PRONOSTIC
Trousseau a écrit: « Quand il survient dans les 15 ou 20 premiers jours de la vie, l’érysipèle est fatalement mortel. » Et sans doute les statistiques n’ont fait que confitmer cette sorte d’axiome ; Trousseau avouait d’ailleurs n'avoir jamais vu guérir d'enfant âgé de moins d’un mois. Cette mortalité s'explique par le peu de résistance du sujet, qui la plupart du temps est un athrepsique, ou un sclérémateux, quelquefois aussi par la virulence du streptocoque.
Cependant, nous savons qu'il est des castrès particuliers où la guérison est survenue grâce à une évolution spéciale de la maladie.
On a dit et répété que la gravité de l’érysipèle était due à l'absence de réaction leucocytaire chez l’enfant, sans que d’ailleurs nulle preuve expérimentale en ait été fournie jusqu'ici. L'absence de réaction ganglionvaire est-elle si probante ? Peut-on dire d’une façon absolue qu'il n’y a pas de défense lymphatique chez le nouveauné ? Nous avons rencontré cependant des observations où on notait des adénopathies consécutives à l’érysipèle. Ne faut-il pas plutôt admettre que cette réaction n’a pas
— Re
le temps de se produire à cause de la marche rapide de l'infection ?
Et n’arrive-t-1l pas souvent chez l'adulte que. la plaie initiale est cicatrisée alors que l’infection ganglionnaire qui en dépend se manifeste seulement 15 jours, À mois après, si bien que l’anamuëèse en est souvent obscure et imprécise !
Somme toute le pronostic reste très grave et les différents traitements proposés jusqu’à ce jour ne peuvent être considérés que comme des moyens tout à fait insuffisants.