‹ L'Érysipèle et les Maladies Streptococciques à Gap, en 1897Chapitre 24 sur 27 · TERRAIN · texte numérisé non relu

TERRAIN

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€ On sait qu'il peut exister des prédispositions individuelles susceptibles de mettre l'organisme en état d'infériorité, dans la lutte contre le microbe envahisseur, telles que l’albuminurie, les affections cardiaques, le diabète, la misère physiologique, et des causes adjuvantes : froid, surmenage, etc. qui peuvent augmenter ces prédispositions individuelles, ou les créer (Widal) (1).

Les causes générales de déchéance organique énumérées ci-dessus ne sauraient exister dans le milieu de jeunes soldats dont nous nous occupons ; mais l’influence des causes secondaires, froid et fatigues est à étudier.

Le froid. — Quelle est l’action biologique du froid ? « Tandis que la température élevée altère l'élément « cellulaire des muscles, la température basse altère

(1) Widal, Loc. cit.

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«le globule sanguin; si la chaleur est toxique pour « la fibre musculaire, le froid est toxique pour le glo- « bule sanguin. Les expériences de G. Pouchet ont en « effet montré que le premier résultat produit par le « froid est la contraction des vaisseaux capillaires ; le « second est l'altération des globules ; ils deviennant « crénelés sur leurs bords et foncés en couleur. » (Bordier) (1).

Le froid diminuant le calibre des capillaires péripheriques, 1l en résulte un état de congestion des organes centraux, qui se traduit par des pneumonies, des catarrhes et des bronchites. Les deux dernières maladies augmentent de fréquence de l'équateur au pôle, tandis que la pneumonie augmente avec l'altitude (Hirsch).

Cette proposition s'est trouvée pleinement confirmée dans la garnison de Gap.

Chaque semaine, souvent deux fois par semaine, le regiment exécutait des marches-manœuvres en montagne : Gap étant à une altitude d'environ 760 mètres, au dessus du niveau de la mer ; à chaque manœuvre, les hommes avaient à gravir quelques cols, quelques montagnes environnantes, atteignant 1.200 mètres à 1.500 mètres d'altitude, en quelques heures. Parvenus au sommet, les hommes retenus quelques instants en repos, pour le développement de la manœuvre, se trouvaient exposés subitement à des courants d'air très violents et très froids, aussi nous avons eu à enre-

(1) Bordier. Géographie médicale.

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gistrer nombre de bronchites et de pneumonies sérieuses, dont le chiffre exact nous échappe, mais qui certainement est de beaucoup supérieur à celui observé dans toute autre garnison. Nous-même avons suivi chacune de ces manœuvres sans en excepter une, et si plus heureux, nous n'avons contracté ni bronchite, ni pneumonie, nous avons fait fréquemment connaissance avec le coryza.

Dans le même ordre d'idée, Bordier (1) dit que sous l'influence des troubles de la circulaire périphérique, le panaris se montre fréquemment dans les régions froides; il dit : « tous les chirurgiens de marine ont « noté la grande fréquence des panaris sur les côtes « d'Islande. Le docteur Geslin, sur 250 hommes d’équi- « page, a observé 43 panaris; le docteur Jacotot, à « bord de l'Artémise dans les mêmes parages, à peu « près d'autant. »

Nous avons eu l'occasion de dire déjà dans le cours de ce travail, que nous avions noté à Gap, environ 1/10° de l'effectif ayant eu des panaris. La thèse de Bordier est donc confirmée de ce fait.

Nous ne croyons pas inutile de placer ici quelques mots sur le climat des Hautes-Alpes et de Gap.

Les Hautes-Alpes sont un pays essentiellement montagneux, offrant des différences excessives de température selon l'altitude des divers lieux habités, dont l'élévation au dessus de la mer, varie entre 470 mètres et 4.103 mètres. Dans les glaciers du Pelvoux règne

(1) Bordier. Loc. cit.

un hiver éternel, tandis qu’au point où la Durance et le Büech se rapprochent, on cultive déjà l'olivier.

Ce département appartient au climat rhodanien, moins égal que les climats séquanien, breton, girondin, et méditerranéen ; il est soumis à de brusques variations de température, et il est exposé à des froids longs et rigoureux.

Dans les Hautes-Alpes, l'hiver dure mois et plus dans les hautes régions des glaciers.

Le printemps est pluvieux et froid, et la chaleur excessive en été.

Les vents dominants sont : celui du nord-ouest qui est très froid et d'une violence extrême, et ceux du sud et du sud-ouest qui amènent la pluie.

Nous venons de voir l'action du froid dans nos régions alpines sur nos organes respiratoires, Sur nos muqueuses, etc., étudions maintenant comment il se comporte dans le cas particulier de l'érysipèle et du streptocoque.

M. Catrin (1), en s'appuyant sur des tracés empruntés à la statistique dans l'armée française, a démontré que les érysipèles sont plus fréquents dans les mois froids de l'année. Cette proposition va se trouver pleinement confirmée dans la garnison de Gap.

M. Merz a relevé, par mois les cas d'érysipèle depuis quatre ans : nous voyons qu'il sont 4 fois plus nombreux d'octobre en mars que pendant le printemps et-léte-

(1) Catrin. Société médicale des hôpitaux, 18 mai 1800.

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Voici ce tableau comparatif que nous reproduisons :

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