‹ L'ÉRYSIPÈLE DU NOUVEAU-NEChapitre 7 sur 32 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Nous aurions eu plaisir à apporter des documents récents concernant l’anatomie pathologique microscopique de l’érysipèle des nouveau-nés. Malheureusement les cas que nous avons pu recueillir ou bien n'étaient pas accompagnés de renseignements nécropsiques ou bien ne contenaient que l'examen macroscopique des différents viscères. Nous sommes donc forcés de nous en tenir à l'étude déjà un peu ancienne, mais qui fait encore autorité, du D' Pierre AcHazmEe. Nous complèterons ses descriptions à l’aide de nos propres observations et de quelques travaux plus récents, notamment ceux de M. le P° Roger.

Suivant Achalme, une distinction s’impose entre l’érysipèle péri-ombilical, et l'érysipèle non ombilical du nouveau-né.

Dans l’érysipèle non ombilical sur le cadavre. Les lésions se présentent comme chez l'adulte. Ma-

croscopiquement, la plaque est constituée par une tuméfaction dure, plus ou moins étendue, et légèrement vio-

lacée. Quelquefois la suppuration ou la gangrène ont entraîné des modifications profondes des tissus ; dans d’autres cas, des phiyctènes soulèvent les couclies épidermiques. Le siège de l’érysipèle enfin se trouve dansle derme, et, comme chez l’adulte, les microbes se disposent autour des vaisseaux sanguins et lymphatiques, mais, différence capitale, alors que chezl'adulte, de nombreux leucocytes, agents de la phagocytose, viennent s'opposer à l'invasion microbienne, chez le nouveau-né on n’observe aucune réaction de défense semblable.

Dans l’érysipèle péri-ombilical.

Le siège est tout différent. Ici les streptocoques se trouvent uniquement dans le tissu cellulaire. C’est un érysipèle à siège uniquement sous-cutané, sans que toutefois les cellules graisseuses des mailles hypodermiques soient envahies. De toutes manières, le corps papillaire et la couche moyenne du tissu dermique en sont complètement indemnes... « C'est dans les travées conjonctives qui séparent les lobules les uns des autres que les streptocoques ont élu leur domicile. On les y trouve en si grande quantité, qu’à un faible grossissement, les tractus conjonctifs apparaissent presque uniformément violets. C’est surtout à l’entour des vaisseaux sanguins que les microorganismes sont amassés, sais que Jamais nous ayons pu en apercevoir dans leur intérieur autrement que sous la forme d’une ou deux chaïinettes isolées.

La gaine lymphatique vasculaire est, au contraire,

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complètement injectée par les microbes et se présente : sous la forine d’un canal irrégulier fortement coloré près duquel se détache en clair la coupe de l'artère et de la veine (Achalme). » De plus une sérosité fibrineuse très abondante infiltre les mailles et donne à la peau une dureté considérable. D'ailleurs, ici, comme dans l’érysipèle non ombilical, pas de réaction leucocytaire. \

Quelle que soit la localisation primitive de l’érysipèle, les microbes peuvent aller créer des lésions à distance par embolie. Cette éventualité est d’ autant plus ad missible que ni dans les gros vaisseaux lymphatiques, ni daus les gauglions on ne trouve de réaction de défense. Une septicémie généralisée ou des thrombus pourront donc terminer l’érysipèle. Dans l'examen des complications, nous uous réservons d'étudier avec plus de détails les manifestations viscérales de l'infection. :

D'une façon générale, l'intoxication est si rnb dé que des lésions importantes n’ont guère le temps de se développer.

Le rein estle plus souvent congestionné une de nos observations fait mention de cette cougestion, et Chevé, daus sa thèse, publie également un cas dans lequel il a observé macroscopiquement et microscopiquement des hémorragies intra-rénales très nettes : « les pyramides sont congestionnées, les vaisseaux dilatés et parfois rompus, le glomérule est distendu ; on peut rencontrer des infarctus » (Ghevé). Quelquefois on note des suppura-

tions, mais dues la plupart du temps à des infections surajoutées : nous savons, en effet, que ces enfants sont souvent la proie d’affections intestinales, de muguet, de

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