‹ L'Érysipèle et les Maladies Streptococciques à Gap, en 1897Chapitre 20 sur 27 · MODE DE PROPAGATION · texte numérisé non relu

MODE DE PROPAGATION

Dieulafoy fait une part égale à la contagiosité et à

la spontanéité dans l'érysipèle.

Widal (1) s'exprime ainsi sur le mode de propaga-

tion de l'érysipèle :

« L'érysipèle médical éclate le plus souvent spontanément, en dehors de toute contagion apparente. Pour contracter un érysipèle, nous n'avons pas besoin de recevoir par contact direct un streptocoque tout exalté dans sa virulence, nos streptocoques saprophytes du nez ou de la bouche suffisent à la tâche. Nous avons montré, M. Bezançon et moi, comment, par association avec un coh-bacille virulent, on pouvait rendre ces organismes capables de produire l'érysipèle. Dans la nature, nombreuses sont les causes qui peuvent ainsi relever la virulence de nos streptocoques. La plupart d’entre elles nous échappent encore. »

(1) Widal. Trailé de médecine et thérapeutique.

À la société médicale des hôpitaux, Guyot (1) s'exprimait ainsi: « pendant sept ans que le service « d'isolement a‘existé, il y a été admis, par suite « d'erreurs ou de négligence nombre de malades « atteints d'affections très différentes : érythèmes, « eczémas, éruptions de toute nature. Or, à mon grand « étonnement, aucun de ces malades n’a été atteint « d’érysipèle, bien qu'ils fussent soignés par le même « personnel que les érysipélateux, et qu'ils vécussent «€ en commun avec eux. » Il est cependant convaincu de la contagiosité de l’érysipèle, mais ignore absolument dans quelles conditions la maladie se développe ; il faut une opportunité morbide que nous ne pouvons deviner.

Voici comment s'exprime Gaucher (2) sur cette même question de la contagiosité : l’érysipèle chirurgical est extrêmement contagieux ; l’érysipèle dit spontané de la face, au contraire l'est très peu, si même il l'est. À l'appui de cette thèse il cite un fait personnel : « Lorsque j'étais interne de M. Hillairet, mon maitre « m'avait chargé dans un but thérapeutique d'inoculer « l’érysipèle à des malades atteints du lupus de Ia « face. Toutes mes expériences sont restées négatives. « Néammoins, je ne nie pas la contagiosité de l'éry- « sipèle de la face, mais je la crois très rare, et pour « cette raison, j'estime difficile d'assimiler au point de

(1) Guyot. Société médicale des hôpitaux, 3 juin 1692. (2) Gaucher. Société médicale des hôpitaux. 17 Juin 1892.

Page 1