‹ L'ÉRYSIPÈLE DU NOUVEAU-NEChapitre 8 sur 32 · DT · texte numérisé non relu

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bronchites, envahis de tous côtés par des microbes dont l’association est constante.

L’ictère est bien une des complications les plus communes; on l’observe, surtout dans les cas d’érysipèle péri-ombilical. ;

Nous avons déjà fait remarquer combien est fréquent d’une manière générale l’ictère chez le nouveau-né, si fréquent que la notion de l'infection doit dominer son ‘étiologie. Dans les cas d’érysipèle périombilical la transmission est évidente. On observe d’ailleurs tous les degrés de la progression infectieuse, périphlébite, phlébite, pylé-phlébite et hépatite. |

Les infections broncho-pulmonaires au cours de l’érysipèle relèvent soit du streptocoque, soit du pneumocoque. Il existe de véritables broncho-pneumonies streptococciques, avec les lésions anatomo-pathologiques communes et où le streptocoque est aisément retrouvé dans le pus que l’on exprime des bronchioles.

Nous ne connaissons pas d'observations où des lésions de la rate aient été signalées.

Dans le sang, les streptocoques ne se trouvent pour ainsi dire jamais. Malassez a constaté une diminution des globules blancs et des globules rouges, avec une légère hyperleucocytose. Dans la Presse medicale du 4°" juillet 1899, le P' Chantemesse, cité par Chevé, « dit avoir observé chez l'enfant une augmentation de la leucocytose totale sans élévation relative du nombre des polynucléaires, plus faible d’ailleurs que chez l'adulte. Mais il n’est pas fait mention dans l’article de l’âge des enfants, ni de la terminaison des cas observés. »

SYMPTOMATOLOGIE

L’érysipèle du nouveau-né peut débuter brusquement et nous avons dans nos observations un cas typique où l'apparition de la plaque a coexisté avec une élévation brusque de la température à 38°. Quelquefois, l’élévation de température peut précéder l'apparition de la plaque de 24 ou 48 heures, la plupart du temps, les phénomènes généraux du début passent inaperçus, et c’est uniquement le changement de coloration de la peau qui attire l'attention.

La plaque érysipélateuse siège lé plus communément à la face (Hervieux), à l'ombilic, souvent au pénil (Trousseau).

La peau est légèrement tuméfiée, rouge vif, râpeuse, sans qué toutefois l’on observe souvent l’éxistence d’un bourrelet périphérique. De son point de départ, l’infection s'étend avec une extrême rapidité si toutefois la résistance du petit malade lui én dénné le temps.

Quelques observations d’abcès compliquant l’érysipèle - nous montrent d’une façon saisissanté les désagrégations que peut produire le mal, l'étendue du territoire cutané

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qu'il peut envahir si le petit malade peut lutter ; l’érysipèle est essentiellement ambulant (Trousseau).

La fièvre apparaît généralement le 2° ou le 3° jour et peut s'élever jusqu’à 41°; elle oscille généralement entre 38° et 39° ; chez les débiles, après une courte ascension fébrile, l’'hypothermie apparaît (Observation V). Le pouls est « extrêmement rapide et petit » (Hutinel et Darré), à 160 pulsations et plus.

L'enfant cesse de prendre le sein, et pousse de faibles gémissements ; sa face est grippée comme dans les grandes infections ; les yeux sont excavés; la peau est sèche, la langue blanche au centre et rouge sur les bords.

Bientôt apparaît de la diarrhée , le ventre se rétracte ; l'enfant vomit, surtout dans les infections ombilicales, l’ictère ou tout au moins un peu de subictère apparaît.

On à observé également à plusieurs reprises au cours de l’érysipèle des convulsions qui aggravent le pronostic (observation de Fredet). he

A mesure que l'érysipèle s'étend, la plaque primitive pâlit et s’efface, mais reste susceptible de s’infecter de nouveau. Quant à la durée de l’exanthème, «le maximum est huit jours, le mirimum trois jours » (Hervieux).

Enfin, le tableau peut changer et l’on peut voir survenir: des abcès multiples, disséminés sur tout le corps, ou des. plaques de gangrène. Dans le premier cas, nous verrons que le pronostic est très favorable, et bien que Chevé parle de fistulisation et d’épuisement général nous n’avons pas trouvé d'observation semblable.

Les plaques de gangrène que l'on observe surtout aux

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organes génitaux externes n’ont pas de suites très graves, car la cicatrisation se fait très bien.

La durée totale de la maladie peut varier de 5 jours à 1 mois.

Elle se termine le plus souvent par la mort. L'enfant. succombe à l’intoxication, à une affection intercurrente, ou à l’une des complications que nous énumérons dans le chapitre suivant. La guérison survient quelquefois, seulement dans deux cas :

1° Dans les érysipèles à streptocoque atténué ;

2° Lorsqu'il se forme des abcès. Nous aurons l’occasion d’insister à propos du traitement sur le rôle curateur joué par ces abcès.

Enfin, dans deux cas cités par Hutinel et dans une observation qui nous est propre, la guérison est survenue sans avoir été précédée de suppuration cutanée. Les observations rapportées; par Hutinel sont celles d’un enfant de 14 jours et d’une enfant de 12 jours dont l’érysipèle a débuté au niveau du pénil.

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