une congestion pulmonaire bilatérale, dominant à gauche avec 389 le premier jour, 3804 le second jour, et abaissement de la température le troisième jour, avec l’apparition de la dermite. Nous avons déjà fait mention de la possibilité du début par phénomènes pulmonaires de l’érysipèle dans la vieillesse. |
Les signes d’invasion de la maladie sont donc non seule-
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ment rares, mais encore, quand ils existent, légers. Un des Six malades qui les présentèrent mourut à l'issue de la maladie et fut le seul cas mortel des trente que nous rapportons.
Dans nos 30 observations, le premier, le seul élément sérieux de diagnostic fut l’apparition de la dermite. Dans toutes ces observations, la nature streptococcique de la dermite apparut nettement de prime abord, avec des caractères cliniques suffisants.
Nous n’irons pas jusqu’à dire pourtant que c’est cette seule symptomatologie locale qui dénonce l'affection. La dermite Streptococcique s’est accompagnée, chez nos sujets, d’une élévation thermique immédiate. Cette élévation thermique frappe l’observation pour plusieurs raisons.Elle apparait, en effet, chez un sujet bien portant quelques heures auparavant. Elle manque rarement, car, ayant pris la température de malades au moment même de l’exanthème, nous avons trouvé les chiffres suivants :
Hyperthermie es m0 AU RE 25 cas NON A Be CI A DIU D'ART DS MN 1 cas Température non prise au moment
du début de l’exanthème ...... & cas
Que sont devenus ces cas avec hyperthermie et avec apyrexie à la période d’état? Nous pouvons, dès maintenant, dire que l’apyrexique est resté toute la maladie en apyrexie, et que les fébriles sont restés, dans la suite de leur maladie, à une température inférieure à cette hyperthermie ini-
tiale — du moins, le plus grand nombre d’entre eux. Voici les chiffres que nous avons relevés :
Température maxima le 1er jour de l’exanthème.... 15 cas == — le 2e, jour a er 7 — — le 3° jour to 4 De — Je 5° jour RS NL, —— — Je 97e jour (dacryocystite)...... 1 Témpérature constamment, normale ................ 1 Température non prise au début de l’exanthème ...... A
SNS OR
Parmi les malades qui présentèrent leur température maxima le 4€ jour de l’exanthème, 11 sur 15 présentèrent cette température maxima lors de la première température prise de toute la maladie.
Ainsi donc, non seulement cette hyperthermie initiale est frappante et normale, mais elle est la température maxima dans plus de la moitié des cas.
On constaterait aussi, trois fois sur quatre, dans les quatre observations de récidive que nous pourrions ajouter à nos 30 cas précédents, que la température maxima a été la première température prise. Le quatrième cas est une récidive avec apyrexie continue.
La courbe thermique de l’érysipèle sénile, par son fastigium initial fréquent, et, comme nous le verrons à la période d’état, parsa chute en lysis fréquente, offre les deux caractères de la première des courbes de fièvre érysiplateuse de Sorel.
Pourtant, la température maxima de cette première courbe serait, en général, vers 380, alors que la température initiale de lérysipèle sénile, très variable (de 3706 à 4006 dans nos observations) est aux environs de 390.