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ARGUMENTS CLINIQUES. 33 nous n'avons pas à revenir sur ce point ; d'autre part, les érythèmes blennorrhagiques proprement dits, les seuls dont nous voulons parler. Les cas en sont relativement fréquents ; cette fréquence est depuis longtemps connue dans les services de vénériens.
Obs. V (Bës). — Femme de 16 ans. Ecoulement purulent assez abondant. La malade ressent des douleurs assez vives dans les genoux et dans les épaules. En même temps apparaît une petite grosseur sur la partie antérieure et supérieure du tibia droit. Les jours suivants, trois ou quatre nodosités identiques se développent, surmontées de la peau rougie, douleurs vives dans le genou, le pied et la main du côté droit. Puis, apparition de quatre ou cinq nodosités s’ajoutant aux autres ; ces nodosités sont douloureuses.
Au bout de quatre jours, nouvelle poussée de nodosités sur le tibia gauche, mais les plaques rouges sont moins étendues qu'à la première poussée.
Les jours suivants, les nodosités disparaissent petit à petit.
Obs: VI (ScHINkEL). — Homme de 24 ans, pris au cours d’une blennorrhagie et au moment de sa propagation à l’urèthre postérieur, d'érythème noueux typique, sans fièvre, sans symptômes articulaires et sans troubles digestifs.
Guérison rapide, malgré la persistance de l’écoulement uréthral pendant six semaines.
On pourrait multiplier les observations analogues. Ces deux observations suffisent pour montrer que si l'érythème noueux blennorrhagique est parfois, comme dans le second cas, un peu déformé, léger, sans fièvre, on rencontre très souvent des cas analogues au premier, absolument typiques, avec une symptomatologie bien caractérisée.
L'érythème noueux blennorrhagique est encore inté-
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ressant au point de vue du mécanisme pathogénique, car c’est surtout dans ces cas que l’on a invoqué une théorie nerveuse de formation de la nouure (Lewin).
L'érythème noueux est également très fréquent chez les syphilitiques.
Nous avons eu, nous-même, l’occasion de l'observer à plusieurs reprises.’
Mais la fréquence de l’érythème noueux coexistant avec une maladie de nature connue ne doit pas nous entraîner à affirmer l'identité de nature : un érythème noueux chez un syphilitique n’est pas forcément un érythème noueux syphiltique.
Vidal et Leloir considéraient seulement la syphilis comme une cause prédisposante à l'érythème noueux.
C'est Mauriac qui, dans ses études sur les « productions gommeuses précoces du tissu sous-cutané », a soutenu la nature syphihtique de certains érythèmes noueux.
Hoffmann distingue trois variétés d'érythèmes noueux : des érythèmes idiopathiques, toxiques et symptomatiques; dans ce dernier groupe, il range le typhus, la blennorrhagie, la syphilis et la tuberculose.
Pour Mauriac, il existerait trois formes : 1° un érythème noueux syphilitique avec symptômes d'inflammation aiguë ;
2° Des syphilides nodulaires où manquent les signes d'inflammation aiguë ;
3° Enfin des gommes typiques.
Dans ces cas de productions gommeuses précoces, il n'y aurait, pour Beurmann et Claude, que des différences d'intensité.
Cette opinion est généralement adoptée aujourd'hui ;